TROISIÈME PARTIE. ^ SEPTIÈME SOIRÉE
Mais il faut, de plus, qu'il reodncilierhomnie avec rhomme, il iaut qu*il leorelève dans son abaissemeol indicible : si Dieu vient à Thomme, il faut que rbomme vienne à Dieu, et alors Dieu prend la forme de Feselave, pour que Tesclave puisse l'aimer, car il veut être aiméi et pour cela il se rabaisse jusqu'à notre niveau, car, vu en lui-même, la crainte de son infinie justice s'opposerait à Tamour qu'il attend de nous. Il se fait notre semblable par une bonli poptilatr^, suivant la belle pensée de saint Augustin et ici éclate dans toute sa grandeur Tincomprébensible bonté de Dieu.
Encore une observation, le Christ n'est pas descendu ici en terre pour quelques homme^s, il est venu pour tous : dès lors il devait prendre la forme la plus commune, donnéz-lui les magnificences de la couronne, et le voilà modèle simplement des rois ; changez-le en philosophe, et il n'a plus que de rares disciples : sa vie, cette vie en laquelle se trouvera le modèle de toutes les nôtres, ne pouvait être autre que celle du plus simple des hommes., la plus modeste de toutes les vies, car cette vie est celle de tous ; ainsi fait*il, et, en choisissant la vierge de Nazareth pour Mère,. il prend la condition humaine dans toute sa simplicité, dans sa généralité* >
— Oui, a quelque point de vue que nous noua placions, la divine sagesse apparaît dans ce mystère autant que Tinfinie
bonté.
Et dans le fait, comment l'orgueil de Thommeresislerait-il à rabaissement de son Dieu ? Quel modèle 1 oui, je le vois, que de grandes choses de la part de Dieu.
On m'a souvent dit de méditer, les sujets me manquaient toujours, mais ici ils abondent. Oh! je me perds dans toute la profondeur des vues de Dieu.
— Vous trouvez donc qu'ici Dieu à beaucoup fait pour
l'homme?
Si vous portiez vos regards sur Marie, vous découvririez très- vite que de sa part il y eut aussi de grandes choses.
— Je vois tout d'abord pour elle un honneur immense ; être appelée au titre de Mère de son Dieu ! . . .
-— Oui, sans dou(e« et jamais créature n^a été plus favorisée ; car la yoilà associée pour ainsi dire à Tœoyre par excel lencedeDieu, à la Rédemplion ; la voilà heureuse entre toutes les femmes, bénie entre toutes les femmes ; la voilà reine du ciel, placée àla plus hauleplace; la voilà, la vierge sisimple,la voilà tellement élevée que les mères des Césars, tombant à ses pieds, lui crieront : Priez pour nous, mère du Sauveur, qu6 les rois lui consacreront leurs royaumes, que tout homme lui dira : Vierge fidèle, priez pour nous; que dis-je,la voilà audessus des anges, des archanges et des dominations et cet honneur, Constance, comment le reçoit- elle?
Un ange vient à elle, il la salue par ces mots que vous venez d^entendre, ces mots pleins de suavité et de grandeur. Quel est son premier mouvement ? le trouble et la crainte ; il faut que le céleste envoyé la rassure : a Marie ne craigniez pas, a vous avez trouvé grâce devant le Seigneur. » C'est à peine si ces paroles calment son âme.
Et d'où vient-il ce Irouble? sinon de son admirable humilité : elle a peur, cette Vierge, et de quoi? de toute distinction, de toute grandeur j un ange la visite, elle a peur ; et pourquoi? c'est qu'elle est parfaitement pure, et que la vue d'un ange même fait tressaillir son indicible pureté.
Elle a trouvé grâce devant Dieu, ces mots la rassureront sans doute. D'où vient cette distinction du Très-Haut, sinon de ce que Marie est la plus humble et la plus pure de toutes les vierges d'Israël?
— Dieu vient aux humbles et aux purs, ils ont trouvé grâce devant lui.
— Vous l'avez dit Constance.
L'ange lui explique le mystère qui va s'opérer, la Vierge ne comprend pas encore, sa pureté se révolte en quelque sorte, et cependant elle se soumet : « Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole. »
A tous ses autres mérites, Marie joint celui de la soumission : <c Je suis la servante du Seigneur. »
Pas une réflexion, pas une objection inutile, pas une parole;