‹ Causeries du soir; ou, Exposition de la doctrine chrétienneChapitre 169 sur 259 · TROISIÈME PARTIE. --.QUATRIÈME SOIRÉE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. --.QUATRIÈME SOIRÉE

Que d'événemenls dans une année ! que de souffrances ! que de calamilés! Il est plus naturel, je vous le dis en vérité, de se livrer à la tristesse qu'à la joie le l^»* janvier. Dans un an serons-nous tous autour de cette table? Dans un an, celte place que l'absence de Louis laisse vacante ne sera-l-elle pas vide pour toujours?... Mettons-nous tous sous la protection de Dieu; invoquons le nom de Jésus, de l'Enfant- Dieu.

Et la voix de M. Kerkoff tomba, son silence commanda lin silence général.

Louise, qui comprenait plus que personne la mélancolie de son père, Louise, dis-je, rompit ce silence pénible.

— D'après un mot que vous avez prononcé, il me semble, mon père, que les peintres commettent en général une erreur grave en plaçant la Circoncision au temple.

— Tu as raison : chez les Juifs, cette cérémonie se passait à la maison paternelle, et le père ou la mère remplissait le rôle attribué au grand prêtre. Tout porte à croire que Notre- Seîgneur fut circoncis à Belhléhem.

Ce fut aussi dans la grotte de la naissance que les mages trouvèrent et adorèrent leJîvin Enfant.

Vous savez trop bien Thistoire de ce voyage, les circonstances de cette première vocation des gentils, de ce premier hommage rendu, au nom de l'humanité tout entière, au ncdempteur, par les rois (1) de TOrient, pour que je vous la reirace. Vous savez comment une étoile miraculeuse conduisit de l'Arabie heureuse à Jérusalem, puis à Belhléhem, ces premiers appelés de l'Orient ; vous n'avez pas oublié la perfidie et le trouble d'Hérode. Les voilà enfin parvenus au but de leur longue marche, à l'étable où est déposé le Roi d'Israël. Leur étonoement est grand sans doute, mais leur foi n'est pas moins grande ; ils reconnaissent celui qu'ils cherchent, et déposent à ses pieds l'or, la myrrhe et Tencens, honorant ainsi en lui h Roi, l'Homme et le Dieu.

(1} Voir la dissertation sur les mages de M. Tabbé Ghassay, Histoire de la ' ^dempt ion, p, 200 etsuiv. Nous conservons le mot de roû consacré parrusage*

L'Eglise a flxé au 6 de janvier Tadoratioii des mages, et cette fête porte le nom à* Epiphanie.

— Pourquoi ce Bom ?

— Ce mot vient du grec et signi6e manifestation. L'Église honore en ce jour trois manifestations : 1» la noianî-

iestation de Jésus*Christ aux gentils dans la personne des mages; 2° la manifestation de Notre-Seigneur aux Juifs par son baptême dans le Jourdain ; 3° la manifestation du divin Maître aux disciples par le miracle des noces de Gana.

Ces trois mystères, vous le voyez» ont pour nous une importance immense : la fflànifestatioa aux mages, é'est notre voçalio^jà nous, pauvres gentils, à nous, fils d'Adam, mais étrangers au peuple de Dieu. Je ne vous parierai point du baptême du Sauveur, je vous en ai déjà entretenus ; les noces de Gana, voilà le premier acte par lequel la divinité de Jésus- Christ se montre aux hommes ; le voilà roi de la nature, loi commandant en souverain et en changeant les lois ; voilà sa mission commencée, voilà Tapostolat divin à son début.

— Ami, donnez-moi donc raison du défaut de chronologie que j'observe dans cette réunion de trois faits dont deux sont trèsréioignés du premier.

— Vous n'ignorez pas que la plus grande partie de la vie du Sauveur s'est passée dans l'obscurité ; nous ne savons que peu de chose de sa première enfance: à douze ans il nous apparaît au temple, puis nous le perdons de vue pour le retrouver à trente ans seulement, recevant le baptême des raaîns de saint Jean dans les eaux du Jourdain.

L'Eglise a eu en vue les trois grandes manifestations de la puissance de Noire-Seigneur Jésus^Christ quand elle a institué la fête de TEpiphanie. Dans les premiers temps, l'adoration des mages se confondait avec la solennité de Noël ; mais depuis le quatrième sièclerEpiphanieaprisIecaractèreque je vousai indiqué, et l'Eglise a appelé notre attention sur la manifestation tout autant que sur Tadoration des mages ; elle n'a pas dû s'arrêter à Tordre chronologique des faits.

— ^ Après l'Epiphanie viendra, le 2 février, la Purification

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