DEUXIÈME PARTIE.— NEUVIÈME SOIRÉE
monde à Taulre, d'Âbel et de Caïn au jour du Golgoiiia, par* tout, devant le Très-Haut, les genoux de Thomme ont fléchi ; sa main a répandu le sang des animaux et de Thomme mâme sur les autels; l&s prémices des fruits de la terre, les emU^ mes de la vie, le pain et le vin, ont été offerts à celui qui donne la vie et qui la conserve. Le genre hmaoïain tout entier a donc eu celte pensée, cette coutume : prier^ expier.
Mais le sang des boucs et des taureaux, les hécatombes des hommes mêmes, ces fleuves de sang, pauv.aient*ils racheter l'homme? Non, non; là était cependant le terme de sa puissance, . de son possible : son sang, quoique le plus pré-* cieux^ne suffisait pas à Texpiation dont il conservait la tradition. Nous le savons, nous. Constance, et nous ne nous égarerons pas jusqu'à immoler Thomme à Dieu : la croix nous a tout dit. (c Le sacrifice devant satisfaire à la justice infinioi et les mérites de toute créature n'ayant aiM^une proportion avec cette satisfaclion immense, il s'ensuivait que la victime devait être à la fois divine et humaine; humaine pour souffrir t et divine pour satisfaire (i). »
Voilà la victime expiatoire, voilà le sacrifice utile : celui de VHomme-Dieu. Voilà le sang sauveur. .
Au Calvaire, le monde reconnaisBani son libérateur a rougi de Terreur dans laquelle il était tombé.
Voilà le mystère de l'expiation dévoilé : la justice de Dieu est saiiftiaîie ; son infinie bonté ne Test pas : un nouveau mystère apparaît.
Le culte doit-il cesser pfirce que la véritable victime expiatoire a été immolée? non certes; le culte se perpétuera, mais quesera-t-U?
<c L& cuite primitif du genre humain avait pour base la prière; elle continue, d'être la base du culte chrétien... l'offrâiide faisait également partie dû culte.an^ien:et univei::isel ; elle existe toujours dans la même forme et l'on continue tou* jours d*oSrir, avec le pain et le vin, les prémices des aliments
(! ) L'abbé Gerbet, loe. eiL
SM CAUSEIRES W SOIR.
et hè symbcK^ de la TÎe. Hais dans le culte chrétien, il ne resta de œs éléments matériels qu'an ^oBe mystique approprié à nette condition présente, sous lequel le Verbe divin se communique à nous, pain éternel qui nourrit notre âme affitmée de la yérité vivante, céleste breuvage qui commence à étandber en nous la soif infinie de Tamour. L'immolation des victimes figuratives était Facte le plus solennel du culte primitif ; rûnmolation subsiste toujours, mais le règne des figures s'étant évanoui sur le Calvaire, le Christluimème est la victime... Enfin toutes les'parties du culte antique àboutissaimt à une communion à la grâce de Dieu, figurée par la participation aux alimrats consacrés par TofiTrande à la chair des victimes... La communion chrétienne n'est-elle pas une simple participation à la grâce, mais à la substance même de 1* Homme-Dieu V incarnant en chacun de nous pour purifier notre âme et la nourrir. C'est ronion avec Dieu^élevée, si Ton peut parler ainsi, à sa plus haute puissance et parvenue au dernier degré qu'il soit possible d'atteindre dans les limites de l'ordre présent : au-delà c'est le ciel (1). i»
Voilà le culte chrétien, Constance.
<r— Dans son essence, oui, mais non dans ses détails; vous n'en resterez pas là : mon ignorance a besoin d'^pUeaCions plus étendues.
— Voyons qu'ignorez-vous î
Voussavez ce que ï Eglise chrétienne ^tend par Eucharistie?
— Oui sans doute, l'Eucharistie est un sacrement qui contient réellement et en vérité le corps, le sang, l'âme et la divinité de Notre-Seigneur Jésu&-Christ, sous les espèces du p^ et du vin ; ce sacrement tout divin fut institué par N.-S. dans la Cène qui précéda sa passion : mystère d'amour que j^adore e^lt que je ne cherche pas à comprendre.
La divine Eucharistie est le gage d amour infini qae le Sauveur laissa aux hommes en allant mourir pour eux : c'est son testament, pour ainsi dire.
(0 L*àbbé Gerbet.