‹ Causeries du soir; ou, Exposition de la doctrine chrétienneChapitre 29 sur 259 · PREMIÈRE PARTIE. — SEPTIÈME SOIRÉE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — SEPTIÈME SOIRÉE

condamné rhomme quMi lui fit des promesses, et ces promesses lui donnaient un admirable motif d'espérance.

Cette parole de Dieu, c'est encore la raison de notre espérance. A Adam il prédisait le rédempteur, au chrétien ij promet les conséquences de la Rédemption, à la fin de Tépreuve, 'la récompense; pendant l'épreuve, les forces nécessaires pour la soutenir.

Gomment croire et ne pas espérer ? Déjà la récompense de la foi semble être dans l'espérance. Ainsi, dès le début, le Dieu miséricordieux tend la main au condamné, il le frappe elle console ; le Rédempteur vient et toute sa tâche, pour ainsi dire, est de nous faire espérer ; il souffre, mais c'est pour nous ouvrir la porte du ciel ; dès que nous croyons en lui nous ne pouvons plus nous livrer au désespoir.

Est-il une doctrine, dites-moi, convenant mieux à Thomme que celle-là? Lisez dans son cœur, et tant qu'il bat, tant qu'il conserve un peu de vie, dites n'espère-t-il pas? Quelque grand que soit son malheur, n'attend-il pas le soulagement du lendemain? Otez-lui celte foi en l'avenir, que devient-il? Il tombe dans la dernière extrémité de son être, dans le désespoir, il invoque ce qui lui est le plus incompatible, la mort ; et dans cette mort que souvent, hélas ! il appelle, qu'il se donne, le malheureux ! il y a encore une pensée d'avenir; il marche par elle vers un monde meilleur ; ou , d'autres fois, bannissant même cette consolante idée, il se réfugie dans les ténèbres d'un sommeil sans réveil; oh! c'est qu'alors rien ne vil plus dans l'âme. L'incrédulité (et Je prends ce mol dans son expression la plus absolue) a détruit toutes les fibres, a oblitéré tous les sens, pour ainsi dire, de cette pauvre âme qui se nie elle-même en niant sa spiritualité. Le désespoir est la mort de Tâme humaine comme l'espérance en est la vie.

Au point de vue chrétien, ce précepte se présente de la manière la plus consolante ; cette loi est d'une douceur admirable, et elle mérite ajuste titre le nom de divine.

Là, sur celte terre où il gémit enchaîné, sujet à tant de maux, qu'il ne peut ni les compter, ni les prévoir, l'homme

sait par la foi, et sait, d'une manière indubitable, formelle, qu il est racheté. Jésus-Christ a soufiert pour lui; le bonheur de la vie éternelle » c'est-à-dire le bonheur suprême lui est acquis, s^il le veut. Il a reçu son pardon, il ne lui reste qu'à mériter la grâce de Dieu, qu à ne pas transgresser une loi si douce, que l'un de ses premiers préceptes est justement cette espérance dont il a tant besoin, cette espérance, loi de sa nature; mais ce n'est pas tout, non-seulement il sait que son Rédempteur a souffert pour lui, mais encore il sait, il doit espérer que tout ce qu'il souffre, lui sera compté y il doit espérer que ses douleurs seront les fleurons de la couronne future; plus il répand de krmes, plus il aura de joies; la douleur n'est plus un mal au point de vue de l'espérance; bien plus, s'il tombe dans- sa route, affaissé sous le fardeau si lourd de ses passions, qu'il espère, si le repentir s'allume dans son cœur, Dieu lui pardonnera. E^t-il une pensée plus consolante pour notre faiblesse? Par la foi, le coupable sait encore qu'au moyen des mérites du Rédempteur, mérites infinis, il trouvera de la force dans les tentations qui l'assiègent; que jamais Tespérance ne le quitte, que jamais il n'écoute le sombré désespoir ; son âme doit vivre dans et par l'espérance ; il a les promesses de Dieu, il a l'essence de Dieu pour lui« il a Dieu tout entier ; mais aussi qu'il n'abuse pas de ce sentiment qu'il ne se trompe pas lui même, et il en serait ainsi s'il supposait que son espérance se réalisera, que son espérance est suivant le précepte, si, se fondant sur elle seule, il ne se mettait pas en devoir d'expier ses fautes et de rentrer en grâce avec Dieu irrité.

Acceptez donc l'espérance, vous qui voulez du bonheur, et dites-moi si vous connaissez quoi que ce soit qui aille mieux à votre cœur que cette divine loi. Le chrétien, vraiment chrétien, qui espérerait assez ne connaîtrait pas le malheur.

Je pourrais m'arrêter ici et vous dire : j'ai accompli ma promesse, car je vous ai donné le bonheur en vous indiquant l'espérance. El que de choses n'ai-je pas à vous exposer encore.

Voyez ceci, la vie de l'homme tiut entière a un motif d'es-

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