TROISIÈME PARTIE, -"-DOUZIÈME SOIRÉE. m
racles dont la mémoire se soit conservée parmi les hommes, raconté avec cette simplicité propre aux saintes lettres*
Voyons ce qui s'est passé/ étudions la marche de la sagesse divine. Le Sauveur a accompli TœuTrede la rédemption^ il a constitué TEglise, il a déposé en son sein et la loi et la puissance. Les apôtres ont reçu les clefs , le saint sacrifice est institué» ils ont été t^motn^. L'œuvre du Sauveur est accomplie, et cependant Thumanité rachetée n'est point encore sauvée ; car , encore une fois , si ces hommes qui ont été témoins ne rendent pas témoignage, T humanité ne croira pas ; si ceux auxquels il a été dit : Allez, enseignez, ne vont pas , n'enseignent pas, l'humanité ne connaîtra pas la loi, l'humanité dornaira à l'ombre de ses idoles ; si ces hommes auxquels le pouvoir de lier et de délier ne délient pas, l'humanité ;:achetée mourra dans son péché ; et ces hommes auxquels la grande niission de la conversion de la terre a été donnée, que foQt-ils? La foi ne leur manque pas, ils ont vu le Seigneur Jésus ressuscité, ils ont assisté à son ascension, et, renfermés dans une prudente retraite, ils prient. La vertu du Saint- Esprit n'est pas encore venue sur eux ; rnais à peine est^l descendu en eux, que ces hommes grossiers, timides, abandonnent cette retraite, rompent ce silence, et les voilà parlant au Juif et à TArabe, annonçant la résurrection et la bonne nouvelle, arrachant le bandeau qui couvre les-yeux des incrédules , convertissant à la foi de la Croix ceux-là qui , cmquante-trois jours auparavant, relevaient au Calvaire chargée de celui qu'ils proclament, avec Pierre et les onze disciples fidèles, le fils de Dieu. Et Pierre, qui a renié ce même Dieu, annonce avec une énergie admirable sa divinité, Pierre, qui , après la résurrection, avait repris ses filets, Pierre guérit les malades, brave la colère des prêtres, et la prison, et les supplices.
Que s'est-il passé? Le Saint-Esprit est descendu sur les apôtres et il leur a communiqué la force qui leur manquait, la science, la persuasion, le don des miracles; les voilà transformés en hommes nouveaux, ils évangélisent, et l'on croit ; Jls
4e0 CAUSERIES DU SOIR.
Tont se partager h terrct et du nord au midi, de Test à Vouest» la foi eu la Sainte-Trinité se répandra, la charité embrasera les cœurs ; car le Saint-Esprit n'est-il pas cbarité par excellence? n*est-il pas Tamour mutuel du Père et du Fils?
Les trois personnes de la Sainte-Trinité s'unissent donc pour sanctifier Thomme, pour Tamener, Tattirer à elles.
Ne croyez pas, Constance, xjue l'Esprit divin reste indifférent au sort de Thumanité. Non, certes. Il se communique à elle et il joue un rôle immense dans notre salut.
A notre baptême» il descend en nous ; à notre confirmation , il se donne à nous avec la plénitude de ses grâces. Vous TOUS souvenez de ce que nous avons dit à ce sujet ?
— Oui.
— N'est-ce pas au Saint-Esprit que nous devons la foi, cette pierre angulaire de tout notre être moral? N'est-ce pas lui qui nous instruit des mystères de la parole divine ? n'est-ce pas lui qui nous inspire, alors que nous choisissons le bien et gue nous repoussons le mal ? n*est-ce pas lui qui nous communique la force pour réaliser le bien que nous avons préféré ? n'est-ce pas lui qui, semblable à un lutteur infatigable, combat sans relâche dans notre âme les incessants efforts de la concupiscence? n'est-ce pas par lui que nous restons vainqueurs de la chair ? L'Esprit-Saint, l'Eglise se trompe-t-elle quand elle l'appelle consolateur? oh! non, mon enfant; si, dans la tristesse de votre âme, dans les douleurs de votre cœur, vous avez ressenti un peu de relâche, n^en doutez^ pas, ce sentiment indéfinissable, ce je ne sais quoi mystérieux qui nous a arrachés à la souffrance, vous le devez au divin Esprit, car c'est lui qui vient, plein de dquceur et de bonté, visiter les affligés et alléger leurs angoisses. Quand Tamour céleste se manifeste en vous, quand vous brûlez de la charité divine, ces saintes ardeurs, croyez-le, viennenjt encore du Saint-Esprit ; croyezle bien encore, quand, caressant votre petit enfant, le tenant tendrement sur vos genoux, vous lui adressiez les premiers mots de la science de Dieu, quand, joignant ses petites mains, vous habituiez ses lèvres à redire la prière des petits enfimts,