PREMIÈRE PARTIE. — QUATRlâlE SOIRÉE
diyerses ; vainqueur ou vaincu, pécheur ou repentant, maître chez lui ou esclave, il conserva toujours intact le dépôt de la loi, tout en en violant souvent les préceptes.
De ce peuple, de sa famille royale, devait naître le Rédempteur du genre humain, Rédempteur nécessaire, comme nous r avons vu ; sa venue fut promise de nouveau par le Tout- Puissanf ; elle fut prédite par les prophètes, elle fut annoncée en dehors d'Israël. Alors que le monde, après de nombreuses TÎcissitudes, reposait sous le sceptre romain, alprs qu'Auguste régnait sur Rome et Rome sur le monde, le Fils de Dieu pre~ naît un corps au sein d'une vierge. Âpres trente ans d'une existence ignorée, il commence son glorieux apostolat; il mène, parmi les hommes, la plus pure des vies ; il enseigne la plus sainte des doctrines, TÉvangile, et, {Poursuivi par les méchants,, il meurt en croix, pardonnant à ses bourreaux et lavant de son sang les souillures de l'humanité ; il est placé dans le tombeau, mais il ressuscite, se montre à ses disciples, remonte au ciel devant eux et leur envoie le Saint-Esprit, après avoir fondé TEglise, dépositaire de sa loi et de sa puissance.
Après cela les apôtres, les disciples qu'il s'est choisis se dispersent et se partagent le monde auquel ils prêchent le Christ ressuscité d'entre les morts, la folie de la croix. Le monde poursuit de ses injures, de ses supplices, ces novateurs ; les échafauds se dressent, les arènes s'ouvrent, le sang coule de toutes parts, la précieuse semence germe, grandit et fructifie sur cette terre ; plus on massacre de chrétiens, plus il en surgit, et bientôt l'empire voit marcher la croix à la tête de ses légions. Peu à peu la doctrine du crucifié est portée dans tout le monde connu, régénère ce monde si hideux par sa corruption indicible.
Voilà, ma chère Constance, le précis de cette histoire si vaste du christianisme.
Je ne Tétaye d'aucune preuve: vous voyez, je l'expose sîoiplement. De ces jours-là aux nôtres , toujours mêmes choses : des combats, souvent des supplices, une conti-
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naation coastante du même apostolat, une même Eglise prêchant une même doctrine. Toujours à peu près le même amour et la même haine ; toujours des contradictions, toujours de beaux et nobles exemples, toujours de grandes' Tertas, toujours des erreurs énormes luttant contre la yérité éternelle, toujours des hérésies, toujours une Eglise victorieuse, miracle constant qui se perpétuera jusqu'à la fin du monde.
Qu'est-ce donc que tout cela ? sinon le gouirernement du genre humain par la divine ProTidence. Elle le prend en son père au paradis terrestre et lui donne une loi, et après la chute elle lui impose d'autres lois : à Noé elle dicte ses Yolontés ; à Abraham elle fait des promesses ; au Sinaï, elle révèle à Moïse le Décalogue; enfin elle s'incarne ; elle enseigne, elle-même, sa divine doctrine ; elle la dépose dans l'Eglise qu'elle éclaire et soutient par le Saint-Esprit.
Du commencement à la fin, Dieu est donc législateur : il l'est aussitôt après la création, il l'est au Sinaï, il l'est enfin en Notre-Seigneur Jésus-Christ ; il l'est encore par l'Eglise. Au premier homme il donne la seule loi qui pouvait être donnée, nous l'avons vu ; au Sinaï, il dicte tout un code, il donne de plus des commandements précis qui ont été et sont encore la base de toute législation et que la prédication évangélique a expliqués et non détroits ; à Israël, à un peuple dur et charnel, une législation spéciale ; par Jésus-Christ, la loi nouvelle, propre à tous les peuples comme à tous les temps : les préceptes évangéliques sont en efiet autant de nos jours et de notre pays que du temps des apôtres et de l'Orient. Aussi, voyez-vous le christianisme prendre racine partout : il est de TOrient et de rOccident, du Nord et du Midi. Comme il convient à tous ! de l'empereur à l'esclave, de la jeune fille au conquérant, de la vieille femme la plus ignorante à saint Augustin, Tun des plus grands génies du monde. U est partout, il est de partout, il est de toujours, car il est divin.
Quelle est donc sa doctrine, sa loi primordiale? Elle est aussi simple que sublime : a Aimez Dieu par-dessus toutes «c choses, et le prochain comme vous-mêmes. »