‹ Causeries du soir; ou, Exposition de la doctrine chrétienneChapitre 221 sur 259 · TROISIÈME PARTIE, — QUATORZIÈME SOIRÉE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE, — QUATORZIÈME SOIRÉE

changeant continuellement, entraîneraient bientôt des alféralions dans la liturgie et dans les formules des sacrements ; 2» pour conserver la catholicité de la foi, et afin que nnli part nous ne soyons étrangers le^ uns aux autres; 3^ pour rendre nos mystères plus respectables (1).

Le chant remonte à saint Ambroise, en Occident, et surtout à saint Grégoire.

Ne croyez pas que TEglise admette arbitrairement ce qui a trait au culte; chaque chose a sa raison. Ainsi les cierges rappellent les lampes d'or et le chandelier de l'ancienne loi et les catacombes i le pain bénit est un* souvenir des saintes agapes. La forme des édifices même est symbolique dans toute la période du moyen âge, époque où Tarchitecture s'est surtout inspirée de l'esprit religieux.

L'heure s'avance, chère amie, on sera inquiet à KerkoflP ; je n'ai pu dans une demi-heure vous donner l'explication de toutes ces cérémonies, de tous ces usages de notre Eglise catholique, mais vous compléterez ces notions par quelque bonne lecture qui vous intéressera infiniment. Bonsoir.

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QUATORZIÈME SOIRÉE

Que vous est-il donc arrivé, Constance? depuis dix jours vous êtQS absente, et pas un mot de vous n'e?t venu nous rassurer. Ici, dans votre maison, personne ne nous a indiqué le lieu de votre retraite?

— Rassurez-vous d'abord.; me voici ; puis je vais vous faire ma confidence, 11 y a dix jours, j'allai, par hasard, à

(1) Voir le Catéchisme de persévérance de M. Tabbé Gaume, chanoine ^e Nevers, auquel nous avons beaucoup emprunté. Nous recommandons la lecture de cet excellent livre.

quelques lieues d'ici, voir inademoiselle de Saint- Valentin. E le venait de remplir un bien triste devoir: son frère, officier de marine, se mourait à Brest ; elle était accourue auprès de lui, et lapauvre femme, à son arrivée, l'a trouvé sans espoir, et bientôt il a rendu le dernier soupir. Le malheureux a rejeté, jusqu*à la fin, toute pensée chrétienne, tout secours religieux; elle Ta vu expirer dans un transport presque furieux, la repoussant elle-même. Il est vrai que déjà la fièvre jaune avait dérangé son cerveau à peu de distance des Antilles, et qu^ii n'a jamais recouvré sa raison depuis cette affreuse maladie, à laquelle une autre a succédé. Adolphe était un homme bon, à Tesprit droit, au coeur pur ; Joanna espérait au moins qu'à la mort il se rappellerait les leçons de leur mère. Joanna est chrétienne, et sa douleur est des plus profondes. Elle passait à *^****y et m'en donnait avis. Je n'avais pas de teiofips à perdre: je me fis conduire, avec Marthe, jusqu au bateau. Je renvoyai ma voiture, comptant bien revenir le lendemain par la même voie.

Que trouvai-je, grand Dieu! une femme au désespoir, malade. 0 mon vieil ami! quelle mort que celle d* Adolphe! quel récit que celui-là fait par Joanna I... Comme j'étais impuissante pour calmer cette douleur qui se faisait jour pour la première fois!... Mais, sij*étais annihilée par ce désespoir, soigner cette femme, autrefois mon amie, n'était point audessus de mes forces, je me suis dévouée à elle. Au bout de i deux jours, je l'ai vue revenir à un état meilleur, j'ai vu le désespoir se calmer ; et comme Joanna est libre, je l'ai entraînée avec moi au couvent de ***^ où je ne doutais pas que les bonnes paroles de mon bon i/L Lange, les bons soins de la sœur Eulalie, la bonne odeur de sainteté que Ton respire en cette maison que Lucie m'a appris à aimer, ne rendissent un peu de courage à cette pauvre femme. Je vous écrivis un mot qu'une tourière a naïvement oublié; et, fort tranquille vis-à-vis de moi-même, je me déterminai à commencer une retraite avec Joanna. Elle m'a quitté hierl Une lettre la rappelle à Paris ; elle n'a pu même venir ici, une nouvelle

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