‹ Causeries et méditations historiques et littérairesChapitre 105 sur 109 · ET DU THÉATRB DE L4 CHINE · texte numérisé non relu

ET DU THÉATRB DE L4 CHINE

aine, un des plus habiles élèves de M. Stanislas Julien j entreprit d'ajouter à ce que nous savions de Fart dramatique en Chine. Il a publié, dans ce but, sous les auspices du gouvernement, un volume intitulé Théâtre chinois sous les empereurs mongols, renfermant quatre pièces complètes (i), et tout récemment, en 18419 un drame volumineux et très-célèbre, mêlé, suivant l'usage, de récitatif et de chant, intitulé ie Pi-pa^ki, ou P Histoire du bith (1). On voit qu'en bien peu de temps, et à lui seul , M. Bazin a mis à notre portée plus de pièces du théâtre chinois, que» n'en avaient traduit avant lui tous ses illustres et laborieux prédécesseurs.

A quelle époque a eu lieu l'introduction de l'art théâtral en Chine ? Cet art a-t-il parcouru , dans ces contrées, les mêmes phases qu'il a suivies en Europe ? Quelles sont les formas, quel est l'appareil des représentations dramatiques en Chine? Graves questions, dont plusieurs ont été souvent controversées entre les lettrés chinois eux-mêmes, et dont on ne peut guère espérer de trouver la complète solution en Europe. Nous allons, cependant , essayer d'exposer, en peu de mots, ce que les recherches successives des plus savants sinologues , y compris M. Bazin, nous ont appris sur ces points divers.

(4) In-8*, chez Bei\j. Duprat.

(2) In-8", chez le même.

5a6 DES ROHàirS

En Chine, comme dans tous les pays du monde, les vers ont été la langue des plus anciens monuments littéraires, et ces premiers monuments ont été surtout consacrés au culte. M«. Davis nous apprend que lé symbole qui désigne les compositions de cette première époque est le mot oÀ/(vers), caractère formé de jren (parole) et de ssé (temple), c pa* «c rôle du temple (i). » La musique esl toujours et partout contemporaine de la poésie. En Chine, Tusage de cet art est si ancien , que, sous Fem^ pereur Chum (plus de aïoo ans avant notre ère), il existaitdéjà une surintendance de la musique (2). Nous trouvons même que l'art musical entrait, comme en Grèce, dans la science du gouvernement et de la morale. La tradition dit, presque dans les mêmes termes que Platon et Aristote : « La ccmnaissance des tons et des sons a des rapports intimes avec la science du gouvernement, et celui-là seul qui comprend la musique est capable de gouverner (3). D Quant à la danse, il ne nous est pas pei*mis de douter qu'elle n'ait fait originairement partie du culte religieux en Chine. On lit dans le rituel chinois (Li-ii) qu'on juge des mœurs d'une nation par ses danses (4). Les anciens ballets en

(4) Voy. J. Fr. Davis, Laoseng-euly traduit par M. Bruguîère de Sorsam , Paris, 4849, in-S**, introduction y p. 3.

(2) Voy. dans le C^ou-fctn^ le chapitre intitulé Chum-Um, foi*". 49, verso.

(3) M. Bazin, Théâtre chinois , p. ix.

(4) Tchin-hao, Comment, sur le lA-kiy p. 4 etsuiv.

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