PREMIÈRE PARTIE. -* ONZIÈME SOIRËE
en Arménie , en Lydie , en Babylonie , les vierges ne sontelles pas livrées aux divinités infâmes?
A Babjlone encore, à Sparte, la jeune fille n'était-elle pas propriété de TÉtat et vendue à Fencan. A Babylone, aussi, chaque femme ne doit-elle pas, une fois dans sa vie, fréquenter le temple de la déesse dont je rougirais de vous dire le culte?
LesMèdes croupissent dans la corruption la plus profonde, et ils la communiquent à leurs vainqueurs : les Mages épousent leurs mères et leurs filles ; en Lydie , la femme formait sa dot par le trafic le plus honteux.
Les Scythes et les Massagètes admettent la promiscuité. Ils faisaient cuire la chair de leurs proches et la dévoraient ; chez les Bactriens, les vieux parents et les malades désespérés sonl abandonnés vivants à des chiens nourris exprès. Les Caspiens et les Derbices égorgent les vieillards qui ont passé soixante-dix ans.
Dans TAsie centrale, la polygamie est établie, et la femme est brûlée sur le bûcher de son mari. Il en est de même aux Indes, et la loi anglaise parvient encore à peine à empêcher cet usage ; certaines tribus arabes enterrent vives leurs filles. Dans d'autres, les femmes et les enfants sont possédés en commun ; la polygamie règne en Tarlarie; à la Chine , il en est de même, et vous savez quel est le sort réservé à une multitude d'enfants.
Trouvez, je vous en conjure , un petit coin de cette terre où la famille eût une existence normale, un coin où la pudeur n eût point à rougir? Nous abandonnerons cette partie (lu monde, ce berceau du genre humain , sans rien rencontrer de comparable à la famille juive, et cependant combien là même, n'est-elle pas dégradée !
Jetons un coup-d'œil sur l'Europe, le pays des législateurs «l des sages. La Grèce, quel spectacle nous présentera-t-elle ? A Sparte , la jeune fille partage les exercices des hommes ; ^lle lutte, elle lance le javelot ; le célibat est déclaré infâme; il faut des soldats à cette armée : la femme sera ravie par son
mari, et cependant la promiscuité est autorisée par Lycurgue! Permettez-moi de ne pas ouvrir Plutarque et de garder le silence sur le reste des mœurs de cette république qui s'emparait des enfants pour les élever à sa fantaisie, s'ils avaient été admis à la vie , car sMl en était autrement, ils étaient exposés. Pauvre petite créature, si elle échappait au gouffre du Taygète, elle devait être flagellée sur Tautel de Diane ; n'étaientils pas obligés de voler plus tard, quand ils avaient sept ans, une bonne partie de leur nourriture , ces fiers Spartiates ! le fouet n'était-il pas la récompense de celui qui n'avait pas dérobé assez adroitement ? trois idées que Ton rajeunit de nos jours : la promiscuité, l'éducation par l'état seul, et le vol mis en principe.
Les Lacédémoniennes étaient les femmes les plus corrompues de la Grèce.
 Athènes , le mariage n'est pas plus respecté qu'à Sparte; l'adultère y est autorisé, ainsi que la polygamie. Oh! j'aurais encore bien des choses à vous dire, que je ne vous dirai pas ; tout est contre nature dans ce pays si riche en philosophes et en courtisanes célèbres.
Athènes espose aussi les enfants.
Souvenez- vous du Minotaure, d'Iphigénie sacrifiée sur l'autel de Diane ; les Cretois avaient leur Chronos , diviaité ayant une grande analogie avec Moloch.
— Quoi 1 voilà la Grèce, la Grèce de Socrate !
— Oui, chère Constance ; il faut bien rabattre du. respect qu'on nous inspire dans l'enfance pour cette Grèce, corrompue jusque dans ses grands hommes.
Vous aurez aussi quelque surpriseà éprouver à l'occasion de la sage Egypte. Ici on épouse autant de femmes qu'on le veut, ses sœurs même; les femmes seront de véritables esclaves. La prostitution n'est point en déshonneur ; le père peut tuer son fils sans avoir la mort à redouter lui-même; les dieux demandent le sang des enfants ; le tombeau d'Osiris s'abreuve de celui des hommes roux.
Chronos, ou Saturne, réclame à Carthage les mêmes sacri-