‹ Causeries du soir; ou, Exposition de la doctrine chrétienneChapitre 204 sur 259 · TROISIÈME PARTIE.-^ DIXIÈME SOIRÉE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE.-^ DIXIÈME SOIRÉE

compensé le courage etie dévouemeot des ss^inies femmes par <;ette insigne faveur. EUes y avaient d^oit sans doule.

— Je voudrais me permettre une réflexion.

— Eh bien?

— S'il est dans la création tout entière un être pour lequd la rédemption ait été complète, certes, c*est la femme. Vous me Pavez trop dit pour que je puisse Toublier. La (îlle d'Eve gémissait dans le monde entier avant la venue du Sauveur^ comme elle gémit encore partout où TÉ vangile n'est pa^laloi, dans Fabjection la plus complète, sous le despotisme le plus brutal. Jésus-Christ a non-seulement sauvé son âme, mais il lui a rendu .encore et la liberté et la dignité perdues Tune et Tautre, il Ta élevée jusqu'à Thomme. Qui^vait plus à gagner que nous au Christianisme? Personne. Si nous avons fait preuve de dévouement, d*amour même; si la présence de la femme était utile au Calvaire, ne me serait-il pas perniis de penser que sa présence à la résurrection était utile aussi. En se révélant à Madeleine, le Seigneur Jésus ne témoigne- t-il pas que le grand anathème prononcé contre la fille de Thomme est en partie anéanti ; ne témoigne-t**il pas que le pardon Im -est accordé, elle portera encore la plus grande partie de la peine , elle sera soumise , mais elle sera respectée , elle sera aimée!... die aura sa place dans l'Eglise, elle aura aussi sa part des grâces du Seigneur.

Et quelle grâce, ami, que celle-ci I Madeleine I mais c'est elle qui annonce la bonne nouvelle ; Madeleine^ oh ! si elle a pleuré auprès du sépulcre vide ce parce qu'ils ont enlevé son Seigneur et qu'elle ne sait où ils Tont mis, » quel a été son bonheur /... le Seigneur lui a parlé, le Seigneur Ta nomn»ée

par son nom, le Seigneur Ta envoyée vers ses disciples... Ohl

^^deleine! heureuse Madeleine!...

— Gardez tant que vous le voudrez celte idée. Oui, certes, i^-^ femme doit une reconnaissance toute spéciale à notre ^^igneur Jésus- Christ, et personne plus que moi ne rend

dommage à toutes les vertus que la femme montre dans le <^^rislianisme. Je veux accepter votre explicatiœi. Remar-

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queat-!femB que la femme cotitiiitie 'vi^4-'Vis de Thamanilé tout entière le rAle de Madeleine, le -rôle de* messagère de la bonne nonvelle ; de quelle bouche la recevons-nous pour la première fois cette bonne nouvelle, sinon de la boucfae de notre mare, quand petit enfant, jouant sur ses genoux, nous écoutons les merTeilles de notre foi qu'elle nous raconte avec une délicieuse simplicité.

Que nous disent ces Toix qui nous viennent de l'Orient , sinon que Tlslamisme tombe devant ces filles si modestes de saint Vincent de Paiïle, appelant à Jésus ressuscité les enfants et les malades. Partout où la femme annonce le christianisme, partout où elle le montre inspirant son dévouement inconnu à rhomme,croyez^e-bien, Constance» elle est encore la bonne messagère. Au lit du mourant, au foyer domestique, partout la parole de la femme est acceptée, quand celte parole n'est pas démentie par Tégoïsme ou la raideur.

— Nous sommes loin de notre sujet, revenons-y, je vous en conjure, je désire bien moins entendre Téloge de la femme, même de votre bouche, ami , que recueillir quelques notions sur l'historique de la fête de Pâques.

— Quelle fête serait plus solennelle que celle-ci ? Quelle fête est plus ancienne ? Elle tire son nom de la Pâques des Juifs, et vous savez qu'en hébreux, Pâques veut dire passage; vous vous rappelez trop bien l'histoire du peuple de Dieu, pour que je vous ramène à la fête instituée par Moïse; vous vous souvenez de Tange exterminateur, de l'Agneau Pascal.

