‹ Causeries du soir; ou, Exposition de la doctrine chrétienneChapitre 151 sur 259 · TROISIÈME PARTIE. -* PREMIÈRE SOIRÉE. 3ft · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. -* PREMIÈRE SOIRÉE. 3ft

tement Paris. Il y passa très- peu de jours; et, heureux de se retrouver entre sa femme et sa fille, il prit le chemin de sa chère Bretagne, emmenant Frank que Lucie avait gardé.

Un mois après, la Grange recevait madame de Monac, Marthe et la bonne sœur Raphaël ; les voyageuses, avaient recouvré la santé. Ce fut une délicieuse soirée que celle qui réunit Frank à sa mère.

La petite colonie reprit sa vie habituelle ; les visites furent quotidiennes ; on jouissait de la joie de se revoir.

Cependant la sœur Raphaël dut partir, et son départ assombrit la Grange. La tristesse de Constance n'échappa pas à Tœil paternel de son vieil ami ; il interrogea, on garda le silence, on détourna ses questions ; il observa, et ne tarda pas à reconnaître une mélancolie profonde dont la cause lui resta inconnue; il la rechercha en vain. Inquiet, il trouva Lucie plus inquiète que lui ; une souffrance morale se décelait, mais de quelle espèce? Là commençait un mystère impénétrable.

Marthe avoua que sa mère pleurait pendant toutes les nuits, et f rank déclara que les soirées devenaient bien longues, sa mère ne pouvant plus lire de belles histoires. Ce fut un trait de lumière. On adressa à madame de Monac une prière tendant à obtenir d'elle un long séjour à Kérkofi; on lui représenta que la saison rendait les visites difficiles. Elle accepta, et, vers le commencement de novembre, elle se rendit chez ses amis, mais non sans avoir.obtenu de son parrain la promesse d'une longue explication des fêtes du christianisme.

Les jours suivaient les jours, et rien ne troublait le calme qui régnait à Kerkofi ; rien non plus ne sembla d'abord opérer de diversion à la mélancolie de Constance. Elle recevait, à des espaces assez rapprochés, des lettres d'une écriture inconnue à M. de Kerkoff, et la réception de ces lettres amenait toujours un redoublement de tristesse chez cette pauvre femme.

Loin d'exprimer le désir de retourner chez elle, on voyait, à ne s'y pas tromper, qu'elle aimait à prolonger sou séjour sous le

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toit de 868 amis. Ce calme lui plaisait ; cette vie oocopée imprimait à l'ensemble de Teuslence un caractère de monotoDk qui semblait engourdir son Ane« Novembre se pasn de la sorte.

M. de Kerkoff, frappé de Teffet que ces certaines lettres produisaient sur sa fille adopliTC, prit quelques renseignements* et il entama, à Tinsu de toute sa famille, une correspondance acIiTe a^eç FouTÎUe, auquel il donnait missioo de rechercher Torigine de ces lettres filiales.

Ijes nouvelles que Ton recevait d'Algérie étaient ezodlentes ; Louis se portait à merveille, le climat lui convenuX il était enchanté du corps auquel il appartenait, et attendait avec impatience Tordre de se diriger vers l'Atlas.

Les causeries du soir, telles que les comprenait ConstaDce, n*avaient pas encore été reprises. La présence a Kerkoff d'une nièce de Lucie et de son mari avait banni ce genre de cooTersation. Ce ménage reprit en fin le chemin de Paris, emporlaDi un assez sombre souvenir de la Bretagne.

DEUXIÈME SOIRÉE

Madame de Monac, trop triste pour supporter encore la ^'litude, n'avait pas quitté le toit hospitalier de KerkoGT.

L'hiver approchait ; les corbeilles dégarnies de fleurs, ! ^ arbres dépourvus de feuilles, la longueur des soirées, la o * • slance des pluies, la teinte sombre du ciel, enlevaient à la 0/ pagne ses charmes avec sa parure. De fois à autres, le iti: . permettait quelques rares promenades à Tombre des grai sapins que le vent agitait; plus souvent la petite colonie réunissait au salon, où un feu pétillant et largement enî' tenu accusait et la rigueur de la saison et TabondaDce à

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