‹ Causeries du soir; ou, Exposition de la doctrine chrétienneChapitre 162 sur 259 · TROISIÈME PARTIE. - TROISIÈME SOIRÉE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. - TROISIÈME SOIRÉE

<( Seigneur parut auprès d'eux, et une clarté divine les en- « vironna, et ils furent saisis d'une grande crainte. Mais (( range leur dit : Ne craignez point; car je vous annonce (( une nouvelle qui sera pour tout' le peuple le sujet d'une (i grande joie : parce qu'il vous est né aujourd'hui dans la <( cilé de David, un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. (( Et ceci sera un signe pour vous : Vous trouverez un enfant « enveloppé de langes et couché dans une crèche. Et soudain (( avec lange parut la multitude des armées célestes, louant « Dieu et disant : Gloire à Dieu, au plus haut des cieux, et « paix aiu hommes de bonne volonté sur la terre (1) !»

Voilà la présence du Christ sur la terre annoncée ; le ciel a envoyé des messagers porter la bonne nouvelle aux hommes; cest aux pâtres des champs que les anges s^adressent. C'est que celui qui a voulu naître dans la grotte de Bethléhem n'est pas venu seulement pour les heureux de la terre, il est venu pour ceux qui veillent, pour ceux qui souffrent : il est venu pour tous. A tous la paix, à Dieu seul la gloire.

Aui^siy les bergers sdnt-ils4es premiers invités à venir adorer l'Enfant-Dieu, enveloppé de langes, grossiers et couché dans une crèche. Ils ont cru en la parole de l'ange, ils se sont approchés de la grotte, et la Vierge immaculée , la Vierge mère leur a présenté son fils, le fils du Très-Haut.

— Heureux ces simples et bons pasteurs auxquels il fut donné d'entendre les premiers ces paroles : /{ notis est ni un Sauveur /. . . et cette autre non moins douce : Paix aux hommes de bonne volonté l

-^Voyons ! cherchez, dans le monde, à quels hommes allaient-elles mieux ces paroles qu'à ceux-ci, dont la vie est pure, la foi naïve, la volonté simple et droite? Est-ce parmi les philosophes, les savants, les enrichis des dépouilles du monde, est-ce parmi les esclaves corwmpus par l'esclavage même, que l'ange eût trouvé des hommes de bonne volonté? Et aujourd'hui, je vous le demande, après 1800 ans de

(1) Saint Luc^ chap. ii.

3ii CAUSERIES DU SOIR.

chrislianismey si l'ange avait encore à annoncer la bonne nou- Telle, où croyez-Tons qu'il s'arrêtât, sinon au milieu des pâtres et des laboureurs?

— La fête de Noël est très-ancienne, n'est-ce pas, ami?

— Oui, elle remonte à Tantiqnité la plus reculée; et^autrefois, dans Téglise d'Orient, on célébrait le même jour Fadoration des mages. Dès avant le quatrième siècle, cependant, la première de ces fêtes était séparée de la seconde.

Noël, Pâques et la Pentecôte sont les plus grandes fêtes de l'année; la première reste fixée au 25 décembre.

— Cette fête a-l-elle une vigile ?

— Oui ; aussi ferons-nous maigre, et jeûnerons nous demain.

Vous savez que la grotte de Bethléhem a toujours étéjen grande vénération parmi les chrétiens. Dès les premiers Sectes, il en fut ainsi ; elle a toujours été le but de quelques pieux pèlerinages. En vain l'empereur Adrien voulut-il la profaner, les païens eux-mêmes ne manquaient pas de Tindiquer avec respect comme le lieu où le Dieu des chrétiens avait voulu naître. Saint Jérôme, Tun des premiers, goûta le bonheur de vivre dans la sainte solitude auprès de la grotte. * De grandes dames romaines y fondèrent des couvents. La crèche a été apportée à Rome ; on la vénère à Sainte-Marie- Majeure. Les langes du Sauveur ont été possédés par \a Sainte- Chapelle de saint Louis.

— De Noël au carême, TÉglise célèbre une foule de fêles que vous allez nous indiquer, n'est-ce pas?

— Sera-ce ce soir, monsieur de Kerkoff, dit Frank, que...?

— Non, mon cher petit enfant.

— Alors, bonsoir, je vais me coucher; je veux aller demab à la messe de minuit.

— Eh bien, le lendemain de Noël, on célèbre la fête de saint Etienne, premier martyr; le jour d'après, saint Jean, apôtre et évangéliste ; puis le massacre des sainta innocents. Le t*' janvier, on célèbre la circoncision de Notre-Seigneur; le 6, TEpiphanic, ou adoration des mages; le 2 février, la Pu-

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