‹ Causeries du soir; ou, Exposition de la doctrine chrétienneChapitre 47 sur 259 · PREMIÈRE PARTIE. -^ ONZIÈME SOIRÉE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. -^ ONZIÈME SOIRÉE

mentionne que trois nourrices. Uéducation était simple, et ne s'étendait qu'aux exigeances de la direction du ménage et de la maison. Voyez dans les Proverbes le portrait de la femme forte, de la femme modèle.

— Lisez-moi ce morceau, je vous en prie.

— Volontiers.

« Qui trouvera une femme forte? elle est d'un prix qui remporte sur toutes les pierreries : le cœur de son époux se confie à elle, et il voit les richesses s'accroître dans sa maison. Elle lui apporte le bien, et non, le mal, tous les jours de sa vie. Elle travaille le lin et la laine, et le conseil préside à l'ouvrage de ses mains... Elle se lève dans la nuit, distribue la laine à ses servantes, et donne sa lâche à chacune déciles ; elle a vu un champ et elle l'a acheté ; elle a planté une vigne dutruit de ses mains. Elle a ceint ses reins de force, et elle a affermi ses bras. Elle a compris et vu que ses œuvres sont bonnes, et sa lampe ne s'est point éteinte pendant la nuit. Elle a porté la main à la quenouille, et ses doigts ont tourné le fuseau. Elle a ouvert ses mains au pauvre, et elle a tendu ses deux mains à l'indigent. Elle ne craint pas Thiver pour sa maison, parce que tous ses serviteurs ont deux vêtements. Elle a préparé de riches tapis ; elle se revêt de lin et de pourpre ; son époux brille aux portes de la ville, quand il est assis parmi les juges de la terre. Elle ourdit la toile et la vend. Elle a donné des ceintures aux Phéniciens; elle. est revêtue de force et de beauté, et son dernier jour sera plein de joie. Elle a ouvert la bouche à la sagesse, et une loi de clémence est sur ses lèvres. Elle a veillé sur les pas des siens et n*a pas mangé le pain de l'oisiveté. Ses fils se sont levés et l'ont appelée bienheureuse; son époux s'est levé et Ta comblée de louanges. Plusieurs d'entre les femmes ont brillé par leur vertu, mais toi, tu lésas toutes surpassées. La grâce est trompeuse et la beauté vaine ; la femme qui craint le Seigneur sera dans la gloire. Donnez-lui le fruit de ses mains, et ses œuvres la loueront aux portes de la ville. »

Voilà la femme telle que la comprenait la loi judaïque; re-

n CAUSERIES DU SOIR.

teneiE bien ce type, car tous n'allez plus le retrouver dans le reste de Tantiquité. Et celte femme, comme elle est disparate avec Bérénice, ou Drusille, celte femme du païen Félix, devaut lesquelles saint Paul eut à comparaître, et qui l'arrêtèrent aussitôt qu'il vint à parler de chasteté !

Si de la Palestine nous passons dans le reste de l'Asie, que trouyerons-nous ? Eh ! mon Dieu, la famille de plus en plus dégradée. Le despotisme s'étend de plus en plus sur la femme et sur Tenfant ; la force semble la seule loi. Chose singulière ! la tradition de la première faute de la femme, de sa chute précédant celle de l'homme et l'amenant , la tradition de l'expiation à laquelle elte a été condamnée, se conserve chez tous les peuples, et ils semblent avoir reçu mission d'exécuter rnnalhème prononcé contre elle. Ou elle est une bête de somme, ou un instrument de plaisir; toujours elle est inférieure à Thomme, toujours elle doit reconnaître en lui son seigneur. Aussi rOrienl nous présentera la démonstration de ce mot si juste de M. Tabbé Gaume, sur ces nalions : a Le c( père est un despote, la femme une esclave, Tenfant une « victime. »

Les livres saints ne laissent aucun doute sur les mœurs du

peuple de Ghanaan. Un seul fait : la statue de la Divinité que ce peuple adore, de Moloch, était creuse et se partageait en sept fourneaux; dans le premier, on offrait de la farine ; dans le second, des lourlerelles; dans le troisième, une brebis; dans le quatrième, un bélier ; dans le cinquième, un veau; dans le sixième, un bœuf; dans le septième, un enfant. Non loin de Jérusalem, dans la vallée des ûls d'EImon , s'accomplissaient des cérémonies de ce genre. Jérémie ne dit-il pas : <t Us ont ce bâti sur les hauteurs de Topheth , pour y brûler leurs fils et a leurs filles ? r>

En Syrie, près d'Hiéropolis, s'élevait le temple de Junon ; de la montagne qui Tavoisine, des parents précipitaient leurs enfants dans des précipices.

En Phénicie, chaque année la fête d* Adonis se célèbre par le sang des victimes innocentes et la honte des jeunes filles;

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