TROISIÈME PARTIE. — QUINZIÈME SOIRÉE. »i
cbesy les étendant smr elle, la couvrant tout entière, cette pure et ravissante créature de ce bouclier impénétrable; ohf €omnie je le remerciais, comme je lui. demandais de veiller sur celles dont la garde lui avait été donnée!
Ne condamnez pas, je vous en conjure, cet enfantillage. Ehl vous, mon Dieu! vous le savez, j'étais bien peu chrétienne alors, et je ne sais quel instinct de poésie mMnspirait pour votre saint ange une prière que je n'avais pas toujours pour vous. Mon âme s'épanouissait souvent à cette pensée des anges; j'espérais,, petit enfant, quMls me visiteraient dans mon sommeil. Je ne vous dirai pas tout; la lecture de quelques livres m'avait donné des idées assez fausses sur leurs fonctions, et, jeune fille, je priais Tange des saintes amours.
Par grand bonheur» le christianisme est devenu pour moi i)îen autre chose qu'une poésie, et j'ai pris des anges une idée plus juste et plus vraie. Oui, je bénis Dieu qui a donné à l'homme son ange pour le conduire; qui dans les saints du Ciel, lui donne encore des patrons et des défenseurs. Que j'aime à penser à l'échelle mystérieuse de Jacob ! Que j'aime à croire que mon bon ange porte lui*mème à Dieu, le vœu qu'il inspira peut-être à mon cœur. Que j^aime aussi à croire que cette sainte, que vous m'avez donnée pour protectrice, que je ' connais si peu, dont je lirai la vie demain, que j'invoquerai tout à l'heure avec ardeur et pour la première fois peut-être, sera mon secours dans la peine et mon appui près de Dieu I
Maintenant, pardpn, car il faut vx>us l'avouer, j'ai été femme ce soir, je vous ai fait des questions uniquement pour -vous en faire. Adieu ; mes chevaux doivent attendre depuis longtemps; il est très-tard. Je vous quitte.
SEIZIÈME SOIRÉE
— Enfin le sort de Frank est fixé, chère Constance, M. Du Chêne vient àe me donner sa parole; il accepte toutes les conditions que je lui ai proposées, il se dévoue et à cet enfent et
avons.
— Oh ! je vous remercie de tout mon cœtir ! encore un service à ajouter à tant d'autres, je ne sais plus les compter. Il faut l'avouer, mon vieil ami , la Providence veille visiblement sur moi, et elle ^ous a choisi pour son instrument.
Quel chàn gement en moi ! quel calme j'éprouve ! comme tout s'arrange! comme vous avez bien fait de me rendre chrétienne !... Je ne sois point encore ce que je devrais être ; par sa froideur mon âme répond peu aux grâces que Dieu m'accorde, et cependant ma foi est complète, j'admire la su- * blime grandeur de la religion que vous m'avez appris à connaître. Plus je descends dans mon cœur, plus je ^ens que si je n y trouve pas le bonheur tel que je le cherchai longtemps, aii moins la paix y règne ; j'ai supporté de bien grandes douleurs , et elles ne m'ont point abattuej en soumettant ma volonté à la marche de* la Providence, je goûte une consolation dont j'ignorais la douceur; la vie m'apparaît comme une voie douloureuse vers un but certain ; chaque soufirance me rapproche de cette joie infinie à laquelle j'aspire avec confiance, vers laquelle je marche par chaque victoire remportée sur moi-même, et j'en ai remporté, car j'ai combattu, j'ai brisé bien des liens dangereux, j'ai banni bien des ressentiments» bien des haines, de ce cœur qui souvent et bien souvent se soulevait presque furieux ; j'ai oublié bien des ingratitudes, pardonné bien des injures. Eh bien, j'ai trouvé plus que je