‹ Causeries du soir; ou, Exposition de la doctrine chrétienneChapitre 197 sur 259 · TROISIÈME PARTIE.— NEUVIÈME SOIRÉE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE.— NEUVIÈME SOIRÉE

ce momeat si grave ; pensons que nous assistons au plus grand, au plus incompréhensible des miracles, au miracle essentiel à notre salut. Le Saint des Saints est sur l'autel, nous sommes en face de'notre Dieu. Oh! s'il apparaissait dans sa gloire, dans sa majesté ! . . . • .

La cinquième partie de la messewmmence au Pater; cette prière par excellence qui renferme toutes les autres, pour ainsi dire, celte prière que nous tenons dé Jésus-Christ même; le Pater précède là Communion. Unissons-nous de tout notre cœur à cet acte si grave, si solennel ; si nous ne pouvons approcher de la sainte table, communions de cœur et d'esprit j détestons nos péchés qui élèvent une barrière entre Dieu et nous. Répétons avec le prêtre VAgnus Dei^ paroles par lesquelles nous demandons la paix; car la paix, c'est notre bien; aussi après VAgnus vient encore une nouvelle demande de paix, de la paix de Jésus-Christ, gage précieux de la vie éternelle; ici, dans le rit romain, se donne le baiser dô paix : « Le prêtre commence par baiser l'autel avant que de donner le baiser au diacre, et ce baiser de l'autel a été substitué à celui de l'hostie même consacrée, dans laquelle nous adorons Jésus-Christ, et de qui le prêtre recevait immédiatement le baiser de paix, pour le donner ensuite à tous les ministres de Tautel et à tous les fidèles (1). »

— Quoi ! tous les fidèles s'embrassaient ! — 1 En signe de paix. Mais rassurez- vous, les hommes d'un côté, les femmes de Tautre, et depuis le XlIP siècle cet usage û*existe plus.

L'officiant prononce ensuite deux magnifiques prières, que

tous les fidèles ne sauraient trop adopter quand ils sont appelés

^u sacré banquet ; prières bien autrement belles que tous les

^ctes que Ton répète par routine. Il se frappe la poitrine en

*iisant trois fois les paroles du Centenier : a Seigneur, je ne

^liis pas digne que vous entriez dans ma maison, mais dites

(1) Prônes sur U sacri/toe dé la messe, par Badoire, publication de M. Tabbé igné.

Jm .CAHSEB1£S.QU^SQR.

seulement une, parola fit aiw&meisera.gpBénie.m BBoralasad* mirables que le Seigneur knia; jeiisuUQttsQQinauwe. YeHà^Ie sacrifice comqwméL..

— Quand a lieu la communion des fid^?

— Immédiatement après la commttViionidu.prè(re,.ttutaiit qu'on le jpeut. Toutefois, souvent ces communicHiis isontfetardéesjusqu après la messe. Méditez bien les paroles que pronomsK le prêtre en vous donnant la sainle ccwmunioo : « Que te corps de Notre-Seigneur Jésos-Ghrit garde tim âme pour la vie éternelle. » Oh I puissiez- vous toujours prononoer avec une grande foi, ayec un grand amour, Vamm que vou&deiv^ répondre, non-seulement des lèvres, mals'SUTtout du fond du cceur.

Après le sacrifice, vient Faction de^Qee;'Voi]àk<îxéèine partiede la messe, a est4*diise lUnUenn^ appelée Cownnimion et VlU mis$ae$i ; puis le prêlre donne la .^nédkikm etJitle commencement de TEvangile sehm saint Jean, et.fe peuple répond Deo gfatias, gràces.soient rendues a, IMeu.

— Indiqpez-moi, Je vous, en conjui^» h manière dont en doit entendre la« messe, et surtout les prièi^: que l'on doit y dire.

r— Vous le voyez, TEglise a consacré à l'eShuide. du sacrifice des prières spéciales auxquelles elle ne dérege;pas, qui se retrouvent à toutes les messes ^ d'autres soBt^propres à chacune d'elles, elles varient suivant ies jouf s. Je joteccMuais pas de méthode préférable à celle-ci : nous unir au ministre et dès lors le suivre pas à pas. Prenez donc VOrdinaweiie la messe, le plus conforme au texte latiQ,.et:lîeez*le «ttenlivement y profitez de la condescendance quie Ton a aotudlemeat pour les fidèles. Que mettriez-vous avec avantage à la place de ces admirables oraisons? à la place de ce&. paroles saintes? Tâchez de vous absorber tout entière, dans votre union mentale avec le prêtre. Ne vous effarouchez . pas, Coostanee, des distractions; certes, vous n'avez pas l'intention d'assister au saint sacrifice poury ofienser Dieu, vous^apporterezi^rEglisc des dispositions toutes contraires; vous y venez uniquement

