‹ Causeries du soir; ou, Exposition de la doctrine chrétienneChapitre 87 sur 259 · DEUXIÈME PARTIE. — TROISIÈME SOIRÉE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — TROISIÈME SOIRÉE

enfants de Dieu ; de cet état de mort, il sortira vivant par le contact de Teau sainte.

Le péché donne la mort à l'âme, et la pénitence remet tous les péchés ; rendant au criminel sa robe baptismale, ne rappelle-t-elle pas son âme à la vie ?

Qui a fadt vivants ces êtres morts, sinon le baptême et la pénitence ?

Les autres sont appelés sacrements des vivants, car comme vous le comprenez déjà, ils sont destinés à ceux chez lesquels la vie spirituelle n'est point éteinte. Avant TEucharistie, la pénitence ne doit-elle pas détruire l'empire du péché ? Oui, cette âme qui va recevoir son Dieu est vivante, elle est sortie des ténèbres de la mort, la grâce règne déjà en elle, mais elle va y régoer d'une manière plus ardente, plus complète. Vous l'avez dit, Constance, parmi ces signes visibles de la grâce, il en est trois qui impriment à l'âme un tel caractère qu'il ne doit pas s'effacer, qu'il ne doit pas être renouvelé.

Le baptême nous fait chrétiens, noble et sainte qualité que noQS ne perdrons point ; Dieu nous a marqués, nous sommes de son troupeau. La confirmation , en nous donnant les dons du Saint-Esprit, en nous faisant parfaits chrétiens, burine encore plus] profondément ce sceau de Dieu, reçu au baptême: il sera indélébile. Puis, quand les prêtres du Christ sont élus, quand l'Eglise choisit ses lévites, l'ordre les marq\)e d'un signe particulier, pénétrant jusqu'au fond del'âme; i toujours cet enfant du sanctuaire lui est consacré, à tou • ours il est à Dieu; qu'il renie sa foi, qu'il abandonne la Jroix de son maître, à toujours il est à lui; aux cieux les séiphins le recevant au milieu d'eux le glorifieront desafi- '• lité ; aux enfers, les démons lui montreront sans cesse cette lie toujours sanglante, que laisse à son front le sceau du

^erdooe.

En est-il de même des autres sacrements? Le juste pèche ,'/ fois par jour, la piscine sainte est toujours préparée, àme n*est jamais rassasiée de sa nourriture divine, le taber-

nacle est toujours ouvert. La mort frappe même les époux: Vanneau du mariage se bénit plus d*une fois. Enfin, Constance, nous frappons souvent plus d'un coup à la porte de rélernitéy avant qu*elle s^ouvre : que la dernière onction se répète.

— Merci, mon vieil ami, une pensée triste plonge mon cœur dans l'amertume ; que de sacrements n'ai-je pas reçus déjà et combien ai- je peu profité des grâces qu'ils procurent!.,, avec quelle ignorance, mon Dieu, ai-je usé de vos dons!... Oh! pardonnez-moi, elle n'était pas volontaire.

— Calmez-vous, Constance ; chaque jour vous perdrez ce que vous appelez votre ignorance ; chaque jour vous recevrez la grâce dont vous aurez besoin .

— Il est tard, bien tard, vous coucherez à la Grange où nous arrivons, ami.

— Non, je ne puis, et je vous quitte; à demain^ dormez si vous pouvez.

QUATRIÈME SOIRÉE

Dès le lendemain matin, Lucie et sa fille se rendirent à la Grange : elles n'y trouvèrent ni Constance ni Marthe. Elles apprirent que l'une et Tautre étaient parties de bonne heure pour la petite chapelle de Notre *Dame-des*Bois; elles se hâtèrent d'aller au-devant de leurs amies. En passant près du cabinet de travail qui touchait au salon, elles aperçurent le chevalet de madame de Moàac chargé d'one toile d'assez grande dimension ; une esquisse très-large indi(|uait une vierge tendant les bras vers celui qui Timj^ore.

Elles suivirent le cours de la rivière, et par un sentier Iraversant les prairies, elles atteignirent assez prorapteoienl, et

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