TROISIÈME ^PARTIE. — TREIZIÈME SOIRÉE
noble que les expressions de l'Ange, que celles dç «aîate Elisabeth... Connaissez-vous une demande plus coïDplète que ceUe par laquelle se termine F Ave Mariai Sainte Marie, m^e de Dieu,, priez pour nous pauvres pécheurs maintenant et à Pheure de notre mort. Ainsi soit-il.
Ces deux prières, chère Constance, que vous connaissez depuis votre berceau comme vous le disiez à l'instant, me semblent le fond de Voraison chrétienne.
— Vous condamnez donc toutes les autres î
— Dieu m'en garde! Je vous citerais àes milliers d'oraisons admirables que je respecte, et dont je voudrais pouvoir me servir avec une vraie piété. Quoi de plus beau que les psaumes, que les cantiques de FEcriture? quoi de p]us admirable que les prophéties?... Les saints nous ont laissé d'inimitables chants, d'inimitables accents de pénitence. Si, à l'instant, je m'élevais contre toutes ces formules que les femmes placent trop souvent en première ligne, dont elles font leur religion pour ainsi dire, n'allez pas croire que j'ose me permettre de ne pas respecter ces belles oraisons que F Eglise propose à notre piété et dans les dangers et dans les tentations. Noo, certes, ma pensée n'est pas de vous éloigner de ce$ pieuses pratiques; mais, chère amie., le chrétien cesserait d'être chrétien s'il se confondait avec l'Hindou, dont le mysticisme n'est qu'une longue et somnolente pratique des formules (1).
Ce que j'ai prétendu simplement rappeler à votre attention, ce sont ces deux prières que nous rejetons .au nombre des vieilleries, et que rien ne surpassera, que rien n'égalera. J'ai voulu blâmer le formalisme d'une foule de femmes qui transforment notre sublime religion en une petite chose sans nom , aussi petite, aussi mesquine que leur esprit, jqui finiraient, en vérité, par réduire l'œuvre de Jésus-Christ à un fétichisme absurde, aussi indîgpe de Dieu que del'homn^e.
Répétez avec l'Eglise les psaumes, les cantiques, les antiennes par lesquels elle honore, elle supplie, elle loue, elle remer-
( I) Voir le Mysticisme catholique de M. l'dbbé ChASS-.y.
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ûe son divin Epoux ; répétez les accents des saints ; cherchez à rendre leur langage, votre propre langage, vous ne pouvez mieux faire que de les imiter en tout; mais ne vous préoccupez pas outre mesure de la prétendue convenance de tos paroles, de vos prières. Revenez au Patef^ à VAve, Maria*
— Mais il est des prières que Ton ne peut ignorer, des prières spéciales.
-p- Oui, le Credo^ par exemple, parce qu'il contient notre profession de foi.
L'Eglise a consacré l'emploi de certains psaumes à des circonstances données, mais vous savez tout cela. Vous savez parfaitement que nous récitons le De profundis pour les défunts, le Miserere pour appeler la miséricorde de Dieu sur nous, que nous invoquons le Saint-Esprit par le Venij $ancte Spiritus, la Sainte-Trinité par le Gloria Patri^ etc.
Il est bien d'autres choses que vous ignorez peut-être, et qui, si elles ne sont pas essentielles, méritent cependant d'être connues des chrétiens.
— Quoi donc?
*— Une foule de détails, d'usages, d'ornements, de cérémonies, qui vous paraissent ou ipdiSérents ou puérils, et qui, mieux apprécias de vous, mériteraient vos respects. >
L'eau bénite, par exemple; et j'en parle parce que, comme . tout le monde, en entrant dans nos temples, vous en usez pour faire le signe de la croix, et que peut-être vous n'agissez que par routine ?
— Eh bien, sans doute, je fais le signe de la croix et j'ai un bénitier ; c'est l'usage^ tout le monde en a des bénitiers : le mien est très-joli. C'est un présent de D. Manuel.
— Pourquoi faites-vous ce signe de croix ?
— Mais, encore une fois, parce que c'est l'usage, comme de saluer quand on entre dans une chambre.
— Ah! vraiment? l'eau bénite, chère amie, est considérée par l'Église d'une manière un peu plus sérieuse; ses effets sont de chasser les démons, de servir à la guérison des malades, de nous attirer le secours de Dieu, et de servira effacer