DEUXIÈME PARTIE.— CINQUIÈME SOIRÉE
tel daDiea -vivant la déesse Raison. Jacques Brieiuc avait combatio avec valeur et jusqu'à la fin; son visage le disait, et à sa bouloQDière pendait une croix de Saint-Louis.
Jaques Brieux donnait le bras à une belle jeune fille qu'il avaitdécoréed^m bouquet monstrueux et d un riche ruban. Prudence, fille d'un gros fermier, avait consenti avec grand plaisir à donner son nom à l'enfant du bûcheron de son père. — JKadame de Monac donnait le bras à M. Yves-Firmin de la Pipardière, revêtu de son plus bel habit, orné d'un jabot colossal, d'une grosse chaîne d'or, les mains emprisonnées dansdes gants blancs, et les pieds dans des bottes vernies. Constance portait, comme Prudence, un magnifique bouquet attaché par un ruban éclatant. Elle était suivie de la famille de Kerkoff et de quelques autres voisins. Par toutes les issues du cimeUëre pénétraient des paysans et des paysannes en habit de £te, et une nuée d'enfants dont les plus actifs s'étaient nicbéSf pour mieux voir, dans le gros Vincent Fresnau précédait un petit groupe, composé de sa sœur atnée, portant l'un des enfants, et de la femme du jardinier tenant l'autre. Quelques voisins et le bûcheron fermaient la marche.
Toutesces petites troupes se réunirent à Ja porte de l'église. La foule, s'ouvrit pour les laisser passerj et Von entendait : Ahl c'est la dame de la Grange qui nomme la petite bùcherouueavec M. Yves, c'est bien à elle, elle est bonne! — Comment ne le serait-elle pas, c'est l'amie de madame Lucie? — Les fronts se découvraient, mais ne se baissaient pas ; le Breton salue de haut et ne s'incline que devant Dieu.
Des scènes diverses eussent attiré les regards d'un spectateur attentif. Dès que Kerkofi" parut, les hommes s'avancèrent vers lui et les vieux lui tendirent la main qu'il saisit avec empressement, tandis que les jeunes lui adressèrent le bonj'our^ général, le plus cordial; il répondait à tous par leur nom. On le voyait, Kerkofif était là en famille. Enfin, Jacques Brieux et le général se joignirent et ils se serrèrent la main avec une affection significative. — Jacques, c'est aujourd'hui la Saint- Martin ? — 11 y a aujourd'hui.... — Oui, Jacques, que voub
^ GAraERIEg DU S(m.
me menâf es an feo pour la premifere fois, j*aTais quinze ans. — Oui« monsieur Louis, notre général, votre père, tous confia à moi... — ^Pour m* apprendre à bien faire, Jacques Brieux. Que je TOUS embrasse, mon brave, c*est ce jour-là que vous attrapâtes d*un gendarme ce coup de sabre, et que vous latllttes être tué pour me défendre. — Trop juste, monsieur Louis, vous m'étiez confié. Prudence, nous appellerons la petite Martine-Louise-Prudence*Jacqueline , en Thonneor de toi, de M. Louis qui tua le gendarme de saint Martin dont c était la fête, et de Saint-Jacques, mon patron.
Pendant cela, Lucie ne pouvait répondre à toutes les femmes qui se pressaient autour d'elle et qui sMnformaient avec une véritable afifection d^une santé intéressant Je pays tout entier.
Mademoiselle de KerkoS, entourée par une foule de jeunes filles, embrassait leur frais visage et ne pouvait répondre à tous les bonjour 9 tnademoiselle Louise ^ à toutes les questions, à tontes les demandes qu on lui adressait.
Enfin, on entra dans Féglise; à la porte parut le recteur accompagné d* un enfant de cbœur. On requit alors le baptême pour les enfiints ; le parrain et la marraine constatèrent qu*ils connaissaient la doctrine catholique et qu*ils en fusaient profession. Le prêtre exorcisa TenEoint ; un peu de sel bénit fut introduit sur la langue ; le signe de la croix fut fait sur le front, les yeux, la poitrine, les épaules, les oreilles et les narines furent touchées par le prêtre avec un peu de salive, en prononçant le mot Epheta; les enfants furent introduits aux fonts baptismaux, et les parrains et les marraines récitèrent le Crtdo^ le PcUer et VAve Maria avec le recteur, qui adressa alors à rassemblée une courte et fervente exhortation ; il rappela aux parrains et marraines qu'ils allaient servir de caution à ces enfants, et leur dit leurs devoirs envers eux ; ils renoncèrent alors pour eux à Satan, à ses pompes et à ses oeuvres. Les enfants, tenus par eux, reçurent lesonctions saintes ; le prêtre changea son étole de deuil en une autre de couleur blanche «i et demanda aux répondants de ces nouveau^nées, leur proies J