DEUXIÈME PARTIE. — NEUVIÈME SOIRÉE
smiranfles temps et les églises» quant aux cérémonies et aux prières de la messe ^ mais elle ne Tarie pas quant à l'essence da sacrifice.
Il y avait d* abord la messe des catéchumènes et des péniteats; à celles-là les saints mystères n'étaient pas célébrés, puis, au moment où ils se retiraient commençait alors la messe des fidèles; elle consistait en deux parties principales, l'oblation y compris la consécration et la participation.
Les fidèles apportaient leurs offrandes réduites au pain etau YÎn. Très*anciennement, les prémices de toute espèce de fruits composaient Toblalion ; plus tard» on ne permit d'apporter que des épis, des raisins, de Thuile et de Tencens. L'évéque consacrait le pain et le vin, consommait le sacrifice, puis la sainte Eucharistie était distribuée aux assistants qui, primitivement, y participaient tous sous les deux espèces.
Les saints mystères ne se célébraient pas tous les jours partout ; les diverses églises avaient des usages particuliers. En Cappadoce, quatre fois par semaine; à Gonstantinople, trois fois; en Afrique, à Rome, en Espagne, tous les jours, excepté le jeudi; au sixième siècle on excommunia ceux qui ne communiaient pas trois dimanches de suite; en 506, le conseil d'Agde ordonna de communier au moins à Pâques, à la Pentecôte, à Noël,
Dans VEglise primitive, les chrétiens emportaient chez eux ia sainte Eucharistie ; les cénobites la conservaient au désert, et se communiaient eux-mêmes.
L^usage de communier sous deux espèces n*a jamais cessé dans l'Eglise d'Orient; TEglise d'Occident Ta abandonné depuis le treizième siècle.
De très-bonne heure, TEglise avait exigé le jeûne pour la participation aux saints mystères.
Cependant les apôtres introduisirent les agapes ou repas ^^ charité, auxquels contribuaient surtout les riches, et qui Se prenaient en commun et précédaient la cérémonie de ^'Ëacharistie. Cet usage amena des abus considérables, et
dès lors, dès le temps de saiot Ambroise, on les défendit (1).
— Merci ; rentrons, on doit être inquiet de nous : rons m'avez fait oublier mes enfants.
DIXIÈME SOIRÉE
Quelles fonctions, ami, que celles du prêtre chfiéiieo f Ce matin j'assistais à la messe, et, repassant dans mon esprit notre causerie d*hier au soir, méditant sur TEucbaristie, je reelaîs plongée dans l'admiration en contemplant tout ce qui s^opère par le sacerdoce dans notre sainte religion.
— Je ne m'étonne pas que Totre pensée se soit longuement arrêtée sur ce grand rôle du prêtre ; que dé choses se résument en lui I
Dans ce pauvre recteur, ,ployé déjà sous le poids des ans, simple comme le troupeau auquel il préside, humble comme la maison qu'il habite, peu façonné aux usages du monde , que voyez -TOUS, sinon Fanneau vivant de cette chaîne mystérieuse qui rattache le Sauveur à son Eglise ?
Ce fils d'un berger, d'un extérieur si modeste, dont la rusticité apparente a provoqué tout d'abord votre sourire, interrogez-le, Constance, et comme ses réponses vous surprendront ! Comme il sait F homme ! comme il parle de Dieu ! comme sa parole est affectueuse, douce et consolante! comme ce cœur est plein de sentiments d'amour pour ses frères, quels trésors de patience il renferme ! Le voilà au milieu des enfimts, race joueuse, moqueuse, grossière, ignorante; le voilà au milieu de ces fils des bruyères et des landes, de ces enfants
(I) Voir les Origines du Christianisme^ de DœlHoger.