‹ Causeries du soir; ou, Exposition de la doctrine chrétienneChapitre 125 sur 259 · DEUXIÈME PARTIE. - NEUVIÈME SOIRÉE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. - NEUVIÈME SOIRÉE

' D est bien irrai que la raison ne peut souleyerSeé voile mystérieux, mais comprend-elle mieux ce IMeu^i se fait bomme? se rend-elle mieux compte de ce Dieu qui meurt, de l'Eternel qui descend au tombeau ?... Non, mon ami, aussi j'adore et je crois, je remercie et voudrais aimer comme ont aimé les saints. Oui, je crois qu'il ne reste rien de ces espèces que ce qui frappe nos sens, je crois à la présence réelle, je crois que le Sauveur est là tout entier, je crois avec l'Eglise qu'il est dans une partie du pain, comme dans la totalité, mais je crois que ce n'est que par la consécration du prêtre, par le pouvoir qu'il en a reçu, que ce grand et constant miracle s'opère. Je crois que ce pain divin devient la nourriture de mon âme, je crois qu'en le recevant je m'unis à Dieu, je crois encore que je dois me préparer à ce grand mystère de mon mieux, et spécialement par la pénitence. Je ne pense pas qu'il se ren* contre des êtres assez malheureux pour recevoir indignement le corps et le sang de leur Dieu ; et je vous avoue que cette pensée du sacrilège m'éloigne de la table sainte, car j'ai toujours peur.

— Où est donc votre ignorance, chère Constance, s'il vous plaît? Vous me semblez fort instruite de ce qui a trait à Tauguste sacrement de l'autel.

— J'ai encore relu cette leçon ce matin ; mais expliquezmoi la différence qu'il y a entre le sacrifice et le sacrement.

— L£8 paroles de l'abbé Gerbet, que je vous ai citées tout à l'heure, établissent parfaitement cette différence.

Ou'ya-t-il dans l'Eucharistie? Un Dieu se cachant sous les apparences du pain et du vin. Ce Dieu est là, vivant, présent avec sa divinité et le corps qu'il a pris; il est là aussi réellement qu'il était au Calvaire ; il est donc là sous les apparences du pain et du vin, il a voulu y être et pour-

uoi?

Pour être victime dans le sacrifice , et la nourriture de

os âmes dans le sacrement.

Le sacrifice se fait, se renouvelle tous les jours d'un bout monde à l'autre, une multitude de fois par jour; et

rHomme-Dieu, à chaque sacrifice, à la voix du prêtre, descend sur Tautel et s^mmolant de nouTeau en qualité d*hostie*

Ici, il est vrai, le sang ne coule pas, mais Thostie est la même : le Christ s'offre, comme il s'offrit à son père. La messe n'est pas seulement une cérémonie commémorative; ë&e est un sacrifice, «non^seiilement de louanges et d'actioBsTde grâces en un simple souvenir du sacrifice de la croix, mais un véritable sacrifice propitiatoire, par lequel Dieu est apttsé et rendu propice a nos voeux. (4)i»

Remaniuez enoore que, dans notre admirable foi catholique, ce sacrifice est teUen^nt expiatoire, qa'il est ofieptponr les morts.

Observez que c'est le pritre seul qui feut offrir le sacrifice. Que dis-je le prêtre (2)? mais il disparaît pour ainsi dire; le Christ est le vrai prêtre : ils ne font qu'un. Le ptêtre ne dit point : Ceci est le corps <du Christ, mais ceci est moâ corps. Ce n*est pas à lui seul que Foblation de Thostie profite, mais à tous les fidèles.

La sainte messe, voilà le sacrifice du culte catholique, voilà le fond du culte encore une fois.

— Mais, à la messe, une foule de prières sont jdntes au sacrifice.

— Oui sans doute, des prières, des cérémonies; toutes ont un but, une raison, il serait long de vous les expliquer ce soir; j*y reviendrai, si vous mêle demandez : qu'il vous suffise de savoir que rien n'est superflu.

Ce n'est pas tout, le sacrifice n^est point isolé: vous et tous les chrétiens^ êtes appelés à participer à la victime sainte, par la communion . Ainsi, le Dieu de toute majesté, le Dieu du del, après s'être fait victime expiatoire, après s'être offert sur Pautel, daigne venir à nous, à nous si indignes de lui.

Voilà donc le sacrifice.

— Expliquez-moi le sacrement.

(1) Catéchisme du Concile de Trente, 2)Id.

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