TROISIÈME PARTIE. *- DOUZIÈME SOIRÉE
Saint-Esprit procède au Père. Le Saint-Esprit est l'esprit commun du Père et du Fils. Le Saint-Esprit prend du Fils el le Fils l'envoie comme le Père. Taisez-vous , raisonneurs humains.... c'est un secret réservé à la vision bienheureuse (I).»
— Quand l'Eglise a-t-elle établi une fête spéciale en F honneur de la Sainte-Trinité ?
— Définitivement au quatorzième siècle sous le pontificat de Jean XXU. Avant cette époque cette dévotion était déjà très-répandue, mais la solennité ne fut fixée au dimanche d'après la Pentecôte, à Rome et pour toute l'Eglise, que par le souverain pontife que je viens de vous indiquer.
La vie du chrétien ne devrait- elle pas être, Constance, une hymne constante d'actions de grâces , de louanges envers la Sainte -Trinité? Dès notre baptême ne se manifeste-t-elle pas à nous ? au nom de qui entrons-nous dans la société des saints, sinon au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit? ne devrions-nous pas, suivant les pieux conseils de l'Eglise, corn* mencer toutes nos .actions au nom du Père, du Fils et du SaintrEsprit ? Que de fois nous prononçons sans foi , sans attention cette formule sainte qui est comme l'abrégé de notre religion : GUfire au Père^ on Fil$ et au Saint-Esprit I que de fois, n'est-ce pas, obéissons -nous à une habitude contractée depuis le berceau, mais sans respect, mais sans confiance, mais sans réflexions, mais par pure routine , en traçant sur nous-mâme le signe-sacré de notre rédemption, en prononçant simplement de bouche, l'abrégé de notre symbole chrétien , au nom du Pire, du Fils et du Saint-Esprit? An nom de qui le sang des martyrs a-t-il coulé, sinon au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit? Au nom de- qui enseignent de nos jourç les glorieux suceessears des apôtres, sinon au nom du Père , du Fils et du Saint-Esprit ? Au nom de qui TEglise nous bénit-elle en toute occasion, sinon, au nom du Père, du Fils et du Saint-^Esprit ?
(1) ]9088uet, cinquième élévation.
Répétons sans cesse, Constance « cette trilogie consacrée : Gloire au Père» gloire au Fils, gloire au Saint-Esprit comme il était au commencement, à présent et dans les siècles des siècles! Chantons sans cesse les louanges de la Trinité sainte dans le temps, pour qu'il nous soit donné de la comprendre dans Tétemité.
TREIZIÈME SOIREE
Madame de Monac attendait avec un trouble extrême des nouvelles du Brésil ; parfois elle acceptait Tempérance, plus souvent encore elle la repoussait ; elle priait et elle priait beaiicoup, et dans la prière seulement elle trouvait un peu de soulagement à sa justes douleur. Marthe s*unissait à elle; Franck lui-même joignait sa voix à celle de sa sœur et appre* nait dès le début de la vie à partager la souffrance, alors quMl comprenait à peine la cause des larmes de sa mère. M. de Fouville, convaincu de la sincérité du chagrin de cette jeune femme qu'il avait aimée à son berceau, sur laquelle il avait veillé sans cesse, qu^il considérait dans le cercle de ses afiections comme un être tout à part, ne la quittait plus. Seulement, quand il jugeait sa présence inopportune, il prétextait une affaire et il s'éloignait pour revenir. Franck s'attachait à cet homme si bon, si dévoué, si simple. Comment les soins du brave officier n'auraient-ils pas inspiré une reconnaissance extrême à Tenfant auquel ils étaient consacrés ? Il s'associait à ses jeux ; un petit cheval né aux îles et dressé par lui rendait Franck le plus fortuné des mortels ; il suivait les longues promenades de M. de Fouville dans les bois, sur les bords de la mer ; il profita si bien des leçons d'équitalion qu'il recevait, que son adresse et sa bonne grâce étonnaient tout le voirâiage ;