TROISIÈME PARTIE. «-I^PTIÊftfJS SOIRÉE
i^oas ferons de gros bouquets pour la sainte Vierge, ce qu*il (^ut vénérer ce jour-là? Entrons^ yes soirées de mars sont \pieD froides.
-^ Vous tenez donc encore à me feuilleter ?
•— Vous oubliez donc I...
— Oh ! oui, pardon, je suis tout à vous.
Eh bien, le 25 de mars, l'Eglise célèbre donc TÂnnoncia- (ioD, c'est-à-dire la visite de Tange à Marie et Flncarnation de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Je vous redirai le récit si simple, si naïf de saint Luc:
a L'ange Gabriel fut envoyé de Dieu dans une ville de 6a« <( lilée, appelée Nazareth, à unevierge, qu'un homme nommé (( Joseph, de la maison de David, avait épousée, et le nom de « cette vierge était Marie. Et Tange, venant vers elle, dit : Je « vous salue, Marie, pleine de grâces^ le Seigneur est avec <( vous ; vous êtes bénie entre toutes les femmes. Marie, ente tendant, fut troublée par ces paroles; et elle se demandait « ce que voulait dire cette salutation. £t Tange lui dit : Marier « ne craignez point, car vous avez trouvé grâce devant Dieu. <^ Vous concevrez en votre sein et vous enfanterez un fils, que « vous appellerez du nom de Jésus. Il sera grand et s'appellera <( le Fils du Très-Haut, et le Seigneur-Dieu lui donnera le « trône de David , son père ; et il régnera sur la maison de « David éternellement , et son règne n'aura point de fin. Or, « Marie dit à Tange : Comment se fera ceci, puisque je necon- « nais point d'homme ? Et Tange répondant lui dit : Le Saint- «( Esprit descendra en vous et la vertu du Très-Haut vous « couvrira de son ombre : c'est pourquoi le saint qui naîtra <( de vous s'appellera le Fils de Dieu. Et voilà qu'Elisabeth, « votre parente, a conçu un fils dans sa vieillesse, et ce mois ^ est le sixième pour celle qui était appelée stérile ; car rien (^ ne sera impossible à Dieu. Or, Marie dit : Voici la servante <i du Seigneur, qu*il me soit fait selon votre parole^ Et Tauge «c s'éloigna d'elle (1). »
(1) Tmduction de M. Tabbé de Genoude.
Qae de choses dans ce récit, chère amie ! qoe de choses de la part de DleOi de la part de Marie !
Quel mystère!... le Verbe se fait chair, au sein d*niie ▼ierge, an Dieu prend un corps, une âme, élève josqa^à hu rhumanité ; le yoWk réalisant sa pensée d'amour, le Toila ea marche vers le Calvaire; ici Tespril se confond; car, cônmail le Dieu de Tunivers a-t-4l pu prendre cette forme d^esclave? mystère auguste qpe j'adore, et dont je me garde bien de son* lever le voile, car mon intelligence ne comprendra Dieu loot entier que quand elle sera dégagée de son enveloppe, que quand elle verra face à face la Trinité sainte !
—7 Marie, je le sais, avait été consacrée au Seigneur, et vouant sa ?ie à la virginité, la fille de David en avait remis la garde à saint Joseph. Je sais par quel divin mystère elle devint mère, et comment, à la parole de Fange, le SaînV-Esprit opéra en elle, mais je vous avoue que je m'arréte-là.
— Voire esprit ne s'est donc jamais élevé à laccmlemplation des imqdenses vérités que cette apparition révèle?
De toute éternité, le \etbe a résolu dans sa divine bonté de sauver cette créature chérie, celte créature, Eûte à soc image et ressemblance, destinée à le louer et le bénir sur h terre comme les anges dans le ciel : celui que Torgueil a perdu sera racheté; et, grâces à Tincommensurable sacrîBoe, il sera appelé de nouveau à un bonheur sans lin ; tout a été préparé pour cette mystérieuse expiation, par laquelle les portes du cie! seront ouvertes à Thomme apparemment qui doit connaître son Rédempteur, recevoir sa loi, accepter cette loi, la suivre, et par les mérites de TAgneau sans tache, conquérir la cé- . leste Sion.
Les prophètes ont annoncé d'avance le Messie, pour qiie l'accomplissement de leurs paroles témoigne aux hommes de l'identité du Sauveur. Que de précautions pour que l'humanité reconnaisse et son mattre et son législateur !...
Le Sauveur naîtra dans la famille de David, il sortira d^une vierge ; les jours prédits seront accomplis, Thenre va sonner où le Verbe s'incarnera.