‹ Causeries du soir; ou, Exposition de la doctrine chrétienneChapitre 201 sur 259 · TROISIÈME PARTIE. ^ DOUâjlE SOIRÉE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. ^ DOUâjlE SOIRÉE

aux murailles, elles dorment dans 1^ repos. L'E^lke, cette épouse mjsltque da Christ, partage sa destîaée, il n'eut pas uu jour de paix, elle n'aura pas de relâche ; il vécut au milieu des pièges que lui tendaient les hommes» au milieu àm contradictions, des persécutionSi TEglise, comme lui, aura ses jours d*épreuyes, ses jours d'angoisses; elle apporte aux hommes la paix et la vérité, et les hommes s'élèveront contre elle, la combattront dans leur haine, dans leur orgueil, mais TEglise a les promesses du Sauveur ; elle souffrira, bien plus, elle semblera descendre au tombeau, mais jamais elle ne succombera.

Voyez de nos jours ce qui se passe, Constance, la raison humaine usant dç celte liberté sans limites que Dieu lui a octroyée, parcourant le cercle des doctrines sociales, nie dans sa déraison et Dieu et la société, elle exalte Tbomme jusqu'à en faire un Dieu, elle l'abaisse jusqu'à le confondre avec les animaux et la société menacée jusques dans ses fondements s'émeut, se trouble, V Eglise, qui n'est pas plus épargnée que la société, entend nier la. divinité de son. fondateur, calomnier sa vie, ses doctrines ; elle voit son chef auguste chassé par une poignée de misérables de la ville éternelle, poursuivi par le poignard, insulté, abandonné par ce peuple si lâche auquel il a donné la liberté, dont il a été le père ; TEglise, dis-je, a-t-elle semblé le moins du monde ébranlée, non, non, l'Eglise a répandu des larmes, TEglise a poussé de longs soupirs, TEglise a, plus que jamais, ouvert ses bras maternels à ses fils égarés et souffrants, TËglise a prié, FEglise a béni elTEglise a vu, dans ces jours d'orages, ses enfants revenir à elle, se grouper autour d'elle, prêts à la défendre et plus que jamais disposés à écouter son langage de paix, d'amour et de cliarité, le danger était grand cependant, et TEglise n'a pas ^ossenti, il faut le dire, la moindre atteinte, la moindre per- ^^^rbation; c'est que, croyez le bien, (Constance, les sociétés ^^maines peuvent périr, les civilisations les plus avancées Peuvent disparaître devant les barbares, mais l'Eglise subsistera toujours, toujours ou à la tête de$ sociétés, ou debout sur

leurs raines, elle élèvera la croix. L'Eglise, vous le savez, brave-la fureur de ses ennemis, les portes de Teofer ne prévaudront pas contre elle.

Notre Seigneur se prépare à quitter la terre, le ciell-attend, réclame sa présence; il a racheté l'homme, vaincu l'enfer, conquis le Paradis, il est temps qu'il règne avec les élus qu'il a délivrés.

Mais Constat7ce, si notre Sauveur quitte le monde, qui dirigera le troupeau, qui rompera le pain de la parole, qui remettra les péchés?

Après sa glorieuse résurrection le Christ a constitué TEglise.

Tant qu'il vit parmi les homnnes, Jésus pardonne les péchés, annonce la parole, guérit les malades^ chasse les démons; mais cette mission elle doit être continuée, l'humanité rachetée a encore besoin du Christ, et si le Christ lui manque, que deviendra-t-elle ? elle retombera dans la barbarie d'où elle sort, dans l'idolâtrie? Que lui faut-il? l'apostolat, les sacrements, en un mot l'Eglise.

Si le fils de Dieu remonte dans le seia de son père, ce ne sera qu'après avoir assuré le salut de cette humanité, pour laquelle il a versé son sang.

Ainsi, le Rédempteur avant de commencer l'œuvre de Ja rédemption, institue le sacrifice, donne aux âmes leur nourriture ; il sort du tombeau et il se présente au milieu de ses disciples pour leur conférer les grands pouvoirs qu'il tient Je son père, pouvoirs en vertu desquels les apôtres lieront et délieront, enseigneront, guériront les malades, chasseront les démons.

Suivez le récit de l'Evangile... a Jésus vint et se tint au milieu d'eux, et leur dit ; « La paix soit avec vous. y> U constate soigneusement, remarquez-le, son identité, puis il leur dit de nouveau : a La paix sbit avec vous. Comme mon père m'a envoyé, moi je vous envoie. » Et après qu'il eut dit ces paroles, il souffla sur eux et leur dit : « Recevez le Saint-Esprit. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis, et ceux à qui vous les retiendrez, ils seront retenus. )»

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