‹ Causeries du soir; ou, Exposition de la doctrine chrétienneChapitre 168 sur 259 · TROISIÈME PARTIE. — QUATRIÈME SOIRÉE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. — QUATRIÈME SOIRÉE

m a même qui n'ont pas d'autre motif; d'autres unissent à cet objet commun la mémoire et la vénération spéciale de qifelque saint, cette vénération est leur objet spécial.

— Oh, je comprends maintenant : le mot mystère a deux acceptions?

— Oui sans doute, et cette distinction, fort essentielle, vous avez très-bien fait de Texiger. Dans le dernier cas, il ne s'agit pas toujours d'une chose incompréhensible, mais souvent d'un fait, d'un acte important. Il est des fêtes uniquement commémoratives.

Je devrais, Constance, m'étendre sur le mérite des fêles, sur les moyens de les sanctifier, mais je crois que celte longue digression serait inutile.

— Point autant que vous le supposez; mais je ne veux fatiguer ni l'auditoire ni l'orateur; revenons à notre énuméralion ; le temps coule vite ce soir, Taiguille de la pendule touchera bientôt le chiffre fatal.

— Le premier janvier, nous célébrerons une fêle du Seigneur, une fête propre à Noire-Seigneur Jésus-Christ, la Circoncision. L'Église nous reporte à Tune dès époques les plus importantes de la vie du Sauveur, à l'un des actes les plus significatifs de cette vie; ce jour, que nous consacrons en général à la dissipation, devrait être, au contraire, un jour de recueillement et de méditation.

Le Dieu Tout-Puissant, voulant conserver parmi les hommes sa loi, se choisit une famille de laquelle devait sortir un peuple tout entier. Il fait alliance, suivant les paroles de l'Écriture, avec le fils de Tharé, Abraham, âgé déjà de cent ans ; et quoique ce saint personnage n'ait pas d'enfants, quoique Saraï sa femme ait atteint sa quatre-vingt-dixième année, il leur jprbmet un fils d'où sortira ce grand peuple, ce peuple éternel , résistant aux révolutions, aux guerres, disp*ersé sur la terre, conservant sa loi au milieu des nations, témoignage constant et irréfragable de la vérité de la Parole du Tout-Puissant. Pour constater son alliance, Dieu change le nom du patriiirche, Abram s'appellera désormais^l&ra/iam, c^est-à-dire père d'une

grande multitude; Saraï, Sara dame ou souveraine. Ce peuple *ra dîslîngué de tous les autres ; aussi le Seigneur lui impose un signe particulier : huit jours après leur naissance ses fils et ses filles seront circoncis. — Ceci se passait quatre cents aus avant Moïse, et au Sinaï Jchovah consacrait encore celte loi ; non-seulement la circoncision est le sceau de Falliance, mais elle est encore une expiation ; à elle est attachée la rémission de la tache originelle : elle est une sorte de baptême.

Notre Sauveur veut être soumis à la loi; n'est-il pas venu pour l'accomplir? aussi, le huitième jour, son sang coule, elle Fils du Très-Haut s'abaisse au point qu'il est considéré comme pécheur et comme simple fils d'Abraham. Voilà donc le Rédempteur préludant au sanglant sacrifice da Ca/vaire, laissant déjà couler son sang; et pour qui? Certes, non pas pour lui, mais pour nous. Voilà Joseph armé du couteau et frappant le nouvel Isaac ; voilà la Vierge assistant aux premières douleurs de celui dont la douleur sera la vie 1

A la Circoncision , les fils des Juifs recevaient leur nom ; le Fils de Dieu recevra aussi le sien ; déjà uu ange a communiqué ce nom mystérieux à Joseph ; le F*ère éternel a nommé scî: Fils ; et ce nom, que signifie-t-il? Sauveur par excellence : mv. admirable, doux pour les hommes et terrible pour les démons nom d'une puissance infinie, nom significatif. Le Sauvi . est parmi les hommes son admirable mission a déjà commencé; encore une fois, son sang coule pour notre salut: cet instant le ciel, la terre et les enfjprs, apprennent qu-. grand mystère de la rédemption commence.

L'origine de celte fête est des plus anciennes; l'Église y: des précautions, dans les premiers siècles, pour lui don: xin caractère de gravité commandé par l'usage où les paï : étaient de célébrer le 1^'* jour de l'année par des orgies : l'honneur de JanuS Eh, mon Dieu ! ne sommes-nous pas peu païens nous-mêmes ?

Combien ne devrions nous pas nous éloigner de cette dis-pation si fréquente ce jour-Jà ! Le premier jour d'une an: esl un jour grave pour quiconque réfléchit.

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