‹ Causeries du soir; ou, Exposition de la doctrine chrétienneChapitre 52 sur 259 · PREMIÈRE PARTIE.— ONZIÈME SOIRËE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE.— ONZIÈME SOIRËE

JoTOas le demande, où est la femme si elle q^ est pas là, si elle u*e8t pas cela ?

Mais si cette pudeur, si ces vertus chrétiennes sont les vertus naturelles à la femme, si cette union chrétienne de rhomme et de la femme est encore si bien adaptée à notre nature que nous y trouverons notre dignité, ne pouvons-nous pas eu conclure que les prescriptions du Sinai sont à\me sagesse infinie en ce qui concerne toute celte partie du cœur de rhomme ? Ne devons-nous pas voir surtout que la loi nouvelle a donné à cette grande institution du mariage son complément nécessaire, en enlevant à la loi judaïque sa répudiation, celte concession faite aux maurs d'un peuple dur? Ne trouvez* vous pas qu'il y a tout un monde entre la &mille païenne et la famille chrétienne ? Ici la femme ne s'achète pas, elle se donne; elle accepte un autre nom, après avoir étudié les goûts, le caractère, les vertus de celui qui va devenir son protecteur. Aux pieds des saints autels, souvent en face de la Vierge, les serments s'échangent, la fidélité est réciproquement promise ; si la femme promet Tobéissance et la soumission, le mari lui promet l'amour et la protection; les voilà liés Tun à l'autre pour la vie, devant Dieu et devant les hommes, mais toutes les précautions ont été prises pour que le consentement mutuel ait été lihre, tout leursera commun, joie, peine; ils vont marcher dans la même voie, porter le môme fardeau, ils n'ont plus qu'un nom. Un enfant survient, avec qu'elle joie il est reçu ! le père le couvre de baisers, il appelle la bénédiction du ciel sur celte tête si chère; là mère, oh,I je ne aurais vous redire les délices de son cœur, vous les connaissiez, vous. H élève cet enfant , d'autres se succèdent ; il y a place pour tous, et au cœur du père et à sa table. Le vélabre n'existe plus ; que les ans viennent avec les chagrins et les infirmités, ce vieux couple s'aime et se supporte, les enfants <les enfants se multiplient pour l'aimer, le vénérer, le soi-» gner. La mort trouvera uni ce que le mariage a uni ; les serments des premiers jours ont élé respectés; la paix a régné en cette maison, cette famille s'est formée, accrue, et elle est res-

tée unie; et les fronts graves des pères, et les fronts pudiques des jeunes filles, et les front si pars des petits enfants se courbent sous la main tremblante du vieillard qui fut la souche de cette famille, et qui plein d'années et de bonnes actions s'achemine vers FEternité.

— Oui, mon viel ami, vous l'avez dît avec vérité, le christianisme est peu connu, même de âes fils ; oui son étude ramène à des pensées consolaùtes, oui et je le prononce déjà ici devant Thistoire, oui, lui seul rend à l'homme sa dignité. Les femmes ont de bonnes raisons pour être chrétiennes.

Votre paganisme me fait frémir, je ferai des rêves affreux ; vous devriez me ménagei*et lùe raconter à une autre heure ces infâmes histoires.

— Chère amie, lisez le tableau d'une famille chrétienne des premiers temps, prenez les Martyts, et ces impressions s^effaceront.

«^ Bonne nuit, donnez-moi le volume.

DOUZIEME SOIRÉE

Vous êtes descendue bien tard aujourd'hui, Constance, qu'avez-vous donc fait ?

— J'ai dévoré le livre de M. l'abbé Chassay ; je veux le savoir par cœur, il m'enchante ce livre ; oh ! je vous remercie de me l'avoir donné. Faites donc qne les femmes du monde lisent la Pureté du cœur, faites surtout qu'elles ne se nourrissent pas de romans. J'en ai trop lu.

— La Pureté du cœur vous plaît donc ?

— Elle me ravit; l'auteur nous connaît bien, je vous assure. Vous souvenez-vous de ce mot : c< le cœur est la région (( ténébreuse où s'agitent, avec une impétuosité sauvage, les

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