TROISÈME PARTIE. — TREIZIÈME SOIRÉE
les péchés véniels. Vous devez donc la prendre avec respect; Tusage de l'aspersion avant la messe est très-ancien.
Le signe de la croix est, comme voh^ le savez, le signe par excellence du chrétien ; oh ! que de choses dans un signe de croix! quelle belle et granila profession de foii
— Dites-moi un mot des ornements.
— Tous sont significatifs, et ils varient suivant les ordres.; Le prêtre s'avançant vers l'autel porte Tamict, Faube, lerdngulon, le manipule, Télole et la chasuble.
L'amict est le voile blanc que le prêtre paSse sur sa tête et dont il a lesépaules couvertes; c'est un 'signe de modestie. Vous connaissez l'aube, elle est le symbole de la pureté; le . cingulon retient l'aube, il rappelle les liens dont Notre- Seigneur fut chargé. Le manipule est cet ornement que le prêtre porte au bras gaudie. Dans le principe c'était un mouchoir destiné à essuyer les larmes et la sueur ; il rappelle le travail et la souffrance. L'étole est le symbole de la dignité , sacerdotale et de la puissance. La chasuble n'est autre chose que la représentation d'un long manteau rond et large, dont, autrefois tout le monde faisait usage ; elle signifie la charité. . Le diacre porte l'étole placée sur l'épaule gauche. La dalmatique est aussi un vêtement ancien que- le sous-diacre
revêt.
Les ornements de l'évêque sont : la chaussure, la croix * pectorale, la petite tunique, la dalmatique, les gants, l'anneau, la mitre, la crosse et le grémiai, le palHum pour les archçvêques. L'Eglise a donnéàPévêque une chaussure particulière en signe de distinction ; c'est encore" un souvenir de l'antiquité romaine. La croix est aussi un souvenir de l'antiquité. Les gants sont un symbole de pureté; l'anneau le signe de l'alliance que l'évêque contracte avec son église. La mitre, qui remonte jusqu'à l'ancienne loi, exprime la royauté du sacerdoce ; les deux bandes qui retombent marquent l'ancien et le nouveau testament. La crosse, n'est-ce pas la houlette du berger, du bon pasteur, le vrai sceptre de l'évêque? Le pallîum est un ornement, tissu de laine d'agneau blanc, et mar-
que de petites croix noires qui signifient la charité et VioDocence.
— Quand il officie, Tévêque est entouré de nombreui ministres?
— Oui, sans doute : n'est-il pas juste, que le successeur des ap6tres, le pasteur des pasteurs^ soit distingué des simples prêtres ? J'aurais encore bien d'autres raisons à tous donner de cette pompe, mais elles nous entraîneraient dans un interminable colloque, et la lune se lève»
— Pourquoi les ornements changent-ils de couleur ?
— Pour nous mieux faire entrer dans les dispositions distinctives des fêtes : le blanc, couleur par excellence de la Vierge, rappelle Tinnocence ; le rouge, la charité et le martyre; le violet, la pénitence ; c'est la couleur de l'Aveut et du Carême ; le noir, la mort ; le vert, la patience et la foi.
— Vous vous fatiguez ; encore un mot cependant sur les . vases sacrés?
— ^^ £h bien, ce sont le calice, la patène : on les appelle sacrés parce qu'ils ont reçu une consécration particulière. On ne'^peut, vous le savez, y toucher sans une permission spéciale.
— Mais les burettes ?
— Les burettes, non plus que la croix, les encensoirs, etc. , ne sont pas des vases sacrés.
Vous savez que les laïques ne doivent pas toucher aux linges, tels que les purificatoires, lecorporal, sans permission.
— Qu'est-ce que la pierre sacrée?
— Les saints mystères se célébraient sur les tombeaux de> martyrs; et pour conserver la mémoire de ce pieux usage, dans les tables des autels sont incrustées des pierres consacrées par
■ Tévêque, dans lesquelles] sont enchâsséesdes reliques. On ik peut loucher à ces pierres, qui, à bien dire, sont Fautel. i — Je n'ose pousser mes questions plus loin ; passez-m\n encore une : pourquoi l'Eglise emploie-t-elle le latin dans ses offices?.
-7- 1 o Pour conserver l'unité de la foi; les langues vivantes.