‹ Causeries du soir; ou, Exposition de la doctrine chrétienneChapitre 24 sur 259 · PREMIÈRE PARTIE. — SIXIÈME SOIRÉE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — SIXIÈME SOIRÉE

ouvriers n'ont pas le moindre secours à attendre des hospices toujours très- éloignés d'eux, ainsi que les médecins; naturellement. Dieu Teuille qu'il en soit toujours ainsi, c'est au château ou au presbytère qu'ils vont frapper quand ils sont pressés par le besoin, nous leur devons aide et protection. Lucie a sa petite pharmacie, elle sait panser une plaie, poser un premier appareil, et elle rend de nombreux services à ces pauvres gens.

— Cela ne la dégoûte pas?

— Peut-être bien un peu, mais elle voit là un devoir charitable à remplir, et pour elle il se change en plaisir.

£Jle sait que Dieu l'en récompensera, puis ce pauvre ouvrier sera soulagé, et il la bénira. Dieu a placé le devoir à tous les points de l'existence de l'humanité, il a donné aux riches le leur, comme aux pauvres le leur. Je reviendrai souvent sur ce chapitre ; ce soir, je veux vous entretenir d'autre chose, s'il vous plaît ; je veux vous parler des lois que Dieu donna à Moïse et qui sont la base de toutes les législations : les dix commandements.

Je veux vous dire cette grande loi dans la simplicité de la Bible : Voici donc les paroles de Dieu .

« Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t'ai tiré de la terre « d'Egypte, la maison de servitude.

«Tu n'auras point d'autres dieux devant ma face.

<i Tu ne feras point d'idole taillée, ni aucune image de ce qui est en haut dans le ciel, ni de ce qui est en bas sur la terre.

« Tu ne les adoreras pas et ne les serviras point, car je suis le Seigneur ton Dieu, le Dieu fort, le Dieu jaloux, recherchant riniquité des pères sur les enfants en la troisième et la quatrième génération, l'iniquité de ceux qui me haïssent.

<c Et faisant miséricorde mille fois à ceux qui m'aiment et gardent mes commandements.

ce Tu ne prendras point le nom du Seigneur ton Dieu en vain, car le Seigneur ne regardera pas comme innocent celui qui aura pris en vain le nom du Seigneur son Dieu. <K Souviens-toi de sanctifier le jour du sabbat.

a Tu travailleras six jours et tu feras tout ce que tu dois

faire. '

« Et leseptième» jour du Seigneur ton Dieu, tu ne feras aucune œuvre, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni , ta servante, ni ton chameau, ni Tétrangcr qui est chez toi.

« Car le Seigneur fit en six jours le ciel, la terre et la mer, et tout ce qui est en eux; il se reposa le septième jour et le sanctifia.

« Honore ton père et ta mère, afin que tes jours soient longs sur la terre que le Seigneur ton Dieu te donnera.

« Tu ne tueras point.

« Tu ne seras point adultère.

« Tu ne déroberas point.

tt Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain.

«Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain, tu ne désireras pas sa femme, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âoe, ni rien de ce qui est à lui.»

Voilà, ma chère amie, toute la loi ancienne, non toute la loi des Hébreux, mais le Décalogue, la loi par excellence, loi qui nous régit encore.

Voilà les commandements de Dieu.

— Oui, certes, et j'espère que vous ne supposerez pas avoir le mérite de me les apprendre. 11 y a vingt ans que je les récite tous les jours.

— Je n*en doute pas, ma chère amie, et je crois même que vous les observez, mais je ne sais pas si vous vous êtes donné la peine de voir tout ce qu'ils présentent de sublimes beautés:

En face de ce peuple qu'il s'est choisi. Dieu rappelle tous ses titres : a Je suis le Seigneur ton Dieu qui t'ai tiré d'Egypte. »

Voilà son droit. Il est Dieu, il est Seigneur. A ce peuple vivant au milieu des peuples idolâtrés, il prescrit le premier de tous les devoirs, la base de toute croyance, la connaissance d'un Dieu, d'un Dieu unique, d'un Dieu souverain, d'un Dieu miséricordieux et bon, mais juste et terrible dan s ses jugements.

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