DEUXIÈME PARTIE, -r NEUVIÈME SOIRÉE* MS
sache, c'est son infinie misère> sa petitesse arrogante qu*il pitod pour de la grandeur. Je me figurais donc Faitiée, arrivé à la limite qu'il ne peut dépasser; sa raison s'irrite : a Rien n'est plus, dit-elle, car je ne puis aller plus ayant I » Pauvre raison! tu te cabres devant Tinfini!... Eh bien! prenons le fini, le plus petit fini, ce grillon qui crie, dis«moi qui Ta ainsi ordonné? qui lui a donné toutes les parties de son corps? la raison?... l'homme ne fera pas plus un grillon» un insecte, qu'un monde. Bien plus, il ne comprendra pas d'ayantage la nécessité de cet arrangement si parfait du tout de cetinsecte, que l'utilité de ces astres sans nombre. Tout est mystère pour nous dans ce monde, dont nous ne sommes plus qu'un hâi>itant passager, où nous yiyons sans savoir mâme le mot des cboseSi où notre exil nous apparaît comme une peine ccu^, où nous souffrons à chaque pas de notre profonde ignorance. Quoi ! je ne puis compter ces astres qui m'éclairenty je ne puis, même par la pensée, percer la profondeur de ce Je ne sais quoi, dans lequel ils s'enfoncent, où ils pullulent pour ainsi dire ! Oh! je suis donc bien petit I
Puis, si devant l'œuvre de Dieu je me trouvais si misérable^ je me sentais bien grand devant les bontés de ce Dieu qui avait daigné converser avec mes pères ; qui, s'il avait gardé son secret sur tant de choses, avait bien voulu en révéler tant d'autres ; de ce Dieu qui m'avait appris ce qu'il m'intéressaût tant de savoir de lui, de moi; qui m'avait racheté, m'avait donné une victime renaissante pour mon holocauste, une nourriture constante pour mon âme ; qui avait bien voulu être cette victime, cette nourriture. Je me rappelais avec bonheur qu'un jour, par delà les mondes, je serai appelé à le connaître, à l'aimer. Ensuite, car notre imagination est voyageuse, je me figurais que ces belles étoiles étaient habitées par des anges ou par d'autres créatures à nous inconnues. Bref, j'étais au pays des merveilles , quand légère comme une sylphide, gracieuse comme une fée, vous m'avez rapppelé à ce monde sublunaire.
— Vous croyez donc aux fées ?
CAUSERIES BU SOiR.
— > Les Grecs ont biea €ru aux dryades.
— Cela me fait plaisir ; j'ai toujours cru aux esfMrits. Mais que voyomtHDunis là-bas» là-bas ? ce graad*. .
'-Quoi? ce tronc de BWfin sur lecpiel frappe uo rayon
de la luoB.
— « Que j'aurais eu peur si j'eusse été seule !
— Allons, TOUS n'ayez plus dix ans et ces terreurs ne tous y<mt pas. Oui, on croit aux fées, aux rayons de la lune blanchissant un pin, et on ne peut croire aux mystères ?
— Ce n'es! pas. pour moi que tous dites cela^ car je tous déclare que je ne mets pas en doute un seul mot de ce que l'Eglise enseig[ne. Je n'ai pas le sot orgueil d'aTotr une antre raison que celle de tant de gens raisonnables aTec lesquels j'ai des rapports journaliers. Je crois donc, mais je ne sais pas ; et à ce propos, je tous ferai observer que le jour de mon départ approche et que tous m'avez fort négligée pendant quelque temps ; tous ne m'avez rien dit depuis notre jNromeoade à la mer : tous me dcTez une longoe exj^cation de TEucharistie. Vous la commencerez quand nous ne serons {dus sous ces grands arbres : on écoute mal <pumd (ma peur.
Oh 1 j'aime bien mieux la lune dans l'eau qne dans les sapins 1 comme elle est coquette, comme sa lumièie es^ vive, cooune les petites cornes de son croissant sont aifuisi Maintenant, quand vous Toudrez, je tous écouteraL Quel est le sacrifice dans le culte chrétien T c'est l'Eueharislie, n^est-ce pas? Eh bien, résumez-moi tout ce que j'ai lu»
— Mais j'ignore ce que tous aTez lu ?
— Dites toujours, si tous vous trompez je toos aTcartirai. Allons, ami, ne tous fichez pas, j'ai le cqmit gai, parce
que j'ai bien traTaiUé toute la semaiae, regardez moB doigt... il s'est usé au serrice de votre fille et de ses pauTres. Pajex mon salaire? Noi^rrissez-moi de la parole et pardoonezHDoi un peu d'enfantillage ; j'ai tant fait de bonnets pour ces atfants. . .
— Tous les peuples ont donc eu un culte, et tout coite se composait des mêmes éléments : la prière ei le sacrifice, le sacrifice expiatoire et le sacrifice propitiatoire. D'un bout du