TROISIÈME PARTIE. — SEPTIÈME SOIRÉE
cetie Vierge est tellement humble, tellement chaste, tellement soumise, sa foi est si vraie qu^elle n'admet pas la moindre résistance.
— Éh! pourquoi en eût-elle fait, mon ami?
— Pourquoi î vouée à la virginité, Marie savait quelles seraient les craintes de Joseph, et à cet égard ses inquiétudes étaient bien fondées, puisque l'Ecriture nous apprend qu*un ange dut être envoyé au père nourricier de notre Sauveur, pour lui expliquer ce qui s'était opéré en Marie, et pour lui enjoindre de donner à ce miraculeux enfant le nom de Jésus. Avant la visite de Fange à Joseph, celui-ci ne nourrissait-il pas dans son cœur la pensée de renvoyer Marie de sa maison ?
Ce n'est pas tout , dès cet instant la Vierge de Nazareth connut la destinée de Celui qu'elle recevait dans son sein, elle n'ignora pas que désormais sa vie serait une vie de douleur. Oh ! si la destinée de la Mère du Christ est glorieuse, elle est douloureuse aussi, et ce n'est pas en vain que je disais tout à l'heure qu'elle avait été unie à la Rédemption.
Oui, la conduite de Marie est pour nous ici, comme toujours, un modèle admirable de foi, de soumission et d'humilité.
— Il me semble que je vois pour la première fois tout l'admirable enchaînement de ce grand mystère. En Marie s'accomplissent les prophéties et les promesses ; oui , voilà la femme qui écrasera la tête du serpent ; le serpent, c'est l'orgueil, et la servante du Seigneur tue Forgueil par l'humilité ; la concupiscence est entrée dans le monde par une femme, et la vierge de Nazareth vainquera la conciipiscence, puisque sans cesser d'être Vierge elle sera Mère de Jésus, le divin Rédempteur qui a vaincu la mort.
Oui, qu'elle soit bénie entre toutes les femmes la mère du Sauveur, elle par laquelle le ciel nous est ouveVt!
Tuons aussi l'orgueil dans nos âmes, devenons humbles, aimons la pureté et soyons obéissants à Dieu, mais surtout aimons- le, lui qui du haut des cieux descend dans le sein d'une Vierge pour se faire homme, et homme de souffrance et rédempteur de notre race perdue.
Llncaniatioa, mon ami, mais c'est le premier des mystères, les autres le supposent* Je yais me préparer à bien remercier Dieu» le 25, des grandes grâces dont il nous a comblés. Je yeux espérer que je pourrai assez fixer mon esprit, pour méditer sur toutes les Tertus dont Marie nous donne Texemple en un seul
jour.
HUITIÈME SOIRÉE
J*ai peur. Quel bruit ! il semble que , dans sa fureur, le yent d'ouest a juré d'emporter la toiture de cette maison ; entendez-vous les cris prolongés des sapins; voyez-vous ces jeunes peupliers se courber contre terre !... L'Océan est déchaioé, mon ami» sa grande voix se mêle à tous ces autres bruits» elle les domine par intervalles : comme il frappe les rochers noirs! comme il s'élève ! les francbira-t-il? pénétrerat-il dans notre vallée ? Quelle tempête, mon Dieu !
L'ouragan était dans toute sa violence. La Grange paraissait trembler sur ses fondements, les arbres ployaient comme les épis au mois de juin , la pluie tombait par torrents quand le vent cessait, les nuages noirs et pressés fuyaient avec une rapidité extraordinaire; Constance, à cet instant, vit passer sous la fenêtre du salon un pauvre enfant à peine couvert par une houppelande de marin. <c II y a quelque malheur, ditelle,» et elle se précipita vers la porte pour le faire entrer dans le salon; ses] traits, boule versés, ses membres glacés, tout annonçait qu'il venait d'être victime d*un accident terrible. Quand il put parler, il raconta que mousse, à bord d'un petit bateau de pêche, venait d'être lancé par la vague contre les falaises, et que, par un miracle, il avait survécu, ^lui seul, au naufrage de sa barque. Les trois hommes composant l'équipage ayant été engloutis avec la frêle embarcation.