‹ Causeries du soir; ou, Exposition de la doctrine chrétienneChapitre 195 sur 259 · TROISIÈME PARTIE.-'NEimËME SOIRÉE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE.-'NEimËME SOIRÉE

d'humilité le plus complet, le -voilà ceîni d'un linge, versant

de l'eau dans un bassin, lavant les pieds de tous, même ceux

de Judas. « Ce n'est pas ici, commele dii Bossuet, une céré*

(( monie, c'est un service effectif qu'il leur rend à tous , et le

(( service le plus viU puisqu'il faut se mettre à leurs pieds pour

« le leur rendre ; il faut laver les ordures' et la poussière qui

ce s Amassaient autpur des pieds en marchant nu^ieds comme

« on faisait en ce pays-là. Voilà ce que fait Jésus, sachant tout

« ce qu'il était dès TEternité et dans le temps, et ce qu'il allait t

« devenir par sa résurrection et son ascension triomphante (1) j> '

Le voilà, ce 61s, ce Dieu, le voi^ à la lettre le serviteur de ses apôtres, dont un le vendra, dont un autre le reniera. Le voilà dans une petitesse naturelle m' enseignant à n'avoir pas de difQculté, à me tenir bas et à servir mes frères (2) .

Grande leçon que celle-)à ; l^on que n'ont point oubliée les souverains pontife, les rois, les évéqûes, qui, à pareil jour, lavent aussi les pieds des pauvres (3).

Dans le Christianisme» ne le perde? jamais de vue, le pouvoir n*est pas chose gratuite, et celui qui semble dominer ses frères , reste leur serviteur aux yeux du souverain suprême. Jésus-Christ veut donc nous donner eûcore une leçon d*humiliié profonde, et de plus il nous enseigne que si nous ne sommes pas purs, nous n'aurons pas de part avec lui à l'héritage du père. De plus, la cène «e prépare, la^^ène avec cette si grande institution de TEucharistie, n'est-il pas juste que toutes les souillures disparaissent ? . . .

— Mais Judas !

— Aussi le Seigneur se trouble-t-il,'car l'un d'eux le trahira, et ce disciple va s'asseoir au banquet sacré.

— Oh ! que de Judas ! -

— Aussi le fils de Dieu souffre-t-il dojà de leur, perfidie ; N>n trouble! Quelle cause a-t-il sinon l'horreur dont il est *'si à la vue du péché du sacrilège ?

:f^ ) Bossuet. Méditation sur l'Évangile.

r%) Bo8su«t. Loe, cit.

^) Voir pour les détails les Instructions sur les fêtes,

Pi

416 OMISERIES DU SOIR.

lift oàne a vu saint Jean reposer sur le sein de son maître; ce bon mattre adresse ses adieux à ses apôtres ; Judas a pris part au glorieux festin, la Sainte-Eucharistie est instituée de la manière que tous savez.

tf Pendant qu^ils soiipaient» conraie ils mangeaient encore» Jésus prit du pain, le bénit; et après avoir rendu grâces, en leur disant : Prenez, mangez ; ceci est mon corps donné pour TOUS ; faites <;eci -en mémoire de moi. Et, prenant la coupe après le souper, il rendit grâces, et la donna à ses disciples en leur disant : Buvez-en* tous; c'est mon sang, le sang de la nouvelle alliance, qui est répandu pour plusieurs pour la rémission de leurs péchés. Toutes les fois que vous le boirez, faites-le en mémoire de moi! »

Je ne sais au reiste pourquoi je vous rappelle ces paroles que vous connaissez depuis longlemps.

Voilà donc le sacrement auguste de nos autels institué, et en même temps le sacrifice et le sacerdoce.

— Je crois, ami, que je n'ai pas besoin d^uné explication nouvelle de rEucbaristie, mais vous m'avez promis depuis longtemps de me parler du Saint- Sacrifice de la messe.

— « La nKiSse vous le savez, est le sacrifice de la nouvelle « loi, par lequel les chrétiens rendent à Dieu le culte suprême « en lui ofirant le corps et le sang de Jésus-Christ, sous les « espèces du painet du vin par le ministère des prêtres [\).

c( Que lesacrificedeschrétiens est grand, qu'il est auguste! ce mais qu'il est simple, qu'il est humble, un peu de pain, un tt peu de vin et quatre paroles le composent ! Je reconnais ce a caractère do Seigneur Jésus. Qui voyez-vous? Un homme: m qui croyez-vous? un Dieu (2). i»

Voilà la victime : Un Dieu I voilà son corps, voilà son sang, il est offert pour nous, en notre nom, nous rofifh>ns pour ainsi dire nous même, nous y participons, la victime sera consommée, nous pouvons y participer aussi.

(1) Le p. Lebrun, SœpUeation desprières 0I de$ cérémomndèià mm$»

(2) BoMuet, JfMtiottoiif MTi'S^ORiHii».*

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