TUOISIËME PARTIE.— QUATRIÈME SOIRÉE. 3S
de la sainte Vierge et la présentation de notre Sauveur au temple.
— Oui; et ici, Constance» votre chère chronologie est ponctuellement observée.
-«- Comment ?
— Combîeii'comptez-vous de jours de Noël au 2 de février? quaraate', n'est-ce pas? Eh bien, la loi de Moïse ordonnait que, k fenune qui donnerait le jour à un fils resterait éloignée des choses saintes pendant ce temps-là ; de plus, elle devait se présenter au temple pour s'y purifier et y offrir un pigeonneau et une tourterelle pour sa purification légale.
De plus encore, une loi de l'Exode établissait que tous les premiers nés des hommes et des animaux mêmes seraient ofTerts au Seigneur Dieu, comme étant voués à son service ; les premiers nés des hommes étaient rachetés par un certain prix : cinq sieles. Quant la famille était pauvre, le prix se modifiait : si elle ne pouvait ofirir un agneau en remplacement des cinq sieles, elle présentait deux tourterelles..
Ces dispositions de la loi furent scrupuleusement observées par celle-là qui, pure entre toutes, défiait toute souillure, par son Fils,Fils du Très-Haut, venant, elle, comme la plus simple (]esfemme$,sesoumettre à la purification légaie,.lui, comme le plus humble des enfants d'Isra^ël, se racheter du service du Seigneur, auquel il se dévoue si bien que son dévouement est celui d'une .victime. Jésus va se racheter, Jésus, qui rachètera le genre humain au prix de son sang 1
Cette fête présente donc deux mystères principaux à notre, méditation. EUe nous rappelle encore la présence au temple du vieillard Siméon, qui, rempli de FEsprit-Saint, salue le M(;ssie par cet admirable cantique que nous redisons aux compiles. Siméon n est-il pas ici le représentant du vieux monde hébreu qui, à la vue du Rédempteur, descend dans la tombe avec bonheur puisque la lumière éternelle va luire sur l'uni vers?
Les paroles de Siméon ne sont pas seulement des chants l'allégresse, elles sont aussi prophétiques; et à cette Vierge
mère» il prédit les souffrances dont son cœur sera accablé ; une sainte femme élève aussi la voix, et raconte les merveilles de cet enfant dont la présentation au temple s*opère.
Voici donc, ici, chère amie, une double fête, si je puis me servir de cette expression. Elle a pour objet le Sauveur, c'est une fête du Seigneur ; elle a aussi pour objet la sainte Vierge : elle est donc en même temps fête de Tunet fête de Tautre; aussi a-t-elle pris des noms différents : on Ta distinguée sous ceux de la Purification de la sainte Vierge, et de la Présenlation de Nolre-Seigncur, de fête de Siméon et d'Anne ^ enGn les Grecs l'appellent Hypapeutée, c'est-à-dire rencontre^ et cette appellation se justifie très-bien par les diverses circonstances de ce jour à jamais mémorable.
Quoi qu'il en soit, toutes ces circonstances sont pour nous des motifs particuliers de dévotion et de méditation.
Une Vierge de la race royale rougit si peu de sa pauvreté, qu'elle présente au temple l'offrande du pauvre; elle se range parmi les plus simples des filles d'Israël ; la glorieuse naissance du Roi des rois, elle la rachète par deux tourterelles!... Celle devant laquelle s'inclineront les deux et la terre, celle que les anges déclareront leur reine, celle que les peuples et les rois respecteront comme leur souveraine et leur dame, qui brillera d'un éclat incomparable, se fait tellement la servante du Seigneur, qu'elle se soumet à une purification légale. Les mages de rOrient ont adoré son Fils, les bergers de la montagne l'ont adoré, l'ange lui a dit son nom, ce nom par excellence, et elle l'apporte, ce Fils du Très-Haut, au grand prêtre, comme s'il était l'enfant de ce simple artisan, de ce faiseur de jougs qui monte les degrés du saint [îarvis avec elle!... Oh! quelle leçon d'égalité chrétienne!...
Et cet enfant, le Fils du Très-Haut, cet enfant, seconde personne de la sainte Trinité, le voilà présenté au templecomme le fils de Joseph ; et sa dignité se dévoile, sa grandeur apparaît, l'Esprit-Saint inspire les prophètes si bien que Siméon et Anne chantent l'hymme de ses merveilles; et il a voulu, ce Dieu Sauveur, que cette dignité fût voilée à tel point qu'il