‹ Causeries du soir; ou, Exposition de la doctrine chrétienneChapitre 51 sur 259 · PREMIÈRE PARTIE. — ONZIEME SOIRÉE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — ONZIEME SOIRÉE

nW plus uue esclave, elle est ta sœur, ta compagne, md fille. »

Voilà la doctrine du Christ , voilà ses paroles, comparez les deux états de la femme. Je n'en Gnirais, ma chère enfant, aussi je vous renvoie à Tadmirable livre de M. Tabbé Gaume, auquel j'emprunte textuellement celte citation ; voilà les deux volumes, méditez^les. Que de choses ils vous apprendront! (fue d'idées justes ils vous donneront ! J'y reviendrai encore à ce livre , aujourd'hui je le ferme et vous le donne

Vous avez vu* la femme dans l'antiquité, voust avez baissé les yeux dès les premiers mots que j^ai hasardés pour vous la peindre; j'ai dû me taire, j'ai dû rejeter et Juvénal, et Plutarque, et Tacite» et Suétone; j'ai dû encore une fois vous comprendre et ne pas même essayer de vous parler ni de ces femmes d^Âtbènes , chez lesquelles Periclès et Socrate fr'inspiraient, ni de ces grandes dames romaines , se ruant dans /'arène, frottées d'huile, comme les gladiateurs, y souillant Thonneurdes plus illustres sénateurs, leurs maris, cherchant, dans les couloirs du cirque, les plus honteuses amours; se mêlant aux mystères de la bonne déesse; étonnant la postérité par leurs excès. Une croix a suffi pour conduire ces femmes au désert : sou venez- vous de Madeleine; une croix a suffi pour rappeler la femme à sa vraie nature , à la pudeur. J'ai souvent entendu déclamer contre la rigidité du catholicisme: on le proclame ennemi de toute poésie, on en fait un je ne sais quoi, noir et odieux ; oh ! ce n'est pas cola ; que ces femmes qu'il drape dans leurs vertus, qu'il orne de toutes ses grâces, que les madones de Raphaël ont de charmes , car elles sont chastes, et d'une chasteté inconnue, avant la 611e immaculée de Nazareth.

JLaissez-moi vous lire quelques lignes du délicieux ouvrage qiie je vous ai déjà recommandé, la Pureté du c(Bur. « J'^ prouve le besoin de tourner mes regards vers un monde su-* î»ërieur. Bien loin de cette atmosphère épaisse et corrompue naît un enfant. Cette jeune fille entend dire sur les genoux dc^ -a iTière qu'il est un Dieu, lisant jusqu'au fond des consciences^

iOO CAUSERIES DU SOIR.*

ël maudissant les cœurs impurs. On lui répète que sa destinée, d elle, faible femme, c^est Tamour de Dieu, puis le sacrifice aux lois impérieuses du devoir. Une main douce et ferme écarte loin de ses yeux tous les scandales de la faiblesse humaine, de son oreille toute parole qui n'est pas pure comme les cieux les plus purs. Elle n*étudie pas dans vos livres âos pudeur la vraie science de la vie et la loi du devoir ; c*est TEvangile qui lui montre et qui lui enseigne ses devoirs sacrés et ses obligations.

« Elle a grandi cette jeune 611e, comme la fleur cachéedans la forêt s'épanouit sous les regards de Dieu ; on sent à sa vue toute la sublimité de sa dignité morale, et Ton comprend qu'elle peut devenir une femme vraiment chrétienne. Le vice rougit et slncline devant elle. Elle porte sur son front, plein d*une noblesse élevée, un caractère si évident de pudeur, qu*on admire, rien qu*en voyant, qu*on devine la sainteté de son cœur et la grandeur morale de son intelligence. Sa mère ne lui a pas dit que l'existence est un perpétuel amour, un doux rêve de printemps. Elle lui a répété bien des fois, au contraire, qu*une seule affection solide et sévère devait remplir sa vie, et que toute femme qui se laisse aller au penchant de son cœur perd, avec la pureté, le repos et la gloire de son existence.

ce Un jour elle va devenir épouse et mère, et le mari qu elle aura choisi n'aura pas passé ses plus belles années parmi les filles perdues. Elle ne voudra jamais confier à une âme si dégradée le trésor de sa chasteté et la garde de son bonheur. L*époux qu'elle préférera aura fait Fapprentissage de ses devoirs de père par une jeunesse sévère, continente et laborieuse. Ces deux cœurs se sont unis par une intimité parfaite, par un accord complet de sentiment et d'opinion, par une affection plus durable, plus forte et plus profonde que ce que les gens du monde appellent amour. »

Ne vous semble-t-il pas voir Tune de ces pures et chastes jeunes filles, devenues femmes aussi chastes et pures qu'elles ont été filles, sur lesquelles les regards se reposent avec suavité et ravissement?

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