‹ Causeries du soir; ou, Exposition de la doctrine chrétienneChapitre 191 sur 259 · TROISIÈME PARTIE. — BUITIËlfE SOIRÉE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. — BUITIËlfE SOIRÉE

Cana»8'il sepeyèle» la joie et la gloire n'en sont pas pour Marie, a Feramev <{u^y a*t-il de commun entre vous et moi?» ce fils si soumis, cet homme, il est tout à.son père. '

— Et peut-être trouvçra-t-eHe dans son cœny qu'elle avait trop hâté rheure de la manifestation !

— De ce moment le martjre de Marie continue et ne .cesse plus; r Ecriture ne parle plus d'elle ; mais pouvait-elle ignorer les choses miraculeuses qui s'opéraient par Jésus ; la Galilée est pleine de sesceuyres ; peut-elle ignora les embûches qu'on lui tend, peut-dle ignorer ses dangers, pent-ellè ignorer encore qu'il marche vers le calvaire ? Non, non l . . •

— Oh ! voilà notre histoire.

— Les trois années du divin apost<dat touchent à leur terme. La prédication du fils du Père est complète, las jours de la Rédemption viennent, nous allons retrouver Marie. A côté de rbomme de douleur, la mère de doulear ; la femme a eu sa part et sa grande part dans la chute, la femme aura sa part dans la rédemption, ou, pour mieux.dire ma pensée, sa place au calvaire.

La croix a été placée sur les épaules du nouvel Isaac, il s'achemine vers le lieu du sacrifice ; vous savez à quels excès de douleur il est soumis l il fléchit sous leur violence; et sa mère le retrouve ainsi!... Voilà l'éjat dansjequel elle revoit après de si longs jours, Tenfant de son amour I .. . Elle le suit, car elle est forte, la mère du Rédempteur, la croix s'élève, et retombe dans le trou du rocher, Thomme de douleur est suspendu, est attaché à l'arbre d'ignominie 1... Marie est au pied, elle entend les paroles qui lui donnent saint Jean pour fils, qui la donnent pour mère à saint Jean. Elle n'a plus de fils ; mais elle aura encore d'indicibles souffrances, la lance a ouvert le côté ; le dernier soupir est exhalé, la vie du fils de l'homme a cessé. Marie est là, là au pied de la croix; elle atout vu, tout entendu ; elle n'a point fini encore sa douloureuse mission, elle assistera à la sépulture de Jésus.

— Ohl mon Dieu!

— La prophétie de Siméon est-elle accomplie? Le cœur

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de Marie eeMl (rm^percé !... A-4-6lle sa place au cakaire. LIBglifie a-t-élleea raison de spécifier un jour pendant iequel nous serions appelés à Ténérer toutes les douleurs de la Vierge martyre, de la tnère de douleurs? je reviens à ce mot, car je n*en sais pas de plus juste;

— Oh I oui, mon vieil anii ; cette 4Ste doit être particulièrement celle des mères.

— - Elle est celle de tous les fidèles, mon enfeint; car en ce jour ne nous -souvenons-nous pas particulièrement que là, du haut de -la croix, le Rédempteur nous a donné tous pour fils à sa sainte mère en la personne du disciple bien-aimé.

Tout était consommé, car la mère ne devait plus revoir le fils après sa glorieuse résurrection, s'il apparut aux disciples, a n'est pas dit que la sainte Vierge fut appelée à le voir encore ; Marie ne retrouvera le fils du père que quand, enlevée par ses anges, elle ira prendre place au haut des cieux pour y être Tavocate des pécheurs, la mère des affligés. ' — Demain jMrai cei^tainement à la chapelle de Notre-Damedes-Bois.

Vous m'avez dit que la Vierge devait avoir sa place au calvaire. Pourquoi ? D^où, je vous en prie, cette nécessité.

•^ Vous avez remarqué déjà que tout ce qui avait contribué à la perte de Tbommedevait servir à sa rédemption. La femme avait eu sa grande part dans cette si lamentable histoire de la chute. Aurait-elle pu être exemptée des soufirances du calvaire ? Quelle femme pouvait être placée au pied de la croix mieux pour la souffrance que la mère; elle seule, à un certain point de vue, avait eu des tiens avec le fils de Dieu ; elle seule donc avait le droit d'être unie à son sacrifice. Elle seule avait droit à son dernier soupir. Si Marie n'eût pas été présente à cette agonie, dites quelle autre en eût supporté le déchirant spectacle' avec assez de douleur, pour que sa * douleur fût comptée à côté de celle de l'homme de souffrances.

Et quelle douleur comparable à la doulenrde la mère! car quoi amour comparable à Famour de la mère? vous connaissez sa puiësainae, vous savez ce qu'il peut : le cri d'une mère,

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