DEUXIÈME partie; — GINf^lÈftlE SOIRÉE. "ffii
sion de foi religieuse. L'eau sainte coula alorè sur lés.tétesâe ces petites créatures, une onction fâ( faite à la tète, et un petit bonnet blanc donné aux nouvelles chréti^nes ; le cierge aiidiné fut remis aux parrains et aux marraines» et une courte et admirable prière adressée à Dieu parle recteur, qui monta au grand autel pour y attendre les enfants qu'il couvrit de sota étole pendant qu*il lisait le commencement de TEvangile selon saint Jean, et une oraison. Pour répondre à un saint usagé, les enfants furent présentés à Tautel de la très sainte Vierge et Constance consacra d^une manière toute particulière sa filfeule à la Reine des anges . Les actes furent ensuite dressés. Cette cérémonie si simple se passa en silence et avec un graiid recueillement.
Elle fut suivie d'une abondante distribution de bonbons «t de menue monnaie que les garçons du village se disputaient à coups de poing.
Toute Fassistance se rendit à la Grange, où un véritable festin improvisé attendait les amis de Con*- tance, son compère, JacqoesBrienx et Prudence, le recteur et les notables, sans oublier la famille Fresnau. Une autre fable était dressée pour les nombreux amis des bûcherons... bref, ce fut une joie générale et complète. ^
On se sépara d'assez bonne heure et tout le monde emporta rai agréable souvenir de celte journée et de la grâce de ma- ^medeMonac.
-Après le départ, quand il ne resta au salon que les habitants de Kerkoff qui avaient promis de coucher à la Grange, Constance s'empressa de déclarer à son vieil ami qu'elle désirait exiraordinairement que toutes les cérémonies auxquelles elle avait pris part, lui fussent expliquées.
— Rien n'est indifférent dans les cérémonies de rEglise,;et (ont ce qui se passe sous nos yeux a une cause; suivons ce cpii s'est fait ce matin..
Le recteur vous a reçue à la porte, car celles que vous apportiez n'étaient point encore les enfants de l'Eglise. Dans les derniers joiR«, les catéchumènes, setenaientaussi àl'eniréédu
aOt CAUSERIES DU SOIR.
temple pendant tout le temps qui précédait leur baptême ; ils écoutaient de là, la lecture des saintes Ëcrilures, et se préparaient à recevoir le grand sacrement de Teau.
Le prêtre vous a demandé ce que vous désiriez, car vous répondiez-là pour un enfant : les sacrements ne se donnent pas à qui les repousse; vous avez dû aussi faire votre profession de foi religieuse; car quelle garantie donneriez-vous à T Eglise, si vous ne comptiez pas parmi ses fidèles? vous avez ensuite déclaré les noms que vous prétendiez donner à vos filleuUes.
— Mais pourquoi le recteur a-t*il soufflé à la face de cette enfant ?
— Si vous eussiez pu suivre les paroles qui accompagnaient cette action, votre figure n*eût pas trahi un mouvement intérieur d'étonnement, vous eussiez entendu ces mots : «c Sors d'elle, esprit immonde, et fais place à TEsprit-Saint , » et aussitôt vous avez dû voir que le prêtre faisait avec son pouce le signe de la croix sur le front et sur la poitrine de l'enfant en disant : a Reçois le signe de la croix, tant sur le front que dans le cœur, prends la foi des préceptes célestes, et suis de telles mœurs que tu puisses être déjà le temple du Seigneur. »
La prière qui suit est admirable : vous demanderez au bon recteur de vous la traduire. Je ne le fais pas pour ne pas abuser de votre patience.
Le sel a été ensuite placé sur la langue de ces entants : <c Reçois le sel de la sagesse ; qu'il te soit propice pour la vie éternelle* n L'oraison est encore d'une grande beauté. L'exorcisme se termine par des paroles dont je me contenterai de vous citer celles ci... «Or donc, démon maudit, accepte toa «arrêt, et honore le Dieu vivant et vrai, honore Jésus-Christ « son Fils, et le Saint-Esprit; et retire-toi de cette enfant, « l'élue de Dieu..» «et ce signe que nous imprimons sur soa « front, tu n'oseras jamais, démon maudit, le violer. »
Vous avez alors étendu la main sur la tête de Fenfant avec le prêtre, un dernier exorcisme a encore été prononcé, et enfin. ..