‹ Causeries du soir; ou, Exposition de la doctrine chrétienneChapitre 79 sur 259 · DEUXIÈME PARTIE. -DEUXIÈME SOIRÉE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. -DEUXIÈME SOIRÉE

solue, ^oué dès sa naissance, par la faute de son père, au péché, à la mort; lui, créé pour rimmortalité, il n'a plus à parcourir qu'une vie courte, commençant par les larmes, et se terminant par la caducité, à travers les maladies, les douleurs, les misères de tout genre et de toute espèce.

Mais aussi nous avons vu le Dieu de toute miséricorde promettre à ce coupable un Sauveur, un. Rédempteur; ce Rédempteur, indispensable à la réhabilitation de Fhomme, est venu sur la terre, il a souffert pour l'homme, et, payant sur la croix la dette de Thumanité, il lui a ouvert la porte du ciel : la rédemption, voilà, si je puis me servir de ce mot, la seconde parlie de l'histoire de l'homme.

Nous avons vu, vous le savez, que la seconde personne de la sainte Trinité s'est ofiFerte pour être la victime due à la justice suprême. Le Verbe s'est donc feit homme et il a payé popr tous. En restant Dieu et en se faisant homme, en réunissant en /ui les deux natures, le Christ est devenu vraiment et proprement médiateur entre Dieu et l'homme.

Qui^eût pu payer pour l'homme. Constance, si le Verbe ne l'eût fait ? L'homme î mais où trouver dans sa race une victime innocente, puisque tous naissent pécheurs? Un ange? mais les anges sont, comme l'homme, des créatures. Non, encore une fois, il fallait un Dieu, et un Dieu revêtant l'humanité pour se rapprocher de nous et réhabiliter notre misère. Que ce sacrifice si grand ne vous étonne pas : Dieu n 'est-il pas l'infinie bonté ? nous le devait-il ce sacrifice, je vous le demande? Non, certes. Il a agi dans la plénitude de sa Jbonté.

^ Je ne vous redirai point l'histoire admirable de l'Homme- Oieu que vous connaissez mieux que moi : son incarnation au sein de Marie, sa naissance, son enfance, sa prédication et sa xnort.

Cette rançon de l'homme, ceDiea victime sufBsait-il à la justice? je vous le demande encore. Constance, et vous n'hésilerez pas à me répondre que, non-seulement cette satisfaction a été suffisante, mais qu'elle a été surabondante.

Ui CAUSERIES DU SOIR.

Voilà, ce me semble, Tensemble de Tadmirable dogme de la rédemption réduit à sa plus simple expression.

Ainsi voilà l'homme racheté ; est-ce à dire que le Christ mort, tous les hommes soient sauvés? non ;* car il faut que rhomme remplisse les devoirs qui lui sont imposés.

— Oui.

— Pouvons-nous, par nous-mêmes, sans aucun aide, en venir là?

— Et que nous faut-il donc ?

— Justement ce que vous demandiez, la grâèe de Dieu, a ce don que Dieu nous fait par sa pure bonté et par les mèrites de Jésus-Christ pour opérer notre salut. »

— Mais pourquoi nous le faut-il, ce don surnaturel ?

— Avant la chute, jouissant de toutes ses forces, vivant de celte vie que Dieu lui avait donnée et dont la mort était exclue, ignorant le mal, exempt de péché, Thomme devait être moralement, n'est-ce pas, dans un tout autre état qu'après celte chute?

Quoique pur de toute souillure, quoiqu'en communication inlime avec Dieu, quoique vivant dans la sainteté et dans la justice, rhomme, pour garder les préceptes qu'il avait reçus de son Créateur, avait encore besoin d'un secours qui nous est actuellement inconnu ; après la perte de cet état de sainteté et de justice, ses forces se sont tellement amoindries qu'il lui faut un recours constant et surnaturel pour observer la loi. Ce recours c'est la grâce.

' Ecoutez-moi encore un peu, Constance. Après une longue maladie vous avez assez perdu de vos forces pour ne plus pouvoir marcher toute seule ; vous avez besoin d'un appui; un bon bras aide votre démarche chancelante, vous arrivez au but que vous vous êtes proposé : le bras, voilà la grâce.

Encore mieux. Ce petit enfant commence à marcher, il a tout ce qu'il faut pour en venir à bout ; mais si vous ne le soutenez, ses jambes trop faibles vont lui manquer : en bonne mère vous lui xlonnez la main, et joyeux il fait ses premiers pas : voilà la grâce.

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