DEUXIÈME PARTIE.— QUATRIÈME SOIRÉE
par uo acte public de repentir et d'humilité: «Baisez la terre,» lui dit le cardinal ; et aussitôt, sans trouble comme çans hésitâiion, il baise la terre !....
«M. de Bussières, protestant converti, conduisant un juif au giron de TEglise catholique ; et quel juif! un jeune Français de 28 ans, dans toute la plénitude de sa force, de sa raison et de son indépendance ; hier encore, impie, frondeur^ b/aspbémateur, et aujourd'hui, doux comme un agneau, se laissant faire tout ce que Ton veut ; son visage remarquable par an heureux mélange de fermeté et de douceur, sa longue barbe noire, sa démarche, son costume, tout en lui reportait h pensée au temps de la primitive Eglise. On eut dit un de ces chrétiens des Catacombes qui espérait^t le martyr^. Voilà ce que nous vîmes... Quand le pontife demanda au catéchumënel ce Quel est votre nom?— Marie, » répondit-il avec un élan de reconnaissance et d'amour qui nous fit tressaillir. La réception du baptême et de la confirmation fut suivie d'une chaleureuse improvisation de M. Dupanloup, et le saint sacrifice commença, etc. » (1)
\ou8 le voyez, une grande partie des formes anciennes sont encore suivies.
Heureux catéchumène , qui , de la piscine , s'élance inondé des dons du Saint-Esprit à la table sainte Comment le cœur d'un homme peut-il suffire à toutes ces émotions? Aux cieux, les anges envient son bonheur. Pourquoi ne pas mourir alors l
Heureux, cent fois heureux l'enfant dont Tàme s'envole sur l'aile de son âge dans ces jours d'ineffable innocence! il va grossir les cœurs qui entourent le trône du Seigneur.
Diviue espérance que celle de la mère qui, dans le premier*
Bé, ravi à son sein entre un sourire et une larme, voit un
chérubin agitant un encensoir d'or aux pieds du Très-Haut i
Toutes celles auxquelles il a été donné de sentir les douces
caresses d*un enfant né de leurs entrailles, doivent saisir avec
(i) 1>« trois RomeSf par M. Tabbé J. Gaume.
une ardeur égale à leur amour maternel cette consolaate doctrine. La mort n^est point sombre pour le chrétien» elle ne Test pas même pour la mère malheureuset et vous ne pouvez savoir, vous, ce que c*est qu une mère qui a senti s'agiter eu elle ce petit être, qui l'a mis au monde dans la douleur, qui, ivre encore des douleurs, mais ivre aussi de joie, lui a, sourie l'a pressé contre son cœur, Ta nourri de son lait, a passé de longues heures, heureuse en le contemplant dans son berceau; qui, la nuit, qui, le jour, n'a pensé qu*à ce petit être et qui, après ces joies, le voit souffrir, dépérir.... mourir! Non, vous ignorez ces joies et cette douleur, et je vous le dis en vérité : Béni soit à jamais le Dieu qui a dit à la mère : Ne pleure pas sur le berceau de ton fils, ton fils est mon ange!
— Oui, plus le christianisme se déroule à mes yeux, plus je comprends son admirable économie, et plus je crois à sa divinité, et plus je suis disposée à reconnaître aussi qu'il peut faire le bonheur des hommes.
Voici votre sentier, mon vieil ami, l'heure s'avance, à demain; vous serez exact,, vous serez témoin, je vous en préviens ; vous vous ferez beau, voire bel habit, entendez-vous ; vos croix, je veux que vous honoriez ma filleule. Pauvre enfantl Fêtons son entrée dans la société des enfants de Dieu.
CINQUIÈME SOIRÉE
Le lendemain, tout le monde fut exact au rendez-vous. A deux heures arrivaient à la paroisse un vieux Breton dans le costume de fête de son village, beau et pittoresque costume » rehaussant un mâle visage orné d*une cicatrice que le brave paysan avait reçue dans ces guerres de géants entreprises pour défendre la religion du Christ dans ces jours, à jamais néfastes, où le paganisme défiait rhommejen plaçant sur Fau.-