‹ Causeries du soir; ou, Exposition de la doctrine chrétienneChapitre 146 sur 259 · DEUXIÈME PARTIE. — DOUZIÈME SOIRÉE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — DOUZIÈME SOIRÉE

— Ami, je suis faible, lui fut-il dit enfin ; ces larmes seront les dernières. Il faut s^abimer dans respérance, s^anéantir dans la charité, se retremper dans la foi; je yeux, me plaçant sous la main de Dieu, mettre en lui toute ma confiance.

Je yeux lui offrir tout mon être, mes douleurs !... lui sacrifier mes espérances... tenir de lui seul le bonheur.

Je commence à comprendre sa loi, je reste persuadée qu'elle prépare le bonheur sans fin ; ce bonheur que j'ai tant cherché. je commence à comprendre qu'il n'est point de ce monde.

Je commence à sentir que rien, au fond, n'égale l'harmonieux ensemble des doctrines chrétiennes, querienne peut donner plus de paix à l'âme que la pratique des devoirs qu'elles imposent. Cette morale divine a réellement été conçue pour rhomme, et elle doit mener l'homme à Dieu et au bonheur ; am^je croisées choses. J'abandonne les rêves dorés de ma pauvre jeunesse, fille sans mère, femme sans mari !...

— Jetez-vous dans les bras de Dieu, mon enfant.

— Oui, j'aurai ce courage; mais il me permettra Tamitié?

— Quoi? permettre 1 il Tordonne.

— Pendant cette retraite que je commencerai demain, car je vous quitte demain, je réfléchirai à nos longues causeries. Priez Dieu pour moi, je prierai pour vous.

Adieu.

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