‹ Causeries du soir; ou, Exposition de la doctrine chrétienneChapitre 203 sur 259 · TROISIÈME PARTIE. — DlXIfiME SOIREE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. — DlXIfiME SOIREE

— Oui.

— £t ceci est très-remarquable ; Dieu prend ses précautions, il veut que la foi de rhomme repose «ur des bases solides, inébranlables. Nulle part cette condescendance de Dieu n'est plus formelle quMci.

La résurrection du Christ est un témoignage sans réplique de sa divinité, de la vérité de TEvangiie: aussi les preuves de ce grand miracle sont-belles aussi nombreuses que frappantes.

Je m'arrête promptefnent, car vous me reprocheriez bien vite de douter de votre foi.

Jésus ressuscite glorieux; ce n^est pas ici Lazare sortant du tombeau à la voix de l'auteur de la vie, c'est Tauleur de la vie se ressuscitant lui-même par sa propre vertu, donnant à son corps , naguère si défiguré, une beauté divine , une vie glorieuse et incorruptible, sortant de son tombeau sans y faire aucune ouverture (1), devenant visible et invisible ; c'est bien Jésus-Christ , mais c'est Jésus-Christ vainqueur de la mort ; c'est bien le corps qu'il a pris dans le sein de la vierge Marie, le corps qui a souffert : le côté est ouvert, les pieds et les mains sont percés, mais ce corps est impassible, désormais il ne souffrira plus, il est doué de subtilité, il est en quelque sorte spirituel selon T expression de l'apôtre, il est doué d'agilité et de clarté. Ainsi seront les corps des élus (2) en ressuscitant. « 11 a pris une vie digne de Dieu (3). »

— Que de miracles ! . . .

— Oui , certes , chère Constance , ce jour est « le jour que le Seigneur a fait, célébrons-le dans le transport d'une sainte joie (4). y>

Célébrons-le, non comme les Juifs en immolant l'agneau et en le mangeant avec des laitues amères, mais célébrons^le avec délices et transport, immolons Tagneiiu de Dieu, mangeons sa chair, abreuvons- nous de son sang I...

(i) InHructhttM sur leifétet,

(2) Id.

V3) Saint Paul, Épttre aux Bomains.

(4) Office du jour de Pâques.

— Vous le dirai-je ? Je me demande par quel hearenx priyûége ce ftirent les saintes femmes qui, les premières, connurent la résurrection ?

— Le fait est historique ; il est rapporté par les ÉTangélistes.

— Oui, certes, mais allégue-t*on une raison à ce fait?

— Non, que je sache «c Marie Madeleine et Marie regardaient où on TenseTelissait, dit saint Marc, des aromates furent achetés et dles se disposaient à embaumer le corps du maître quand le sabbat , jour de repos , serait passé ; elles yinrenl donc le premier jour de la- semaine ^ dès Taorore , pour remplir ce pieux devoir, mais le sépulcre était Tîde. »

Les apôtres avaient peur, pas un seul n'avait songé à ensevelir ce corps précieux; ils se tenaient enfermés, les femmes furent plus braves, que ceci ne vous étonne pas encore; Madeleine, vous le savez, avait déjà montré son tendre et respectueux attachement pour le Sauveur, Madeleine n'a pas quitté le pied de la Croix ; pour Madeleine tout n'est pas fini ; elle a encore un devoir à remplir, elle a respecté la loi sabbatique, maisdès que le jour apparaît, elle s'empresse de le remplir, ce devoir. Oh ! je reconnais bien là le dévouement, le ' courage de la femme ; les hommes tremblent, fuient, se cachent; mais Madeleine et l'autre Marie bravent tout danger : le devoir , le dévouement les pressent; voilà, Constance, ce qu*a été, ce que sera la femme chrétienne; nos deux saintes savent qu'elles afiPronteut la mort , que leur importe ; elles ont une seule inquiétude^ elles seront trop faibles, peut-être, pour soulever la pierre qui ferme le sépulcre; admirable inquiétude que celle-là. Oui, voilà la femme, la femme tout entière, elle ne doute pas de son courage, elle en a la conscience, mais elle doute de sa force physique; les écrivains sacrés n'ont rien dit de plus.

— Quoi ! vous ne trouvez que cela ?

— Mais ce n'est pas mal ce me semble, et TOtre rôle est déjà assez beau, assez grand.

— Pourquoi Notre-Seigneur Jésus-Christ n'eut-il pas ré-

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