ET DU THIÎATRE DE LÀ CHINE
Chine étaient , pour la plupart, fibres, et représentaient les mêmes scènes qu'on retrouve dans la choristique grecque, les travaux du labourage (i), les foies de la moisson , les fatigues de la guerre, les plaisirs de la pair. Les costumes des acteurs variaient de £orme et de couleur suivant les cérémonies religieuses, qui consistaient principalement en sacrifices aux montagnes, aux rivières et à la terre (a). Nous rencontrons, comme on voit , au ' début de la société chinoise , les principaux éléments du drame que nous avons appelé ailleurs le drame religieux (3), à savoir la poésie, la musique et Fart des gestes, ou la danse, employés dans ime vue pieuse et morale. Nous ignorons s'il subsiste aucun monument de ce genre de drame. M. fiazin n'en a pas aperçu la moindre trace dans les pièces du répertoire des Youen, qu'il a lues ou parcourues- On concevrait fort aisément, d'ailleurs, que le drame religieux n'eût atteint que d'assez faibles dévdoppements chez un peuple où , depuis des milliers d'années, il n'existe pas, à proprement parler, de culte pi^blic , et où l'on a confusément mêlé aux anciennes croyances indigènes , non-seulement la doctrine panthéis-
(4) Voyez, entre autres (Anab<K.y lib. YI, cap. 4), la description d'une danse muette , demi-bucolique et demi-militaire, que Xénophon nomme KapTraîa , la danse des récoUes.
(t) Voy. le P. Gaubil , notes sur le Chou-kingy p. 329.
(3) Les origines du théâtre moderne, t. I, p. 66 et suiv.
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tique de Confucius, mais les superstitioBS du bouddhisme importées de l'Inde. Cependant je rappellerai que M, de Guignes a remarqué , dans son Voyage à Péking, qu'en certains endroits les habitants disposent T entrée intérieure des pagodes pour y élever des théâtres (i), à-peu-près comme chez nous, au moyen âge, on dressait des éch^ fauds pour les mystères dans le parvis des cathédrales. M. Davis nous apprend aussi que les représentations dramatiques font partie du cérémonial des fêtes annuelles^ et notamment de celles qui ont conservé un caractère religieux (a).
Quant à la seconde forme du drame , à la forme aristocratique , c'est-à<lire aux représentations scéniques qui ont lieu dans les maisons des magistrats et des gens riches, elle n'a jamais cessé d'être en vogue , et elle est encore aujourd'hui si répandue dans le Céleste Empire, que de très-habiles critiques ont prétendu qu'elle était à peu près la seule que le théâtre eût reçue dans cette contrée. En efifet , depuis la dynastie des Soui, et peut-être antérieurement , les empereurs ont entretenu , dans le palais, des chanteurs et des comédiens , et ont formé une espèce d'académie de musique, que plusieurs de ces monarques dirigeaient eux-mêmes. L'empe-
(1) Voy. M. de Guignes, Voyage à Péking, MamlU ^ r/Ie-da- France, de 4784 d 4804. Paris, Imprimerie impériale, 4808, t. H, p. 3^4 .
(9) Voy. i. Fr. Davis, The Chine9ey t. II, p. 485.