‹ Causeries du soir; ou, Exposition de la doctrine chrétienneChapitre 134 sur 259 · DEUXIÈME PARTIE. — BIÎJfeME SOIRPllË. S7b · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — BIÎJfeME SOIRPllË. S7b

Vous ne m'avez rien dîl des cardinaux, ni des patriarches, ni des archevêques. • '• ' -

— Les cardinaux, chère Constance, ne forment pas un ordre à part dans l'Eglise ; on peut être cardinal sans être prêtre : ils composent le sacré collège, dont vous connaissez Timporlance.

Les archevêques président aux églises métropolitaines, qui sont comme les mères des autres églises ; ils sont revêtus d'une aplorité plus étendue que celle des évêques.

Au-dessus des archevêques viennent les patriarches. Autrefois, il y avait, en outre du souverain pontife, quatre patriarches: celui deConstantî'ndple, celui d'Alexandrie, celui d'Antioche et celui de Jérusalem.

— Voyez-vous là-bas l'ahbé le Blanc?... Comme il vient lentement ! . . . comme il semble plongé dans la méditation !

— Respectons-la.

— Si mon départ pour *** approche, il est vrai que mon instruction religieuse avance : il ne me reste plus que deux sacrements sans explication. Vous seriez bon de me dire quelque chose sur Vextrême-onclion j la soirée est si belle 1

— Volontiers. Vous savez pourquoi ce nom a été donné à ce sacrement ?

-7 Oui ; c'est parce que cette onction est ordinairement la dernière que TEglise trace sur npus.

En entrant dans la vie, nous trouvons le baptême et ses onctions ; en la quittant nous trouvons le sacrement des malades, le sacrement des mourants, avec ses saintes onctions aussi. Vous Tavez dit souvent, l'Eglise ne nous quitte pas : elle nous suit du berceau, à la tombe ; si elle nous arrache au démon par le premier de ses sacrements, elle nous prémunit par celui-ci, contre les derniers efTorts de ^esprit du mal, aux derniers instants de notre vie. Bonne et douce mère que celle qui veille ainsi sur ses enfants, qui a un remède prêt pour chacune de leurs infirmités, qui, toujours en garde contre 1 ennemi, ne les ^isse jamais désarmés devant ses attaques.

L' extrême-onction a donc pour objet de nous prémunir

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contre les dernières tentations ; de nous donner courage, force, confiance dans le combat suprême : elle conlere la grâce, elle remet les péchés, et souYent elle rend la santé aux malades. Laministre de ce sacrement est le prêtre qui, ayecdel'huile bénite par réyéque, fait des onctions sur différentes parties du corps en prononçant diverses prières.

— Ami, regardez le recteur : quelle tristesse répandue sar toute sa figure ! Oh 1 il y a quelque chose d*extraordinaire.

— Oui, certes.

En cet instant, Fabbé le Blanc tendait la main à M. de Kerkoff; d*une voix voilée par les larmes, il lui annonçait qu'il revenait d'une jolie habitation du voisinage où un accident affreux Tavait fait appeler.

M. de ***, jeune homme d*une grande espérance, riche, beau, devait séjourner pendant quelque temps chez ses cou* sins, propriétaires de cette terre. Dans la matinée, il annonça le projet dressa yer un cheval nouveau et de se livrer seul à cet essai ; il avait monté ce cheval, et, renversé sans doute par lui, on venait de le retrouver au milieu des rochers, étendu sans connaissance. Le pauvre jeune homme avait été transporté dans la cabane la plus voisine; quoique les soins de lart eussent ramené chez lui un peu de sentiment, son état ne présentait pas même la plus légère lueur d'espérance ; nne large blessure à la tête annonçait une lésion au cerveau ; la poitrine était brisée, et le sang s'écoulait à grands flots. Il avait cependant entendu les paroles du bon prêtre accouru près de lui, et au nom de Dieu, de sa miséricorde infinie, un regard du mourant avait donné Tassurance que son âme s'unissait à celle do ministre de Dieu.

Il était entouré de ses parents et de ses amis, maîtrisant h peine leur violente douleur. Tous étaient chrétiens, et Ions craignaient que le pauvre jeune homme n'eût mis en oobli les paroles de sa mère. Les regards se portaient du médecin au recteur, du recteur au médecin, et fespérance ne se lisait nulle part.

« Voyant la vie s'enfuir avec le sang , dit le bon prêtre.

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