Ce fut pendant les jours consacrés à cette fête, que s*accomplireot à Jérusalem les grands mystères dont nous nous oc> cupons. L'Eglise lui a conservé le nom de Pâques, el dans le fait n'est-ce pas aussi le passage d*une loi à une autre, le passage de la mort à la vie I... le mot Pâques dans la langue chrétienne a été spécialement consacré au jour commémoratif de la résurrection.

Dès lorigine du Christianisme cette fête occupa la première place entre toutes; n'est-elle pas en effet la plus grande?

TROISIÈME' FÂftTlE. «^ONSOÊjtlE SOIRÉE. 441

Le concile de Nioéé a fixé, çn 3â&r le :joui:f(}e ^qftte 9oleti* nilé au premier dimanche après la pleiiie Ijane-de maiiB.

-^ L^Ëglise a consacré trois jourSf dont deux ne sont plus d'obligation, à la fête de Pâques.

— Oui, et dans les temps anciens la semaine tout entière était fériée. ^

L'office de ce jour tous frappera sans doute en ceci, qu'il reporte souvent nos regards vers le baptême ; il faudra vous rappeler que, dans les premiers temps, ce sacrement étaitadministré le samedi saint aux Néophytes, et delà les aliusions fréquentes à leur bonheur, etc., les cérémonies particulières à leur entré^ dans rassemblée des fidèles, que vous retrouvez dans Toffice de ces jours-ci.

L'allégresse des chants , les couleoirs des ornements, les paroles que TEglise répète expriment sa joie ; et comment ne serait-elle pas joyeuse , son divin époux n'a-t-il pas vaincu la mort. Autrefois on se saluait dans, le temps pascal par ces mots : Le Seigneur est vraiment ressuscité ; on courait de grand matin au sépulcre; on s'unissait autant que cela était possible aux saintes femmes qui, dès l'aube, s'étaient rendues au tombeau;

Le temps pascal s'étend jusqu'à la fête de l'Ascension.

— Lucie m'a donné rendez- vous à TEglise de grand matin demain. Je vous quitte, car je n'ai pas termiii^ les bouquets dont elle m'a chargée.

ONZIÈME SOIREE

M. de Kerkoff, assitôt après les fêtes de Pâques, entrait un voyage que la rigueur de l'hiver lui avait fait ajourner. Des intérêt graves l'appelaient dans les environs de Paris; il

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profila de cette circoastaaoe pour voir M. de Cbataigoier. Ce bon vieillard le reçut avec uoe affection toute particulière ; il Feotretiiit à plusieurs reprises des intérêts les plus intimes de sa nièce et spécialement de Franck, qu'il désirait connaître davantage. M. de Monac lui donnait très-rarementde ses nouvelles. Depuis bien des mois aucune lettre ne lui était parvenue de la station des Antilles ; on gardait aussi un sil^ice prolongé au Brésil.

Le père adoptif de Constance» après des démarches et des investigations nombreuses acquit la preuve de Fespèce de complot formé contre elle et il lui fut facile de détruire jusque dans ses dernières racines, le système de calomnie organisé contre sa pupille.

Des raisons très^graves durent lui imposer un silence absolu sur le but de ce voyage qui se prolongea au delà des limites fixées lors de son départ. Il ne rentra chez lui qu^après une absence d'un mois, et il profita du premier jour de liberté pour aller voir Constance.

Sa seconde visite à la Grange eut lien le lundi des Rogations.

— Quelle différence établissez*vous mon vieil ami entre la Pâque et le temps Pascal?

— La Pâque !.. ce sont les jours pendant lesquels les chrétiens accomplissent le devoir Pascal, la commonion prescrite par les commandements de TËglige, c'est-à-dire, du dimanche des Rameaux au dimanche de Quasimodo.

Le temps Pascal comprend Tespace de quarante jours (pii sépare Pâque de TÂscension.

— L'Ascension !.. Le Sauveur ne quitta donc pas la terre immédiatement; oh I je me souviens, il resta encore parmi les hommes pour instituer TEglise, il apparut d'abord aux disciples à Emmaùs, plusieurs fois il se rendit au milieu de Vash semblée des apôtres. Oui, vous avez bien voulu me citer toutes les paroles qu'il fit entendre à leurs oreilles charmées. Il y a déjà bien longtemps que vous m'avez expliqué rétablis* sèment de TEglise vous avez fait une si longue absence !..

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