‹ Causeries du soir; ou, Exposition de la doctrine chrétienneChapitre 33 sur 259 · PREMIÈRE PARTIE — HUITIÈME SOIRÉE. S · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE — HUITIÈME SOIRÉE. S

Quoique votre dessin soit très-riche et très-yarié, vous tirez bien plus Taiguille que vous ne pensez, et votre bras se fatigue pendant que votre esprit voyage ou se repose. Donc votre tapisserie. . .

— Vous m'ennuyez! et votre donc est un sot!... Mais les esclaves faisaient la cuisine, et je ne vois pas que l'on fasse plus mauvaise chère chez vous le dimanche qu*un autre jour?

— L'Eglise, tout en repoussant les œuvres réservées habituellement chez lesanciens aux esclaves, a excepté celles qui sont utiles à la vie» ou purement libérales, ou charitables, ou de bien commun, d'utilité publique, ou consacrées^ par Tusage. Ainsi on peut faire faire la cuisine, soigner les animaux, etc., etc., travailler de la pioche et de la bêche, pour retirer d*une excavation des malheureux qui y sont ensevelis, continuer des travaux indfspensables et qui ne peuvent soufirir d'interruption comme ceux des usines, de la navigation.

Bien plus, vous voyez combien nos paysans sont fidèles à cette observance du dimanche, eh bien ! les bergers cependant conduisent leurs troupeaux au pâturage, car il faut que les troupeaux vivent; si dans le temps des récoltes, les saisons l'exigent, le pasteur donne la permission du travail, et alors après l'office divin chacun s'occupe avec activité de sauver les biens que la Providence lui a donnés ; car, encore une fois, celte loi a élé faite pour Thomme et non contre lui.

— Je comprends, mais comme je m* ennuierais de ne plus rien faire tout un jour. . .

— D'abord ce jour a son emploi propre, le sanctifier; puis pourquoi ne pas en consacrer les heures libres aux œuvres de de charité? Visitez les pauvres, les malades, portez des paroles de consolation à vos amis plongés dans la douleur; vous pouvez encore vous livrer à tous les arts libéraux ; je vous assure que votre journée se passera bien vile, et je ne vois pas que vous vous soyez ennuyée aujourd'hui plus qu'hier.

Que vous soyez, au reste, destinée à un peu d'ennui le dimanche ou non, vous ne l'observerez pas moins et vous le ferez observer dans votre maison ; vous ne laisserez pas vos

femmes travailler, et yods veillerez à ce que tout le monde se soumette à la loi.

— Qui vient à nous» en trébuchant? il me semble que je connais cette figure empourprée.

— Eh mon Dien, vous la connaissez cette figure, elle n'est autre que celle de Jacques, mon fermier; le pauvre homme a un peu trop bu, et regagne péniblement son domicile.

— Si maître Jacques eût travaillé, il ne serait pas en ce honteux état. Étes-vous de mon avis?

— Et sans doute, s'il n'avait pas bu, il ne serait pas ivre. Pourquoi déclarer, comme certaines gens, qu'il faut abroger la loi du dimanche parce que le peuple fréquente le cabaret ce jour-là? n'y va-t-il pas le lundi? si Jacques est dans ce si triste état aujourd'hui, il y sera le jour du marché, il faut donc dé-

.truire le marché. Oui certes voilà Tabus, mais cet abus est une infraction rigoureuse et formelle à la loi qui est double « observez le repos, sanctifiez ce jour; Jacques comme vous voyez n'a pas observé la loi du Seigneur.

En vous parlant de nos devoirs envers Dieu, j'ai signalé le devoir d'adoration, et j'ai, je pense, établi Tobligalion de la prière. Je ne reviendrai pas ici sur la nécessité d'un culte; vous conviendrez sans peine que croire à Dieu et ne pas lai rendre de culte est une folie, dont aucun peuple n'a donné l'exemple. Tous, vous le savez, ont eu et ont encore leurs sacrifices, leurs oGFrandes, leurs prières, leurs pratiques religieuses, en un mot.

An Sinaî, Jehovah ordonna aussi le sacrifice, et jusqu'à notre Sauveur, le sang des auimaux coula sur les autels du Dieu d'Israël, et les colombes lui furent oflertes dans son temple; mais avec la loi nouvelle le feu qui consume les victimes s'éteignit sur l'autel. Comment le sang des béliers eûl-il été offert en holocauste, après que le sang de Thomme-DIeu avait été verso au Calvaire pour tous les hommes !

Ce sera surtout par le sacrifice spirituel que le dimanche sera sanctifié... la messe ouïras. L'Eglise a ajouté quelques autres offices à la messe ; elle en a réglé l'ordre, comme vousle savez; et en les entourant de ses pompes, en y conviant les arts» elle

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