‹ Causeries du soir; ou, Exposition de la doctrine chrétienneChapitre 181 sur 259 · TROISIÈME PARTIE. — SIXIÈME SOIRÉE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. — SIXIÈME SOIRÉE

muettes aussi sur saint Joseph, nous ne possédons sur lui que peu de détails; nous ignorons même Tépoque de sa mort^ et tout porte à croire qu*elle devança la vie publique.de Noire- Seigneur Jésus-Ciirist.

— Où reposent les reliques de saint Joseph ?

— Nulle part ; quelques docteurs croient que ce bienheureux époux de Marie a été enlevé en corps et en âme au ciel après la mort de Notre-Seigneur (1).

La dévotion envers saint Joseph est ancienne , toutefois cette fêle ne devint obligatoire qu'en 1621. Sainte Thérèse a beaucoup contribué à répandre la dévotion à saint Joseph, et les carmes l'avaient déjà fort accréditée en Orient. .

— La prohibition des noces pendant le carême n'atteint pas le jour de cette fête, n'est-ce pas ?

— Dans le rituel des gens du monde peut-être, Constance; je n'ai jamais vu nulle part l'admission de cette prétendue ex^ ception.

Il est une quantité de choses que vous réglez ainsi , mesrdames, et que- vous croyez sans la moindre apparence de rat son. 11 est bien vrai que l'Eglise quitte ses ornements de deuil pour cette fête ; mais , quelque vénérée qu'elle soit , l'abstinence même n'est pas suspendue.

En général, la fêle de saint Joseph est rapprochée de la semaine de la Passion, quelquefois même elle s'y trouve.

— Dites-moi donc un mot de cette semaine de la Passion.

— Ou jusqu'à présent je suis resté bien éloigné du but que j€ me proposais, ou vous avez compris que la passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ est le point culminant du christianisme. Si le Christ n'a pas souffert , sll n'a pas racheté les hommes, si tout cela est une fable , nous restons ou les fils déshérités d'Adam , ou, semblables aux autres créatures, nous avons à accomplir une mission inconnue, sans lendemain , entre la souffrance et la mort, existence glacée , sans nom, se

(0 Celte opinion est controversée. Voir les Instructions sur les fêtes, et VHistoire de la Rédemption , par M. Tabbé Chassay, Appendice sa i Joseph.

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tratnant à travers des expiations infinies à un néant, seul consolant, dans cette grande ironie qu'on appelle la vie. En est-il ainsi ?

— Oh ! non, les souffrances du Sauveur , sa mort , notre rédemption, sont à mes yeux des faits positifs, sur lesquels je n'admets pas le moindre doute.

— Eh bien , le grand mystère de celte mort , les circonstances qui raccompagnent » les enseignements qui en décoolent, voilà, certes , un ensemble de choses d'une importaoce extrême.

— Oui.

^ La mort du Christ, de THomme-Dieu, voilà la rédemption, voilà le moyen par lequel l'humanité est rachetée , la grande dette payée.

Je passe vite, car nous avons bien souvent examiné ce grand mystère ; mais ce mystère une fois accompli au Calvaire, tout est-il fini? L'homme est-il réhabilité de telle façon qu'il n'ait plus qu'à se présenter et à dire : Seigneur, me voilà, je suis votre fils? Non, Constance, et nous savons que, si les portes du ciel nous sont ouvertes par le sang de l'Agneau, encore faut-il suivre la voie quil nous a tracée; voie par laquelle nous arrivons à ces portes désirées. Cette voie, nous la co;inaissons. Le divin guide nous l'a enseignée lui-même; elle ne vous est pas inconnue, plus que moi vous la pratique:', plus que moi vous marchez avec résolution à travers ses aspcrités. . .

L'Eglise, en mère tendre, ne perd pas une occasion de nous rappeler à notre but final ; chaque jour et à chaque heure elle place sous nos yeux un souvenir de la vie du Maître. Pouvait-elle laisser de côté ce qu'il y a de plus important dans cette vie? non. Aussi a-t-elle voulu que la sainte quarantaine se terminât par un temps spécialement .affecté à la méditation des souffrances et de la mort de son divin Epoux.

L'avant-dernière semaine du carême prend Je nom de semaine de la passion, et la dernière celui de semaine sainte.

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