‹ Causeries du soir; ou, Exposition de la doctrine chrétienneChapitre 90 sur 259 · DEUXIÈME PARTIE.— QUATRIÈME SOIRÉE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE.— QUATRIÈME SOIRÉE

aUulions, T Amérique avait aussi les siennes; saint Jean baptisait dans le désert. Dans ces usages se retrouvent et le souvenir dé la chute et le dogme du péché originel, di^gme bien ancien, vous le voyez.

Le christianisme a donc dû ouvrir la série des grâces qui suivent Thomme de son premier cri à son dernier gémissement, par un sacrement destiné à faire enfant de l'Eglise cet enfeni du démon.

Observez que Jésus-Christ, ce Dieu fait homme, a voulu recevoir lui-même le baptême; remarquez qu*à ce baptême sans exemple, où la suprême pureté se soumettait à une sorte de purification, TEsprit-Saint descendait sur Jésus, et que, des cieux ouverts, sortait une voix disant : Celui-ci est mon Fils bien-aimé^ en qui f ai mis toutes mes complaisances. De là commence le divin apostolat. Ce jour du baptême dans le Jourdain est, à vrai dire, la manifestation par le Père de la mission du Fi/s. Ouel admirable spectacle I le Fils est là, mêlé aux hommes, le Père le déclare son Fils, le Saint -Esprit descend du ciel et s'abaisse sur lui; la Trinité tout entière se manifeste au monde; les temps des ténèbres cessent : les jours de lumière commencent; le Révélateur par excellence va, après le jeûne du désert, parler aux hommes et leur annoncer la parole de son Père.

Au baptême de l'enfant, la Trinité tout entière est aussi là ; c'est en son nom que coule Teau sur le front de ce Fils deVhomme qui, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, opère son entrée dans le christianisme, et pour qu'il soit chrétien il faut, et que l'eau le touche, et que ces noms augustes soient prononcés, et cela essentiellement; aussi entendrez -vous le recteur se servir, demain, de cette formule sacrée : « Enfant, je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. »

En cas de nécessité, tout le monde peut remplacer le prêtre. Par le fait immédiat dcvce sacrement, le baptisé est absous, la tache originelle a disparu, le coupable n'est plus coupable.

— Et les catéchumènes?

— Les catéchumènes étaient ceux que l'Eglise primitive

présentait au baptême : nous y reyiendrons ; soavenez-YOUs seulement que Tadulte est lavé par le baptême» non-seulement de la tache originelle, mais de toutes les autres, pourvu qu'il ait la foi, Tespérance, le repentir, ou au moins un commencement d'amour de Dieu. Toutes les peines dues au péché sont remises par Tablution sainte, le paradis s'ouvre pour cduî qui passe des fonts baptismaux à la mçrt.

— Mais le baptême n'est pas aussi simple que vous me le dites, ami ; il y a des cérémonies.

— L'Eglise l'a entouré d'une pompe spéciale et de prières particulières ; mais le sacrement en lui-même consiste uniquement dans le contact de Peau, accompagné des paroles sacramentelles que je vous indiquais à Tinstant.

Quant aux cérémonies, vous les suivrez etje vous en donnerai la raison.

Tout en causant ainsi, nos promeneurs arrivaient à la cabane du bûcheron. Constance se hâta d'y pénétrer. Elle trouva la mère et les enfants bien portants. Tout avait changé de face depuis le matin; cette chaumière présentait une apparence d'aisance. La femme du jardinier avait fait régner Tordre et la propreté partout. Tous semblaient heureui. II fut convenu que, vu la peur que lui causait la belle grande dame^ Vincent, c'était le nom du jeune garçon, ne serait pas parrain : il reçut cependant un bon cadeau de madame de Monac ; toutes les dispositions furent prises pour le lendemain, et rendez-vous donné à la paroisse.

Interrogée sur le nom qu'elle désirait que Ton imposât à sa fille, la femme du bûcheron indiqua Anne, en l'honneur de sainte Anne d'Auray; Constance proposa Yvonne en mémoire de M. de la Pipardière, et Marie surtout, car elle n'oubliait pas ce qu'elle devait à la Notre- Dame-des-Bois. Ces trois noms furent admis avec grande Joie par toute la famille.

— J'ai accompli la partie la plus difficile de mon rôle, dit Constance en reprenant le bras de M. de KerkofiT; les noms soat choisis et adoptés ; c'est d'ordinaire une bien grande afTaire. M. Yvesr-Firmin sera très-heureux d'avoir une Yvonne pour

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