‹ Causeries du soir; ou, Exposition de la doctrine chrétienneChapitre 85 sur 259 · DEUXIÈME PARTIE. — TROISIÈME SOIRÉE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — TROISIÈME SOIRÉE

mon exerçait sur nous par le péché mortel. Quand le dernier joursera proche, quand Téternité sera là, prête à commencer, cofomenous aurons besoin d'un secours spécial contrôles dernières tentations, contre les restes du péché ! L'onction sainte et sapréme nous préparera au grand passage ; une autre onctionconsacre lesministresduSeigneuretleur communique les grâces dont ils ont besoin pour remplir leur auguste mission. Notre vie n'est-elle pas une lutte constante, continuelle? Aussi le Saint-Esprit vient nous fortifier et nous apporter ses dons ; à notre âme, il faut un aliment, une nourriture : elle la trouve dans le sang de FÂgneau divin. Enfia il fallait entrainernotre mauvaise nature vers Tordre et la tempérance; il fallait perpétuer la famille chrétienne, ,et le mariage a été institué.

Quelles sont les exigences de notre être auxquelles il n\iit pas été répondu par les sept sacrements ? Dieu se servant de ces signes visibles pour répandre sur nous sa grâce, ne nous prend-il pas au berceau et ne nous mène-t-il pas à la tombe? A quelle prévision a-t-il manqué? En vérité, Constance, il me semble que voilà notre existence jalonnée par les bontés du Très-Haut, de telle façon que nous pouvons entreprendre notre pénible pèlerinage avec confiance.

J'ai cherché en vain, parmi toutes lesinstitutions humaines, et je n'ai rien vu de semblable. Ainsi, à chaque pas que Ton fait en avant dans Tétude du christianisme, on trouve une raison de bénir davantage VAuteur de tout bien. Ici le voilà, s^appiiquant, pour ainsi dire, à donner à chaque jour, à chaque acte de Thomme la grâce nécessaire ; la. foi a ouvert la vie ; l'espérance la ferme ; la charité l'a soutenue, Ta embellie. Ta remplie : voilà notre course; dites, les secours nous ont-ils manqué?

— Oh ! non, mon ami, et cet enchaînement est admirable.

— Voyez encore, chère amie, la convenance de l'institution des sacrements, si je puis me servir de ce mot ; si vous regardez en haut, ne répond-elle pas à la miséricorde de Dieu, parce qu'elle est un moyen dindulgence et de pardon ;

i^S CAUSERIES DU SOIR.

à sa justice, car elle humilie notre orgueilleuse raison, comme Yons le Terrez mieux plus tard ; à sa sagesse, car Toilà que des choses sensibles, visibles, tangibles, qui ont pu servir au péché, servent actuellement à la sanctification de Thomme? bien plus, les sens qui le dominent, qui le conduisent au mal, les voilà servant à son instruction en percevant ces signes sensibles.

. Ainsi dans cette infinie bonté du Créateur, l'homme est appelé encore à coopérer au bienfait qui le sauvera. Il peut repousser le don qui lui sera fait : triste et bien triste puissance ! Tiofinie justice n'a pas voulu enchaîner Prométhée coupable : elle le laisse dans toute sa force et dans toute sa liberté*; car. Constance, encore que le sacrehient vu en lui- *méme soit très-indépendant de Thomme, il n'en est pas moins vrai que le sacrement serait nul et comme non avenu, si de la part de celui auquel il doit être administré il y avait intention de ne pas le recevoir.

N'allez pas induire de là que, dès que les sacrements ne sont pas repoussés, ils sont toujours reçus avec toutes les grâces qu'ils renferment ; certains d'entre eux exigent des dispositions toutes spéciales, la pénitence entre autres; mais hélas ! Constance, les sacrements sont reçus quoique la foi ne soit pas dans Thomme, mais comment? Eh mon Dieu ! ils sont alors une occasion certaine de mort, ils sont profanés.

— Oh l mon ami, que dites-vous?

— Une chose simple et que tous savez de tout temps. Depuis quand des remèdes n'ont-ils pas tué alors qu'ils ne sont pas appropriés à la maladie ? depuis quand la nourriture indispensable à rhomme en santé n'at-elle pas été funeste à celui qu'une fièvre ardente consume?

Les sacrements sont pour nous ou un bien ou un mal ; un bien infini, immense, quand nous possédons les dispositions voulues, un mal immeuse si nous les profanons.

— Cette pensée est horrible, ami, et comment oser approcher de cette source divine dont les eaux salutaires peuvenv avoir l'effet d'une boisson empoisonnée ? Vous m'explicjuerez

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