TROISIÈME PARTIE. — SEIZIÈME SOIRÉE
— Nous y voici. Encore un peu de cetle attention dont j'abuse.
La vie religieuse, chère Constance, est utile à Findividu, à la société.
— Voyons expliquez-vous clairement?
— Je vous préviens que cette explication sei'a un peu longue; Theure s'avance, et qous sommes loin de la Nativité de la^ Vierge, point de départ de cette digression.
— Eh 1 mon Dieu, oui 1 la rosée est bien abondante, et je crains que votre retour ne soit pénible. Eh bien I à un autre jour votre explication de la vie cénobitique.
Oites-moi vite l'histoire de la fête de demain.
— Vous savez combien est complet le silence que TEcriture garde sur Marie : son enfance nous estjcachée comme sa vie ^ nous n'avons donc que des détails très-incomplets sur sa famille et sur son enfance. L'Eglise, vous Tavez compris déjà, ne laisse pas passer ce jour sans appeler la dévotion des iidèles sur le grand mystère de cette bienheureuse naissance.
A Rome, longtemps avant Sorgius F, oncélébrait cette commémoration ; en France, elle n'a été étab lie qu'à la fin du h uitième siècle.
Demain, dcHic, vous conduirez la veuve de Luber et sa fille à la retraite que vous avez choisie pour elles. Bon voyage, chère amie. Envoyez vos enfants à Kerkoff, nous les garderons avec grand soiq. Vous faites une œuvre digne de la mère des affligés. Ohl continuez, ma chère enfant, continuez cette vie si pleine de bonnes œuvres, si digne de votre belle naturel soyez ici Tappui de ceux qui souffrent, et Dieu vous rendra au centuple ce que vous faites pour Tamour de lui.
Adieu 1 — Adieu 1
SSS CAUKRISS DU 80IB.
DIX-SEPTIÈME SOIRÉE
Votre absence a été biea longue, obère amie; dous comptions sur quelques jours d'éloignement, et les semaines se sont succédé 1 Que vous est-il arrivé ?
— RiendeCâcheux^je puis tous Taffirmer. Je savais mes enfants en sûreté puisqu'ils étaient sous votre toit. Marfbe gagnait beaucoup en passant de mes mains dans celles de Lucie et de Louise. J^étais certaine que l'éducation de mon fils commencerait sous les auspices les plus iavorables à Kerkofi. Il m*a semblé que M. Du Chêne s'entendrait mieux avec vous qu'avec moi ; à vous deux, en effet, vous avez arrêté tous les plans, tous les programmes de cette éducation, et j'ai bien fût ce que j'ai fait.
Quelle douce chose que ce retour ! comme Marthe a été rendre et louchante! comme son frère a été expansifl... Et vous tous, mes bons amis, comme vous m'aves bien re(ue ! Si Fabsence est dure et amère, le retour est bien doux!
— Soit ; mais ne prenez pas trop de goût à cette douceurlà ! On se passe mal de vous ici; J*ai att^u touç les jours votre retour !
Mais, voyons, racontez<*moi votre Odyssée?
— Ce que j*ai fait^ ce que j*ai vu, ce que j'ai pensé?
J'ai conduit la veuve et la fille de Luber au refuge des ^\
— Je le sais.
— Cette maison , au premier abord, m^a glacée. Que de hontes renfermées dans ces murs!... Après avoir vu la supérieure, terminé les arrangements relatifs à ces deux pauvres femmes, fuir de là me semblait un bonheur ! Je me hâtaî^.