‹ Causeries du soir; ou, Exposition de la doctrine chrétienneChapitre 143 sur 259 · DEUXIÈME PARTIE. — DOUZIÈME SOIRÉE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — DOUZIÈME SOIRÉE

— : Vous ne voulez pas me comprendre."

Il vous est alors très-facile de ne pas me repondre. Pourquoi la femme doit-elle soft amour quand l'homme lui a retiré le sien?

— Ahl m'y toilà, plus d'amour plus de mariage r vous voilà disciple de G. Sand.

Mais c'est le mariage libre, chère amie; c'est Rosseline de D. Stern comptant ses amants par les breloques de son bracelet; à la place de ce chaste et pur mariage chrétien, c'est l'homme se jetant dans tous les excès de la passion , la femme se ruant à tous les amours, écoutant ses instincts et non sa raison : c'est Messaline.

Telle n'est pas votre pensée, mais telle elle devient ! je ne force pas la conséquence du principe que vous posez ; je l'ai trop combattu ailleurs (1), ca principe, pour revenir ici à une discussion usée.

—Mais pourquoi l'indissolubilité du lien conjugal?

— A la bonne heurel voilà la pensée se présentant nettement!

Comment la famille avec le divorce? voilà une première question à résoudre : elle a embarrassé D. Stern, et il a trouvé un moyen simple de se tirer d'affaire : il a remis le soin des enfants à TEtat.

— Stem n'était pas mère !

— Chère Constance, les mères réclament peu le divorce. Quelle mère, en effet, viendra devant un tribunal quelcon-

que dire ;

ce Messieurs, je n'aime plus mon naari, enlevez-le-moî s'il vous plaît. r>

Ou bien : <i( Messieurs, mon mari ne m'aime plus; un autre s'il vous plaît. »

— Ohl... ^

— Plus d'amour plus de mariage ; je n'aime plus mon mari I... ou, car il y a une variante, nouvel amour 9 nouveau mariage j et la formule sera : « Messieurs je n'aime plus mon

(0 la Retme analt^ique des romans contemporains.

mari, mais j^en aime un autre; cet autre s* il tous plait. » H peut s'offrir bien des cas, et alors je vous assure que la &mille présentera une marqueterie des plus intéressantes, et la femme aura au milieu de tout cela une dignité bien désirable.

— De grâce, taisez-yous.

•— Mais voilà le divorce réduit à sa plus simple expression : le voilà dans sa hideuse vérité.

Je vous assure que si les animaux écrivaient leurs mémoires, on 7 trouverait de ces pages ; et c'est la femme qui vient ici demander Pautorisation de traîner devant les hommes sa lamentable histoire! 0 Constance! quelles sont les femmes qui ont pris la plume pour jeter à la société cette réclame d*indépendance?... Elles n'ont pas osé signer de leur nom, et à bonne cause ; il leur a fallu voiler leur face, trop connue déjà, pour qu*un reste de pudeur n*arrètat par leur main. Que n'ont-elles pas dit , mon Dieu ! Déguisant aTec une habileté satanique leurs hideux sentiments sous des dehors alliciants, elles sont parvenues à se faire croire par d'honnêtes femmes comme vous , par des femmes mariées comme vous, sans réflexion, sans examen, jetant le mariage dans un cachemire, et voyant lé mari à travers une corbeille. Puis, au premier chagrin, à la première discussion, on se cabre contre le mariage, on accuse l'Eglise, on rêve la dissolution d'un lien qui blesse. Et, encore une fois, à qui la faute?...

Laissez donc la femme, laissez l'homme se livrer à leur naturel amour du changement, à toutes leurs fantaisies, et vous renouvellerez le scandale que nous avous vu à Rome. N'allons pas si loin ; reportons-nous aux jours où le divorce était permis chez nous, et demandons à la femme si elle gagnait en bonheur ^n perdant en dignité. Voyez la fatalité de la logique! on nedemandepas plus tôt le divorce, qu'aussitôt il faut, bon gré, mal gré, en revenir à donner les enfants à l'Etat. Quoi! son titre de mère, elle ne le compte plus pour rien ! Quelles leçons de pudeur donnera-t*elle à ses filles quand, passant de mari en mari, elle en arrivera à avoir, pour ainsi

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