TROISIËHtIfMiWIEi-HflIfraMfE SOIRÉE. »3

jpottrJe*béiiîr,Xhoi}fir6ri; <^n& cmtghfiz (rien ,II>iea « jt^hôn , ^et il .coooaitaolceiiaiblfiDse^ . j

Ohi' cbàreAinW,iqiie iiQiisr€Domm0SitoQpabIes,)et mtéi Smn

crifiûB.!jQUievde'girâee8 y aôntatiaéfaées 1... — Jtferci. le .'KOUS 'AWiire que jiignoiaisTbsaucotjp de ees

'*— Ces. détaiktfoiit aridfi8,rflee8,«et je itouerdemande pcArdoa .de ^ou9 lâSxa«att* ^doIlBé6. îVous ks/a«tezfex%és.

— Quel honneur pour te prêtre! être sacrificateur lie 1*Agneau sans tacfaeJ

--• Je^dois fvoas arrêter, ^ûU pour «ouper^eourtà une discussion ^peut-étreun >pieu longue^ Je maiis jciterai les tparoies .«BMraotes dluniioaimejustement^eélèbrer:

.« DaBfiie«a(»>emdiit'de i'aulel<Geh]iqiii<ofiFire>esttIe prêtre : a à la vérité, le souverain prêtre est te Christ lui-même, qui a ne.6e6tipas ofibRt^jSeuteinent'iMie'fois^eur la croix, lorsqu'il «a souffert pour inous^ smais qui (remplit fton office- de prêtre 4( 8aD8»iiiterruptieniju8quià'la7eoiisomniailf<m des^sièetes, et a maintenant encore il s'offre pour nous à Dieu, son père,^par « le ministère du prêtr& ^1 ). ,ï>

RemArquez'ces^terDÎères iparolas : u^ s'offre à Dieu, son « pèffe,>par le minislèveidufpr^re. )>

C'est Jésus-Christ qui est vraiment te^acrifieateur; nWoffre par le ministère du prêtre^ il «3 sacrifie lui-^méitie. A la voix du prêtre ]e'miracte«V>pèBe,anais ce na*est pas te prêtre qui est Fauteur de ce miracle. L*auteur, c'est Dieu.

..^ Oui. J/ai^mal exprimé ma pensées; j!ai ^odlu ^dive^ qu'il Mt^gldEieux d^^étre tetministre d'une telle (offrande.

Quai grand spectacleque «ahii de ja messe ! UdDieu <victimeJ... s'voffrant pouDnou6!...ipréôeBt«ir cetiaatel!

Mais, ami, assister à la messe, c'est assister a on m'i-

-raele 1

— Oui, sans doute ; je vous l'ai déjà dît.

fl) Lelbnltz, SytHme de théohgie, Démonstrations évangéliques, tome III, col. 1089.

SS4 CAUSERIES SU 60m.

-— Ohrl mon Diaa Ir.. avec quelle froideur glaciale nous soœmea spectateurs de votre sacrifice, de voire mort. Notre iûi, ami* est donc morte? Si elle n'était pas morte, nous sentirions en nous uno^ douleur amère de nos fautes; car, ne sont^elles pas la cause de la mort du Sauveur? nous sentirions une reoonoaissanee infinie, un amour infini, et rien, rien n'agite mon âme; je prie des lèvres sans attention, et mon Sauveur Vimmolel... Désormais je chercherai à captiver mon imagination, ensuivre les diverses phases de Tauguste

mystère.

— Revenons, je vous en prie, au Jeudi-Saint.

Vous observeriez, si vous étiez versée dans la lithurgîe, di^ verSi usages particuliers aux offices de ce jour ; je me cod tenterai de vous renvoyer à l'ouvrage que j'ai déjà cité (1). Toutefois il ne vous a pas édiappé que le prêtre bénit deux grandes hosties.

— Oui, dont l'une est portée au tombeau. Et pourquoi? -— Le jour commémoratif de la mort du Sauveur il n'y a

pas de consécratifm, le prêtre^ communié sous la seule espèce du pain.

Le Jeudi-Saint les évoques consacrent les saintes huiles ; et, vous le savez,' en mémoire du lavement des pieds des apôtres, les évêques et même, le pape lavent les pieds des pauvres.

•*- Oui, j'ai assisté à cette céréooonie à Rome.

Mais on lave aussi les autels.

— On les découvre au moins presque partout jusqu^au Samedi-Saint (2).

A la findeToffîce du matin, Thostie consacrée a été portée à un lieu quelconque de Téglise, où Ton a figuré un tombeau. Là, vous irez prier, vous recueillir en présence de PHomme- Dieu, reposant dans la mort ; votre cœur a tant de choses à lui demander!

— Que de fois déjà j'ai rech^ché eivec une persévérance

(1) Instructiont sur les fêtes.

(2) Voir, pour tous les détails des çffîcei:, le Uvre indiqué. Instructions sur les fêles.

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