DEUXIÈME PARTIE. — ONZIÈME «OIRÉE
union de cette espèce, à une union indissoluble, il faut la fidé- Uié mutuelle pour base ; aussi cette fidélité est-elle rigoureusement exigée, du mari comme de la femme.
— Du mari?...
— Oui, Constance, du mari.
— Ohl ceci est nouveau.
— Non point.
— Allons, soit!
— Eh quoi! vous supposeriez que, liée pour toute sa vie à un être auquel elle apporte sa jeunesse, sa beauté, bien plus, un cœur qui n'a jamais aimé, vous supposeriez qu'en échange d'un serment solennel qui enchaîne sa liberté dans ce qu'elle a de plus intime , la jeune fille ne recevrait qu'une simple promesse, qu'un engagement fallacieux t.. . Non, le jeune homme auquel elle donne sa foi lui donne la sienne, il jure comme elle que de ce jour au tombeau il n'aura pas d'autre amour que le sien, que la mère de ses fils, que la compagne de sa vie aura beau avancer dans l'existence voir tomber une à une ces grâces, ces beautés qui la font aujourd'hui si charmante, que rien n'altérera la fidélité qu'il lui jure.
— En vérité, ami ?
— Oui, en vérité; la règle est une, simple, à l'usage de l'un, comme à l'usage de l'autre ; les époux se doivent mutuelle fidélité; que le monde fasse sa loi. Dieu a fait la sienne. '
— Qui observe fcette loi?
— Les chrétiens.
— - Mais tout le monde est chrétien.
— Eh ! non, certes, il est une foule de baptisés, sans doute; mais puis-je donner ce nom de chrétien à des gens ignorant la loi ou ne la pratiquant pas. Eh ! non, chère amie, et de là cette singulière allure des choses , cet antagonisme constant de la conduite et de la croyance.
Mais le chrétien, le vrai chrétien, respecte son serment et se croit tout aussi engagé vis-à-vis de sa femme que celle-ci vis-à-vis de lui.
t9S ^ CAUSERIES DU SOIR.
Vous comprendrei biea facilement, n'est-oe pas, chère enfant» que devant un engagement aussi grave que celui-là toutes sortes de précautions ont dû être prises? Ainsi en a-t-il été.
Point de mariage sans consentement parfaitement libre.
La publicité la plus grande est exigée, elle est une condition de liberté ; de là les bans que TEglise fait publier.
Que vous dirai-je? Pour assurer les fins qu'elle se propose, TEglise a aussi admis des empêchements, des obstacles au mariage, dont quelques-uns ne peuvent être franchis.
Je ne m'arrêterai point à vous les exposer, ce serait inutile.
— Je ne m'étais jamais rendu compte de tout ce que vous venez de me dire, et je reconnais une grande sagesse à toutes ces dispositions.
— La sagesse que Dieu met à ce qu'il fait : que voulait-il, encore une fois? la famille.
La première obligation des époux, dès que la Providence, bénissant leur union, leur donne un enfant, est de Télever et de le diriger dans les voies de Dieu.
Ici je ne vous rappellerai pas les devoirs que nous avons déjà reconnus.
Mais devant toutes les obligations que nous venons de voir, devant l'indissolubilité de cette union, devant cette obligation de la conservation de la foi jurée, devant cette soumission de la femme, devant cette affection mutuelle, devant les dangers de celte union indissoluble, de ses chagrins, était-ce trop qu'un sacrement, je vous le demande?
— Oh ! non, certes ; que de grâces il faut pour remplir ces devoirs nouveaux, pour supporter les peines de cet état !
— Aussi Dieu a-t-il élevé le mariage au rang de sacrement. Vous connaissez ses formes ; je ne vous les rappellerai pas.
Il est tellement important d'attirer sur cette union les grâces spéciales que Dieu a attachées à ce sacrement, que l'on ne peut trop se préparer à le recevoir dignement, et le meilleur de tous les moyens est d'être en état de grâce.
— Gomment peut-on être assez recueilli au milieu des chiffons/ des soins de tout genre?