‹ Causeries du soir; ou, Exposition de la doctrine chrétienneChapitre 202 sur 259 · TROISIÈME PARTIE. — DIXIÈME SOIRÉE. ÀZb · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. — DIXIÈME SOIRÉE. ÀZb

Poursuivez encore et vous allez- trouver la mîssîori spéciale confiée à saint Pierre : « Paissez, mes brebis... paissez,

« mes agneaux. »

Lisez , et vous trouverez ces autres paroles : « Allez dans tout l'univers, prêchez l'Evangile à toute créature. » Et ces autres: « Celui qui crdîra et qui sera baptisé sera sauvé ; et ils imposeront les mains sur les malades et ils seront guéris.» Enfin, ouvrez saint Matthieu et vous allez rencontrer ces au»' très paroles : a Tout pouvoir m'a été donné dans le ciel et sur la terre ; allez donc, enseignez toutes les nations, les bap-» tisant au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit, leur enseignant à garder tout ce que je vous ai confié, et voilà que je suis' avec vous tous les jours jusqu'à la consommation des siècles.»

L'Eglise est donc constituée par le Seigneur lui-même, et il emploie, vousle voyez, les jours qui séparent sa résurrection de son Ascension à celte œuvre dernière, œuvre d'amour et de prévoyance qui se complétera par la descente du Saint-Esprit. Ce vaisseau , jouet des tempêtes de la plus orageuse des mers, que serait-il devenu si son gouvernement n'eut pas été confié à des mains choisies , à des intelligences inspirées par l'Esprit saint. El j'ose vous le demander, quel profit l'humanité eût-elle tiré de la naissance, de la vie, de là mort et de la résurrection du Fils de Dieu s'il n'eut pas établi l'Eglise! Voyez ! au moment du danger les disciples se dispersent, un seul reste au pied de la croix, Jean ; ils se réunissent plustard, mais que font-ils? Ils ferment les portes du Cénacle, à cause àe la crainte que leur inspiraient les Juifs. Tant que le Seig'ïieur n'est pas apparu au milieu d'eux, tant qu'ils n'ont pas ^eçii le Saint-Esprit ils n'agissent pas, ou ils n^agissent que ^^los l'intérêt de leur vie grossière, ils pèchent!... mais tra- "v^îllent-ils à la vigne du Père , au salut du monde ? non , ils ï^'y pensent pas. Eh bien, que notre Seigneur, remontant au a^\ , n'eût pas institué TÉglise les choses en restaient là. 11 ^^^it sans doute racheté l'homme par son précieux sang; il ^^^it délivré les âmes des justes, ouvert la porte du Ciel,

mais cela suffisait-il? Nod« sans doute ; car s'il avait apporté la loi nouvelle, s'il Tarait publiée, cette loi, c était apparemment pour qu^elle fut crue, admise, pratiquée par rhumanité tout entière ; et sans cette mission des apôtres, sans ktir prédication, sans les sacrements, sans FEglise en on mot. où la bonne nouvelle eut*elle été portée ? Oii la foi eut-dle^rmé 1 Où le baptftme eut- il été administré? Sans doute, la croix se serait élevée sur le Golgotba, pour le salut de plusieurs, mab Tœuvre de la rédemption serait restée stérile et incomplète. Les hommes qui se , sont réveillés de leur l<nig assoupissement à la voix des apôtres et de leurs successeurs, n*auraient certes pas quitté leur culte si riant, si facile, leurs plaisirs , leur corruption, leur barbarie, si, d*un bout de Funivers à Tautre, la bonne nouvelle n'avait pas été répanduepar œax-là auxquels il a été dit : Allez et enseigna.

— Je le comprends très-facilement , sans FEglise l'Evangile n'était pas annoncé , et nous en serions encore» vous et moi, aux Dieux cruds des Druides.

— Et cette église contre laquelle on déclame sans cesse, que Ton calomnie tous les jours, voyez ce qu eUe a Mi pour le niondeI...En lui apprenant Dieu et Thomme, elle lui a enseigné presque partout la vie ; car appellerons-noos vie la misérable existence du sauvage. Voyez ce qu*elle a &it par ce qu'elle fait tous les jours sous nos yeux?

-;— Ohl je vous en conjure, ne vous laissez pas aller à rénumération des services rencjus par FEglise à la civilisation. ^— Pardon, je vous ai déjà ennuyé.

— Non, je vous ai arrêté à temps, n'ayez pas de remords. Je dois vous dire que rien n*est plus démontré que la nécessité de Fapostolat. 11 m'eût été bien plus agréable dans ks dispositions actuelles de mon une, de méditer avec vous sur le grand mystère de demain.

— Vous connaissez toutes les circonstances de la résurrection ; vous avez dû remarquer que ces circonstances semblent être toutes combinées de façon à rendre Fauthenticite du fait incontestable.

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