‹ Causeries du soir; ou, Exposition de la doctrine chrétienneChapitre 128 sur 259 · DEUXIÈME PARTIE.— NEUVIÈME SOIRÉE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE.— NEUVIÈME SOIRÉE

BoaMoBiier; s'il noua tefuâe les joies du saint amour, remercions-le de réfnreuve qu'il nous envoie, comme le pauvre le leioercie de la privation des biens terrestres. Marchons par les sentiers iirides, s'il ne nous est pas donné de suivre les rootes riantes et fleuries.

Que VEucbaristie soit pour nous, chère enfant, le pain de vienne le pèlerin prend au matin pour soutenir ses forces à Uawi» le désert : revenons toujours à lui ; il fortifie dans la fiûblesse, il conserve dans la joie, il soutient dans la douleur*

On a TU, chère amie, la mère communier près du cercueil de sa fille, et trouver là les forces qui lui manquaient. J'ai tu Vépeox manger le pain des anges que le prêtre rompait aosn àFépouse mourante, et Tespérance, ravivée par le sang de l'agneau, renaissait en ce cœur flétri d'un homme perdant Vêtre qu'il aime d'un amour pur et sans égal. Oh ! quand le moi humain se confond avec la divinité qu*il a en lui, Dieu agît pour l'homme, et la terre disparait devant les pensées du ciel. Qu'est-ce que la mort alors» sinon le début de la félicité éternelle?

Jamais la vie de Thomme ne sera assez longue pour le cantique d'actions de grâces qu'il aurait à chanter au Seigneur, en reconnaissance du bienfait de FEucharistie. Qu il remercie Dieu de l'avoir entouré de voiles si épais, ce mystère, qu'il ne lui est pas donné de les soulever,, car s'il pouvait en découvrir le fMd, si samisère apercevait lagloireduDieucaché,oh ! alors,

saisi d'épouvante, il s'enfuirait loin de ce trésor d'amour, tant sa confusion serait grande. Merci donc à Dieu, qui a voulu «'envdopper des ombres du mystère pour qucr trompés par elles, nous osions saisir le pain de vie, et en faire notre nourriture.

Quel malheur est celui de nos frères qui ont repoussé l'Eucharistie de leur croyance I combien leur culte est froid I combien leur foi est vide I

Sans la présence réelle, que devient le christianisme? une grande et belle philosophie sans doute, maïs rien que cela ; à cette religion Jà, Dieu manque. Séparés du monde entier, ils tfont plus de sacrifice; la yiclime est absente de l'autel : Sans

yictime il n'y a plus de communion. Voilà donc F homme et Dieu sans rapports direcls» étrangers Fun à Fautre ; les Toilà sans point de contact. Oh I la triste vie que celle de ces âmes, vie sans aliments, qui s*éteint et se perd I Toutes les bonnes œuvres du catholique ont leur source en la croyance de la présence réelle; il s*unit à l'amour infini et l'amour agit en lui. Gomment n*aimerait-il pas son frère, qui -s'asseoit à la même table que lui ? comment ne le respecterait-il pas, quand il sait qu'il est le temple du Dieu vivant? comment ne lui pardonnerait-il pas, lui qui v*a s'unira celui qui pardonna à ses bourreaux ? comment ne serait -il pas prodigue du pain terrestre envers le pauvre, lui qui n ignore pas que le Dieu du tabernacle s'est fait pauvre? comment ne serait*il pas chaste, lui qui a appris que Fagneau du festin est sans tache? comment ne se laverait-il pas de toute souillure, dans lés eauiL amères de la pénitence, lui qui croit que la robe nuptiale est ordonnée pour ce banquet ?

Enlevez le tabernacle, que reste-t-il? eh ! mon Dieu, ce que vous savez : une raison chancelante, un cœur poussé par les passions, un esprit perverti par le cœur, des* traditions non encore éteintes produisant une morale égoïste, individuelle, tracée par la loi.

Observez, je vous en supplie, combien, pour le catholique, la vie peut être simple et facile. Comme toutes les dispositions qu'il doit posséder, pour une bonne communion, sanctifient son existence ! Qu'il soit calme donc au milieu de toutes les épreuves, car il sait le chemin qui mène à la victoire. Comment se tromperait-il de route quand il a pour guide le Maître de l'éternité vers laquelle, il tend, comme le voyageur fatigué, vers le gite du soir.

— Dites-moi, je vous en prie, un mot de Fhistoire de TEucharistie ; il se fait bien tard.

— Vous savez que Notre-Seigneur institua ce sacremenl dans la dernière Cène qui précéda sa passion.

Dès Fantiquité la plus reculée, dès les apôtres, le saint sacrifice est offert et la communion pratique^ lalithurgie varie

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