‹ Causeries du soir; ou, Exposition de la doctrine chrétienneChapitre 98 sur 259 · DEUXIÈME PARTIE. — CINQUIÈME SOIRÉE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — CINQUIÈME SOIRÉE

— Oui) il lui à mis de la salive aux oreilles, et il a dit ua mot que je n'ai pu compreadre.

— Ephetaj ouvrez-vous j et l'entrée de TégUse est accordée à reniant.

I Eb bien, fout cela vous a paru très-singulier; voyons on peu.

Cet enfant avant le baptême, à qui appartient-il? à Dieu? Non ; il est marqué de la tacbe originelle, il est à Tauteur de la première faute, au tentatenr de Tbomme , il est fils de Satan; par Texorcisme, Satan est chassé, le Seigneur Jésus

' chassait les démous ; cet enfant va appartenir au Saint-Esprit, il est marqué du signe de la rédemption, de la croix, devant laquelle les puissances infernales prennent la fuite, elles sont expulsées, au nom du Dieu vivant, du Dieu véritable, ces puissances. Tout ce qui se fait au reste, ici, se rapporte à des usages anciens, tout est symbolique. Comment Notre-Seigneur rendit-il la vue à Taveugle, sinon ainsi ? N*estil pas bon de corroborer, par le signe de la croix, ce nouveau chrétien contre les tentations? Que de croix n'aura-t-il pas à porter? Autrefois on faisait goûter à l'enfant du miel et du beurre, aÙQ de lui apprendre à distinguer le bien du mal.

— Le recteur savait bien que nous étions catholiques, pourquoi nous a-t-il fait réciter le Credo ?

— Ceci est la profession de foi ; le catéchumène déclarait sa croyance, et ici encore, vous avez suppléé à l'incapacité de Yotre cliente ; avant vous aviez été conduite aux fonts, Texorcisme terminé, Tentrée de l'église était permise au croyant.

— Pourquoi le prêtre a-t-il changé d'étole ?

— Le deuil se marque dans la liturgie par la couleur vioklie ; il doit disparaître devant la joie de voir un chrétien de plus : ainsi cette couleur fait place à une autre ; l'eau n*a pas plutôt coulé, vous le savez, sur la tête de cette petite créature, que son nom est inscrit au Livre de vie; elle est marquée du signe de la croix, et d'une telle façon, quelempreintedusceau ne s^efifacera plu3.

— Pourquoi le petit bonnet blanc ?

-*- Poor rappeler la mémoire des yètemente blancs des catéchumèneSf témoignage éclatant de leur pureté.

' Puis vous avez tu ce chrétien monter à Tautel, s^ consacrer & Dieu« et, par une pensée à laquelle je ne puis trop applaudir» TOUS Tavez mis sous la protection de la Vierge des Vierges.

Dités-moi maintenant si toutes ces cérémonies ne sont pas des plus touchantes? si elles nMnspirent pas un profond respect, tant elles ont un bon parfum d^antiquitéj si elles ne réjouissent pas par leur simple et douce poésie ?

Le cierge allumé, n*estce pas le souvenir des torches des Catacombes? Cette eau, n*est-ce'pas Feau du Jourdain, la divine Piscine? La salive vous reporte aux miracles du Sauveur; le sel, aux images des antiques Écritures; ce linge bénit, aux jours de la primitive Eglise : toujours des souvenirs, toujours des figures ; puis, toutes ces précautions que prend TEglise visà-vis des cautions de cet enfant, ne sont-elles pas admirables?

Bien malheureux sont ceux qui ne savent pas ces choses, et pour lesquels ces belles cérémonies n*ont point de sens !

Vous aurez souvent à vous réjouir, chère amie, de comprendre la langue de Féglise, passez -moi ce mot, car elle est sans pareille dans sa magnifique simplicité et dans son admirable énergie.

Vous voilà donc mère une fois de plus, pour ainsi dire.

— Eh ! mon Dieu, oui, j'ai fait une bonne action, à ce que je crois; à présent les conséquences m^apparaissent avec leur gravité.

Mais au risque de paraître bien ignorante aux jeux de Lucie, il faut que je vous adresse encore une question ; le martyre supplée le baptême?

— Oui, on lui donne le nom de baptême de sang; il y a encore une troisième sorte de baptême, le baptême de désir, c'est-à-dire, que le désir du baptême supplée à Timpossibilité de le recevoir.

Par le baptême, et pas autrement, les portes de TEglise nous sont ouvertes, ainsi que les portes du ciel.

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